mardi 30 septembre 2014

LE SECRET DE CHARLIE film de Burr Steers (USA-2010)


Le secret de Charlie (titre original : Charlie St. Cloud) est un film américain de Burr Steers sorti en 2010.

Synopsis

Charlie St. Cloud (Zac Efron) vient de terminer le lycée avec son diplôme en poche et ses succès aux championnats de voile lui ouvrent la porte de la prestigieuse université de Stanford. Il est très attaché à son petit frère, Sam (Charlie Tahan), fan des Red Socks, à qui il enseigne le base-ball. Les deux garçons sont élevés par leur mère Claire, infirmière (Kim Bassinger). Un soir, alors que Claire est partie travailler et qu'elle a confié Sam à la garde de Charlie, celui-ci emprunte la voiture familiale pour aller faire une virée avec ses copains. Son petit frère le surprend et exige de monter avec lui. Mais, alors qu'ils chahutent, un chauffeur ivre les percute, tuant Sam sur le coup. Charlie est déclaré mort mais l'infirmier du Samu, Florio Ferrente, ne veut pas s'avouer vaincu et, après de multiples tentatives, réussit à relancer son coeur. Charlie qui, avant sa mort, a promis à Sam de ne jamais le laisser seul, abandonne toute idée de poursuivre sa carrière de sportif et ses brillantes études universitaires et accepte le job de gardien du cimetière pour rester en contact avec Sam. Il partage ce travail avec son copain Alistair (Augustus Prew), un garçon farfelu avec qui il partage tout, sauf son secret : tous les soirs, au premier coup de canon tiré depuis le Bailey's yacht club, il court rejoindre son frère décédé dans un endroit caché de la forêt entourant le cimetière pour une séance d'entrainement de base-ball.

Cinq ans se sont écoulés. Par hasard, il revoit une ancienne copine de lycée, Tess Carol (Amanda Crew), devenue un skipper prometteur, qui s'apprête à se lancer dans une course en solitaire autour du monde, à la barre d'un magnifique voilier. Leur première rencontre se fait dans le cimetière où Tess vient rendre visite à son père puis ils se revoient et deviennent intimes. Quelques jours après, Tess, n'écoutant que son envie de naviguer et ne tenant aucun compte de la météo qui annonce une forte tempête, prend la mer et son bateau se fracasse contre les récifs. Peu avant, elle a rendu visite à Charlie et ils ont fait l'amour.

Apprenant l'accident, Charlie comprend que Tess ne pouvait être dans ses bras lorsqu'ils ont passé la nuit ensemble et que Tess est toujours en vie, quelque part, et l'appelle au secours. Il est partagé entre la promesse faite à son frère de le retrouver tous les soirs et celle de partir à la recherche de Tess et de la sauver si toutefois cele est encore possible. Finalement, il "abandonne" Sam, qui est mort, pour Tess qui est encore peut-être en vie. Convaincant son copain Alistair et volant le bateau de l'instructeur de Tess, Tink, qui ne croit plus en sa survie, ils la retrouvent et la ramènent à terre.

Mon opinion sur ce film

Ce film présentait tous les éléments du mélo : acteur pour midinettes, sans beaucoup d'épaisseur, histoire fantastique un peu tirée par les cheveux, sensibilité poussée jusqu'à la sensiblerie, etc. Eh bien, n'en déplaise aux pisse-froid, j'ai aimé ce film et trouvé que Zac Efron et surtout Charlie Tahan, le petit frère, tenaient bien leur rôle. Quant à la mise en scène, elle reste d'une telle sobriété que son aspect fantastique en est presque gommé. Pas d'effets de lumière, pas de sentimentalisme à grandes eaux... C'est un très beau film, sensible, fin, qui aborde la mort d'un proche avec délicatesse et finesse, sans aucune des mièvreries qu'on aurait pu attendre d'un tel sujet. Bravo au réalisateur, bravo à Zac Efron, bravo surtout à Charlie Tahan, qui joue au "petit dur" du haut de ses neuf ans.

Mon classement

 > Bon film. A voir.

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CHANNING TATUM (acteur américain)


Channing Tatum est un acteur et producteur américain, né le 26 avril 1980 à Cullman (Alabama, États-Unis). D'origine irlandaise, française et amérindienne, Channing Tatum a passé une grande partie de son enfance dans les bayous du Mississippi. Enfant, il était hyperactif : ses parents l'inscrivirent dans plusieurs équipes sportives pour qu'il puisse y dépenser son trop-plein d'énergie (athlétisme, base-ball, football, football américain).  Il décroche une bourse universitaire pour jouer dans l'équipe des West Virginia Mountaineers qu'il abandonnera lorsqu'il cessera ses études. Il pratique aussi les arts martiaux, en particulier le kung-fu. Avant d'être acteur, il a exercé plusieurs petits métiers. Cette expérience a directement inspiré le film Magic Mike (2012) qui se déroule dans le monde du strip-tease masculin.

En 2001, la carrière de Channing Tatum démarre par le mannequinat (Men's Health, Abercrombie & Fitch, etc.)

En 2004, il décroche son premier rôle dans la série télévisée Les Experts Miami. En 2005, passionné par le métier d'acteur mais se rendant compte que sa formation est insuffisante, il décide de prendre des cours de comédie au Deena Levy Acting Studio  (New York). La même année, on le voit apparaître dans plusieurs films :

- Coach Carter (2005)
- Supercross (2005)
- Jeux de gangs (2005)
- La guerre des mondes (2005)

C'est l'année suivante qu'il connaît le succès dans She's the man.

Il est généralement considéré, au même titre qu'Ashton Kutcher (Toy Boy), Sam Worthington (Avatar) ou Ben Affleck (Will Hunting), Zac Efron (Le secret de Charlie) et quelques autres, comme des Mr. Muscle sans cervelle, ce qui est inexact, comme le prouvent certains des films qu'ils ont tournés. Il a actuellement une imposante carrière, avec plus de 24 films à son actif. Il est principalement connu pour avoir joué dans les films Sexy Dance, G.I. Joe : Le Réveil du Cobra, Il était une fois dans le Queens, Cher John, Je te promets, 21 Jump Street et Magic Mike.

Je l'ai découvert dans le beau film Cher John (2010) de Lasse Hallström où il joue le rôle de John Tyree, un soldat des Forces spéciales américaines en permission, qui tombe amoureux de Savannah, une étudiante idéaliste. Bien qu'appartenant à deux mondes différents, une passion absolue les réunit pendant deux semaines. John doit ensuite repartir sur le terrain et Savannah retourne à l'université, mais ils promettent de s'écrire des lettres, et leur amour ne fait que grandir. Mais chaque jour plus inquiète pour la sécurité de son bien-aimé, Savannah s'interroge. Alors que désirs et responsabilités s'opposent toujours plus, le couple lutte pour maintenir ses engagements et quand la mauvaise santé du père de John l'autorise à rentrer, les deux jeunes amoureux se retrouvent face à leurs contradictions, et se demandent si leur amour existe toujours.


Filmographie
  • 2005 : Coach Carter de Thomas Carter : Jason Lyle
  • 2005 : Supercross de Steve Boyum : Rowdy Sparks
  • 2005 : Jeux de gangs (Havoc) de Barbara Kopple : Nick
  • 2006 : She's the Man de Andy Fickman : Duke Orsino
  • 2006 : Sexy Dance (Step Up) de Anne Fletcher : Tyler Gage
  • 2006 : Il était une fois dans le Queens (A Guide to Recognizing Your Saints) de Dito Montiel : Antonio, jeune
  • 2008 : Sexy Dance 2 (Step Up 2) de Jon Chu : Tyler Gage
  • 2008 : Stop-Loss de Kimberly Peirce : Steve Shriver
  • 2008 : Bataille à Seattle (Battle in Seattle) de Stuart Townsend : Johnson
  • 2009 : Public Enemies de Michael Mann : Pretty Boy Floyd
  • 2009 : G.I. Joe : Le Réveil du Cobra (G.I. Joe: The Rise of Cobra) de Stephen Sommers : Conrad « Duke » Hauser
  • 2009 : Fighting de Dito Montiel : Shawn McArthur
  • 2010 : Cher John (Dear John) de Lasse Hallström : John Tyree
  • 2011 : Le Dilemme (The Dilemma) de Ron Howard : Zip
  • 2011 : L'Aigle de la Neuvième Légion (The Eagle) de Kevin Macdonald : Marcus Aquila
  • 2011 : Un flic pour cible (The Son of No One) de Dito Montiel : Jonathan White
  • 2011 : Ten Year de Jamie Linden : Jake
  • 2012 : Piégée (Haywire) de Steven Soderbergh : Aaron
  • 2012 : Je te promets (The Vow) de Michael Sucsy : Leo
  • 2012 : 21 Jump Street de Phil Lord et Chris Miller : Greg Jenko
  • 2012 : Magic Mike de Steven Soderbergh : Mike Lane « Magic Mike »
  • 2013 : Don Jon de Joseph Gordon-Levitt : Movie star
  • 2013 : Effets secondaires (Side Effects) de Steven Soderbergh : Martin Taylor
  • 2013 : G.I. Joe : Conspiration (G.I. Joe: Retaliation) de Jon Chu : Conrad « Duke » Hauser
  • 2013 : C'est la fin (This Is the End) de Evan Goldberg et Seth Rogen : lui-même
  • 2013 : White House Down de Roland Emmerich : John Cale, agent du Secret Service (également coproducteur)
  • 2014 : La Grande Aventure Lego (The Lego Movie) de Phil Lord et Chris Miller : Superman (voix originale)
  • 2014 : 22 Jump Street de Phil Lord et Chris Miller : Greg Jenko (également producteur)
  • 2014 : La Légende de Manolo (The Book of Life) de Jorge Gutiérrez : Joaquin (voix)
  • 2014 : Foxcatcher de Bennett Miller : Mark Schultz
  • 2015 : Jupiter : Le Destin de l'univers (Jupiter Ascending) de Lana et Andy Wachowski : Caine
  • 2015 : Magic Mike XXL de Gregory Jacobs : Mike Lane « Magic Mike »


Films avec Channing Tatum à éviter :



lundi 29 septembre 2014

DARK ANGEL série de SF (USA 2000-2002)


Dark Angel est une série télévisée de science-fiction post-apocalyptique américaine créée par James Cameron et Charles H. Eglee et diffusée entre 2000 et 2002 sur le réseau Fox. Elle a été arrêtée après 2 saisons seulement. En France, elle a été diffusée entre 2001 et sur M6 dans le cadre de "La Trilogie du Samedi" où je l’ai découverte.

 Synopsis

La série est censée se se placer en 2009 par ce que l’on prend pour un exercice militaire de nuit, sauf que les acteurs en sont des enfants presque nus qui tentent d'échapper dans la neige par - 10°  à des hommes lourdement équipés et armés. Nous apprenons ensuite que ces enfants ont été génétiquement modifiés pour les doter de facultés physiques et intellectuelles surhumaines en vue d'en faire de super-soldats. Ils sont l'objet d'une expérience appelée "Manticore" menée sur une base secrète de l’armée américaine située à Gillette dans le Wyoming. Chacun d’eux est identifié par un code-barres ineffaçable placé sur leur nuque. Lors de cette soirée de "chasse à l'enfant" qui ouvre la série, 12 enfants sur 30 parviendront à s'enfuir, ce qui provoquera la fureur du sinistre colonel Donald Lydecker (John Savage), chef de la base mais non son commanditaire, comme on le découvrira dans la saison 2.

La suite se déroule dix ans après: les Etats-Unis sont devenus un pays du Tiers-Monde suite à la destruction de tous leurs systèmes informatiques par une mystérieuse impulsion électromagnétique provoquée par une attaque terroriste. Dans ce monde en ruines, un gouvernement totalitaire corrompu fait régner la terreur par une police omniprésente et sans état d'âme sur une population qui tente désespérément de survivre en se livrant à toutes sortes de trafics.

L'une de ces enfants évadés, que l’on connaît sous le nom de "Max" Guevara (allusion à Che Guevara ?)  est l’héroïne de la série. Elle est interprétée par l'actrice Jessica Alba.

Chaque début d’épisode commence de la même manière : Max, accroupie à l’extrême bord de la coupole taguée du "Space Needle", le monument emblématique de la ville de Seattle, qui culmine à 185 mètres, contemple la ville. Désormais âgée d'environ vingt ans, elle vit dans un squat qu’elle partage avec son amie Kendra et travaille le jour comme coursière chez Jam Pony Express. Comme elle ne dort jamais, la nuit, elle se livre au cambriolage des riches appartements. Le résultat de ses larcins lui sert à payer un détective qu’elle a chargé de retrouver ses compagnons de fuite. Lors d'un de ses cambriolages, Max rencontre Logan Cale (Michael Weatherley), un cyber-journaliste richissime qui, sous le pseudonyme du « Veilleur », défie le pouvoir politique corrompu. Tombé sous le charme de Max, Logan lui propose de l’aider à retrouver les autres évadés, et de lui apporter en contrepartie son aide pour lutter pour un monde plus juste. Max va mettre à profit ses extraordinaires facultés physiques pour aider Logan à combattre leurs ennemis communs et Logan va l’aider à échapper à son pire ennemi, le colonel Lydecker, qui s’est juré de récupérer morts ou vifs « ses enfants » fugitifs où qu’ils soient.

Le cinéaste James Cameron, co-créateur de la série, ne réalisera qu'un seul épisode, le dernier, intitulé « Vivre libres! » qui, à mon avis, est loin d’être le meilleur.

 Bien que Dark Angel ait su rassembler une large communauté de fans, cela n'a pas suffi pour empêcher l'annulation de la série au bout de deux saisons seulement. Les raisons avancées par la chaîne, coutumière des faits, sont financières. On a du mal à croire à cette excuse car, s’il est  vrai que le scénario et la mise en scène sont soignés, la série se déroulant presqu’exclusivement dans les mêmes décors (une Seattle post-apocalyptique), et n’utilisant presqu’aucun effet spécial, cette raison ressemble plus à un prétexte qu'à autre chose. En effet, la Fox, productrice de la série, s’était aussi engagée à la même époque dans la production d’une autre série de science-fiction, Firefly (2002), créée par Joss Whedon, l’auteur de Buffy contre les vampires et d' Angel. Or la Fox, qui n’en est pas à une contradiction près annulera brusquement Firefly après seulement 15 épisodes (cette série n’est d’ailleurs pas disponible en France). 

Comme mince prix de consolation à l’arrêt de Dark angel, les fans peuvent se rabattre sur trois romans écrits par Max Allan Collins qui se placent, pour le premier, avant la série (« Before the dawn», titre français : « Avant l’aube »), et de deux autres titres « Skin game » (traduit en français sous le titre « Le traître ») et « After dark » («Après les ténèbres ») qui se déroulent, eux, immédiatement après le dernier épisode diffusé à la télévision « Vivre libres !». Ces romans ont été publiés en France par les éditions du Fleuve noir.

Comme souvent dans les séries américaines (Kyle XY, Smallville ou Roswell, Supernatural, etc.) les musiques les illustrant sont particulièrement bien choisies et permettent souvent de découvrir des morceaux ou des groupes intéressants. C’est le cas avec Dark angel où l’on trouve des extraits de Public Enemy, Tricky, Nune, Mystic, etc. 


A part Jessica Alba, d'autres acteurs talentueux se sont aussi fait connaître grâce à Dark Angel.C'est le cas de :

- Jensen Ackless, que l'on a d'abord retrouvé comme personnage récurrent dans plusieurs saisons de Smallville, et qui est désormais l'un des deux protagonistes de la série fantastique Supernatural aux côtés de Jared Padalecki, son jeune frère dans la série. 
- Quant à  Michael Weatherley, qui joue le rôle du Veilleur dans Dark Angel, il est devenu l'un des personnages principaux de la série NCIS (l'agent spécial Anthony DiNozzo).

Voir aussi :


A CHACUN SA GUERRE de Jon Avnet (USA-1994)



À chacun sa guerre est un film américain réalisé par Jon Avnet avec Kevin Costner et Elijah Wood sorti en 1994.

Synopsis

L’action se passe dans le Mississippi en 1970. Steven Simmons (Kevin Costner) est revenu de la guerre du Vietnam avec de graves troubles psychologiques. Il sort de l’hôpital psychiatrique militaire où il a séjourné après son retour : il se remémore sans cesse dans quelles conditions il a abandonné son meilleur ami blessé aux mains de l’ennemi et ne se le pardonne pas.

Bien que ce soit un homme honnête, il n'arrive pas garder un travail et sa famille vit dans la misère. Leur ancienne maison, attaquée par les termites, a été détruite par la municipalité et lui, sa femme et ses deux enfants, Stuart "Stu" (Elijah Wood) et Lidia, sa sœur jumelle, vivent dans une maison trop petite en attendant de trouver mieux.  Pendant que leurs parents se débattent contre l’adversité en essayant de rester dignes, les enfants livrés à eux-mêmes, vivent leur vie insouciante de sauvageons, entourés de leurs copains, noirs et blancs, aussi miséreux qu'eux, et se consacrent au projet de construire une cabane dans un arbre. Pour se procurer les matériaux nécessaires, ils vont les dérober dans une casse qui est la chasse gardée des Lipnicki, des gamins violents encore plus miséreux qu’eux avec lesquels ils finissent par se faire une véritable guerre.

Steven trouve enfin un travail "bien payé mais dangereux". Il s'agit en fait d'un travail très dangereux dans une carrière de pierre. Lors d'un effondrement, il s'en sort indemne mais il trouve la mort en voulant sauver son meilleur ami, coincé sous un rocher.

En secret, il avait cependant fait une offre pour une maison lors d’une vente aux enchères et, alors que ses obsèques viennent de se terminer, l’agent immobilier vient apprendre à sa veuve et à ses enfants que, malgré sa mise ridiculement basse, aucune enchère supérieure n'ayant été proposée, la maison revient à sa famille.

Un très beau film qui raconte la dure vie que réserve l'un des plus puissants états de la planète à ceux qui sont pauvres et malchanceux : personne ne vient vous tendre la main et on ne peut compter que sur soi, son courage et sa force de caractère pour survivre.

Une belle leçon d’honnêteté, de morale et d'optimisme que certains ont sans doute reproché au réalisateur. Mais ce serait faire abstractions de tout ce que ce film compte d'atouts : des acteurs magnifiques (Kevin Costner en homme courageux et déterminé, ElijahWood, qui n’avait alors que 12 ans mais explose déjà de talent et éclaire ce film lumineux d'une joie de vivre communicative, l'humour (les dialogues savoureux des enfants), des images splendides (l'arbre dans lequel les gamins construisent leur cabane et un des acteurs les plus somptueux du film). Un très beau film qui défend de belles valeurs.

dimanche 28 septembre 2014

SHAKESPEARE IN LOVE de John Madden (USA-GB 1998)


Shakespeare in Love est une réalisation américano-britannique de John Madden (1998).
Le film s’inspire assez librement des débuts de la carrière de William Shakespeare (Joseph Fiennes, frère cadet du comédien Ralph Fiennes).

Synopsis

Le film commence pendant l'été 1593 à Londres. Shakespeare a alors 29 ans. Il n’a encore écrit aucune des 37 pièces qui feront de lui l’un des auteurs de théâtre les plus prolifiques et les plus célèbres du monde. Il a déjà publié ses « Sonnets » mais cela ne nourrit pas son homme. A l’époque (comme d’ailleurs à la nôtre !) seul le théâtre rapporte. Sur ce plan, il est en compétition avec Christopher Marlowe (interprété par Rupert Everett), qui a le même âge que lui. Au début du film, Shakespeare n’a écrit, de la pièce qu’il a vendue à son commanditaire, Mr Henslowe, lui-même au bord de la faillite, que le titre : « Roméo et Ethel, la fille du pirate ». Totalement en panne d’inspiration, il va découvrir sa muse en Lady Viola de Lesseps (Gwyneth Paltrow), une jeune femme de la noblesse, qui l’admire pour ses « Sonnets », et rêve de le rencontrer et de devenir actrice. Mais, à l'époque de Shakespeare, l’Angleterre est sous le règne d’Elizabeth 1ère, et on vit encore sous la dictature des puritains qui considèrent le théâtre comme un lieu de perdition. Celui-ci est formellement interdit aux femmes et leurs rôles sont joués par des hommes. Seule la reine (impressionnante Judi Dench), qui peine à asseoir son pouvoir, aime le théâtre et le soutient. Mais elle a suffisamment de problèmes avec les ennemis du trône pour ne pas les affronter directement. C’est cependant cet interdit, qui pouvait, à l’époque, vous conduire directement à l'échafaud, que tente de braver Lady Viola en décidant, par amour pour le théâtre et pour William, de se déguiser en homme et de jouer le rôle de Roméo. William découvre la supercherie et la véritable identité de son « jeune premier » et il en tombe follement amoureux. Malheureusement, la jeune femme est promise à un autre homme, Lord Wessex (Colin Firth). Cet amour impossible inspirera deux de ses plus grandes œuvres au jeune dramaturge : « Roméo et Juliette » puis « La Nuit des rois ».

Ma critique

Shakespeare in love eut à sa sortie un grand succès public, obtenant une note de 8/10 sur le site internet de Rotten Tomatoes, et il fut acclamé la critique internationale. Les critiques français de cinéma furent plus réservés en raison de la trop grande liberté que le réalisateur aurait prise avec la vie de Shakespeare (pour autant qu’on la connaisse, puisque certains historiens ont mis en doute l’existence même du célébrissime auteur anglais !) On reconnaît bien là, hélas, l'outrecuidance française qui nous est tant reprochée à l'étranger. Personnellement, je me suis régalé avec ce film qui nous présente un Shakespeare jeune et sans tabou, heureux de croquer la vie à pleines dents, plutôt qu'un Shakespeare compassé et vieillissant dans une reconstitution historique fidèle mais poussiéreuse. Dans le cas de Shakespeare, sur lequel on sait si peu, surtout dans ses années de jeunesse qui sont celles que le réalisateur a choisi de traiter, le pédantisme n'en est que plus indigeste!  L'intérêt du film réside aussi dans le fait que l'on nous montre le théâtre élisabéthain tel qu'il était à l'époque : à savoir plus près de la grosse farce et du cirque que de ce qu'évoque de nos jours le mot  "théâtre". Le théâtre de l'époque était fait pour le peuple et non pour les nobles ou les lettrés et  les pièces se jouaient dans des lieux qui évoquent plus pour nous  des arènes à ciel ouvert que des théâtres fermés. Le type de théâtre que nous connaissons ne vit réellement le jour que deux siècles plus tard. Si le film prend des libertés avec la "vérité historique" (encore faudrait-il qu'elle soit connue !) il n'en prend pas avec la reconstitution  des théâtres dans lesquels Shakespeare jouait à l'époque (le Globe, qui a été reconstruit en 1996 sur les plans du XVIe et à peu de distance du théâtre originel, le Rose ou le Swann Theatre) ou avec les mœurs élisabéthaines. Ainsi, on peut avoir grâce à ce film une idée de ce qu'était le véritable théâtre de Shakespeare. 

Le film a reçu de nombreuses récompenses internationales. Il a raflé en 1999, pas moins de 7 Oscars dont celui du meilleur film et c’est, à mon avis, entièrement mérité, n’en déplaise aux critiques qui l’ont reçu en faisant la fine bouche.   

samedi 27 septembre 2014

Ben AFFLECK (Acteur américain)


Ben Affleck (Benjamin Geza Affleck) est né le 15 août 1972 à Berkeley en Californie. Acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma américain. Il est le frère aîné de l'acteur et réalisateur Casey Affleck. Il reçoit en février 2013 le Golden Globe du meilleur réalisateur et l'Oscar du meilleur film pour Argo. En 2016, il doit incarner Batman dans Batman v Superman: Dawn of Justice de Zack Snyder.

Il fait ses débuts d'acteur à l'âge de 8 ans dans une série télévisée intitulée The voyage of the Mimi (1984). A cette époque, il se lie d'amitié avec Matt Damon, avec qui il a un lien de parenté. Ils écrivent ensemble le scénario de Will Hunting qui sera réalisé par GusVan Sant et sortira en 1997. 

En 1998, il jouera dans Shakespeare in love de John Madden mais le rôle qui le fera connaître est celui du capitaine Raf McCawley dans Pearl Harbor de Michael Bay (2001).

En ce qui me concerne, je l'ai vraiment découvert et apprécié dans le film de science-fiction Paycheck de John Woo (2003) où il tient le premier rôle, celui de Michael Jennings.


A ce jour, il a tourné dans 42 films, a réalisé et écrit ou collaboré au scénario de quatre films (dont Will Hunting).

GUS VAN SANT (Réalisateur)

Gus Van Sant est un réalisateur américain, né le 24 juillet 1952 à Louisville dans le Kentucky. Il vit à Portland dans l'Orégon. 
Après une formation à l'Ecole de Design de Rhode Island, Gus Van Sant a produit et réalisé son premier long métrage Mala noche, en 1985. Il s'agissait d'un film en noir et blanc tourné en 16 mm sur l'histoire d'amour entre deux homosexuels. Son deuxième film, en 1989, Drugstore Cowboy, un road movie où de jeunes drogués cherchent de l'argent pour acheter leur drogue, faisait encore une large place aux marginaux, homosexuels, sdf ou drogués, qui culminera avec le film My own private Idaho (1991) avec River Phoenix et Keanu Reeves qui le révéla au niveau international. 
Mais c'est la belle réussite de Will Hunting (1997), dont le scénario écrit par deux jeunes acteurs inconnus, Matt Damon et Ben Affleck convainquit Robin Williams, dont la notoriété était déjà largement établie depuis Le Cercle des poètes disparus (1989) firent sortir le réalisateur des salles d'art et d'essai où l'avaient cantonné ses films précédents.   
Parmi ses derniers films, je vous recommande surtout : 


WILL HUNTING de Gus Van Sant (USA-1997)



Will Hunting (titre original Good Will Hunting) est un film américain de Gus Van Sant avec Matt Damon, Robin Williams, Ben et Casey Affleck.

Le scénario a été écrit par Matt Damon et son copain Ben Affleckalors jeunes acteurs inconnus, qui ont convaincu Robin Williams, qui était déjà une star, de jouer dans ce film.

Synopsis

Will Hunting (Matt Damon) est employé pour faire le ménage dans les couloirs du prestigieux MIT à Cambridge dans le Masschussetts. Orphelin, Will a eu une jeunesse difficile, maltraité par un père adoptif alcoolique et violent. D'une intelligence très supérieure à la moyenne, il s'est éduqué lui-même, s'intéressant à toutes les disciplines, mais particulièrement aux mathématiques.

Malheureusement, n'ayant jamais trouvé quelqu'un qui s'intéresse à lui, il a accumulé les bêtises et, à part ses copains avec lesquels il passe son temps à boire et à se battre avec des bandes rivales, il ne fait rien de sa vie jusqu'à ce qu'il résolve deux des théorèmes que le professeur Gerry Lambeau, titulaire de la médaille Fields (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques), a mis au défi ses étudiants de résoudre. 

Sur ces entrefaites, après une énième bagarre au cours de laquelle il a agressé un policier, Will est condamné à la prison. Le professeur Lambeau, le considérant comme un génie, se porte garant pour lui et obtient du juge sa libération à condition qu'il s'engage à travailler avec lui et à voir un psychologue.

Will décourage plusieurs psychologues avant que Lambeau ne le présente à un de ses anciens collègues, Sean Maguire (Robin Williams). Après une phase de découragement due au manque de coopération de Will, Sean finit par instaurer avec lui une relation de confiance en ne lui cachant rien de son intimité et en le traitant d'égal à égal.

Parallèlement, Will découvre l'amour avec une étudiante de Harvard, Skylar, qui, bien qu'issue d'une famille riche, est orpheline comme lui et, fascinée par son intelligence, reconnaît aussi en lui un garçon sensible sous la carapace qu'il s'est forgée.

Mais Will, qui est un véritable écorché vif et se méfie de tout et de tous, sauf de son copain Chuckie (Ben Affleck), fuit toutes ces mains tendues et  ces opportunités, préférant se réfugier dans sa vie minable plutôt que de se retrouver trahi par ceux en qui il a mis sa confiance,

L'acharnement de Sean et de Gerry auront finalement raison de sa défiance et, lors d'une scène extrêmement émouvante, il redeviendra ce qu'il n'a jamais cessé d'être, un gamin fragile et avide de tendresse.

Mon opinion sur ce film

Un très beau film, à mon avis l’une des plus belles réussites de Gus Van Sant. L'un des plus grands rôles aussi bien de Robin Williams que de Matt Damon.

Le film a été nommé neuf fois aux Oscars 1998 et en a obtenu deux. Il figure aussi dans le Top 250 du classement des meilleurs films de l'International Movie Database.

Disponible en DVD.

Mon classement

Un chef d'oeuvre. A voir absolument.

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vendredi 26 septembre 2014

RESTLESS de Gus Van Sant (USA-2011)


[Film le 15/10/2011 en VO au Navire à Aubenas- Reprise de ma critique du 16/10/2011]

Restless est un film américain réalisé par GusVan Sant, inspiré de la pièce de théâtre de Jason Lew, dont la sortie en salles en France a eu lieu le 21 septembre 2011. Le film a été présenté en sélection officielle du festival de Cannes 2011 dans la section "Un Certain regard".

Synopsis

Depuis la mort tragique de ses parents, le jeune Enoch a comme passe-temps favoris de participer aux funérailles d’inconnus et de converser avec son ami imaginaire Hiroshi, fantôme d'un kamikaze japonais. Un jour, sa route croise celle d'Annabel, une jolie jeune fille en phase terminale d'un cancer, et qui continue malgré tout de croquer la vie à pleines dents. Entre eux débute alors une singulière histoire d'amour où chaque minute compte...

Le film

La première scène nous montre un jeune homme, Enoch Brae (Henry Hopper, fils de Dennis Hopper), qui assiste à un service funèbre. Jusque-là, rien que de très normal. Le hic, c’est que le jeune homme n’a aucun lien de parenté avec le défunt et que la scène se répète à d’autres enterrements. On se dit que c’est une drôle d’occupation pour un ado… En fait, Enoch, habillé comme un dandy vintage, «fait» les enterrements comme d’autres « taperaient l’incruste » dans les cocktails de vernissages où ils ne sont pas invités. Lors de ce premier enterrement, il échange un sourire avec une jolie jeune fille qu’il retrouve à un autre enterrement. Comme sa conduite étrange finit par le faire remarquer, elle le sauve d’un mauvais pas en le faisant passer pour quelqu’un de la famille. Leur rencontre est-elle le fruit du hasard ? Comme il s’étonne qu’elle partage la même fascination que lui pour les enterrements, Annabel (Mia Wasikowska) lui dit qu’elle travaille à titre bénévole dans un service où l’on soigne les jeunes cancéreux. Par ailleurs, dès qu’il rentre chez lui, Enoch retrouve Hiroshi (Ryo Kase), avec qui il joue à la bataille navale. Or Hiroshi, que l’on prend au début pour son colocataire, est ce que l’on appelle « l'ami imaginaire » d'Enoch. Là encore, on se dit que le garçon « en a un grain» car, s’il est normal pour un jeune enfant d’entretenir un « ami imaginaire », ça l’est beaucoup moins chez un adolescent. Dans le cas d’Hiroshi, il est le fantôme d’un jeune kamikaze japonais de la 2ème Guerre mondiale. Bizarre, le gamin ! Par ailleurs, Enoch a cessé d’aller au lycée et il ne sort plus de sa chambre que pour aller assister à des cérémonies funéraires dédiées à des défunts inconnus, rendre visite à ses parents (au cimetière), ou se balader avec Hiroshi le long d’une rivière dans laquelle on imagine qu’il a tenté de se suicider, et jeter des pierres sur les trains qui passent. Quant à Annabel, si elle se passionne pour Darwin, l’évolutionnisme et les oiseaux marins migrateurs, elle adore aussi dessiner des insectes charognards. Pas très gai, tout cela…

On comprend mieux le comportement bizarre d’Enoch, sa fascination pour la mort, sa phobie des voitures, ses accès soudains de violence (il s’est fait renvoyer du lycée après avoir sérieusement blessé un de ses camarades) quand on sait que ses parents sont morts dans un accident de la route et qu'il ne leur a pas pardonné de l'avoir "abandonné". Quant à Annabel ‘Annie’, elle n’est pas bénévole dans un hôpital pour jeunes cancéreux mais patiente, en phase terminale d’un cancer du cerveau. Pour ces deux êtres fragiles, leur rencontre est l’occasion d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch, que l’on aurait pu croire conduit par une fascination un peu morbide, lui propose simplement de l’aider à vivre ses derniers jours, l’entraînant dans un tourbillon d’activités (patinoire, fête d’Halloween, musique, balades, etc.) Luttant contre la douleur, la colère et l’absurdité de leur destin, les deux jeunes gens vont mettre toutes leurs forces à profiter du sursis qui leur est donné. En fin de compte, même si Annabel est inexorablement condamnée et si on pouvait penser que sa mort ôterait à Enoch le peu de forces qui lui restent pour vivre, c’est le contraire qui se passe : lorsqu’il apprend qu’il n’y a plus rien à faire, après une ultime révolte, il verse enfin des larmes, chose qu’il n’avait jamais pu faire depuis pour la mort de ses parents et les souvenirs de ce qu’il a vécu avec Annabel éclaireront à jamais son chemin.

Critique
            J’avais diversement apprécié les films précédents de Gus Van Sant : si j’avais beaucoup aimé l’excellent Will Hunting (1997) ou encore Harvey Milk (2008), j’avais beaucoup moins apprécié My own private Idaho (1991), Elephant  (2003) ou Paranoïd Park  (2007) où il dépeint, avec beaucoup de talent, je dois le reconnaître, la désespérance d’une jeunesse sans repères et la haine et la violence qu’engendre une société déboussolée.

Restless est a priori un film qui contient tous les ingrédients qu’affectionne le réalisateur : fascination pour la mort, particulièrement celle d'adolescents fauchés au début de leur existence alors qu’ils avaient tout l’avenir devant eux et l’absence, l'indifférence, l'aveuglement ou la démission des adultes, qui conduisent des êtres psychologiquement fragiles à de terribles drames.


Je ne m’explique pas trop le titre choisi par le réalisateur. Restless, cela signifie « Sans repos ».  Or, lorsque le film se termine, même si le destin tragique de ces deux adolescents beaux et fragiles nous a touchés au cœur, nous sommes au contraire apaisés et on pense qu’Enoch l’est aussi car il garde de sa brève rencontre avec Annie la joie et le goût de la vie que leur brève histoire d’amour a pu lui insuffler. C’est un film que je n'hésiterai pas de qualifier de magique, plein de grâce, de légèreté et de drôlerie, qui recèle un formidable message d’optimisme et de joie. Esthétiquement c’est aussi un film très travaillé (les vêtements d'Enoch et d'Annabelle, atypiques, hors du temps), les paysages de neige..., rythmé par une bande son parfaite où la musique d’Elliott Smith, lui aussi disparu très jeune, sert de fil rouge.    

jeudi 25 septembre 2014

NOS ETOILES CONTRAIRES de Josh Boone (USA-2014)


Nos étoiles contraires (Titre original : The Fault in Our Stars) est un film dramatique américain réalisé par Josh Boone, sorti en 2014. Il s'agit de l'adaptation du best-seller homonyme destiné aux jeunes adultes de John Green paru en janvier 2012. Le titre original est tiré d'acte I, scène 2 de la pièce de Shakespeare Jules César (1599), où Cassius dit à Brutus : « The fault, dear Brutus, is not in our stars, / But in ourselves, that we are underlings » («Si nous sommes des subalternes, cher Brutus, ce n’est pas dans nos étoiles qu’il faut en attribuer la faute mais à nous-mêmes».)

Synopsis

Le film raconte l'histoire de deux adolescents atteints l’un et l’autre d’un cancer. Hazel Grace Lancaster, la narratrice, âgée de 16 ans, survit grâce à un traitement expérimental. Comme sa maladie et les traitements la rendent dépressive, ses parents l'obligent à participer à un groupe de soutien où elle se rend à contrecoeur. Elle y fait la connaissance d'Augustus ‘Gus ‘ Waters, d'un an son aîné. Gus est un grand jeune homme, qui respire la santé et la joie de vivre, et est en rémission d'un ostéosarcome (cancer des os) après avoir été amputé d'une partie de sa jambe droite. Séduite par son humour et son non-conformisme, Hazel fait lire à Gus un roman qui est son livre de chevet, "An imperial affliction". Elle voue aussi un véritable culte à l’auteur, Peter Van Houten, qu'elle rêve de rencontrer pour lui poser des questions que le livre laisse en suspens. Mais l'auteur s'est exilé en Europe, à Amsterdam, pour fuir son public et ses fans. Le roman raconte l’histoire d’Anna,  une jeune fille atteinte d'un cancer, qui se termine brusquement au milieu d'une phrase. Curieux du sort des personnages, Hazel et Gus décident de se rendre à Amsterdam afin de rencontrer l'auteur. Mais, au moment de partir, Hazel fait une grave rechute et le voyage est annulé. Leur amitié se développe et, bien que se sachant condamnés l'un et l'autre à plus ou moins long terme, ils décident de ne se priver d'aucune des joies que peut leur procurer la vie. Finalement, leur voyage sera pris en charge par une fondation et ils peuvent se rendre au Pays-Bas. Malheureusement, l'entrevue avec leur auteur fétiche est un échec, celui-ci se révélant être un épouvantable misanthrope et un alcoolique. Cependant, pendant le voyage, Hazel et Gus tombent profondément amoureux.

Anecdotes et secrets de tournage

Alors qu'ils jouent un frère et une sœur dans Divergente, Shailene Woodley et Ansel Elgort incarnent dans ce film un couple d'amis, puis d'amants.

L'auteur du roman originel, John Green, a souvent été présent pendant le tournage pour voir son œuvre prendre vie et réaliser quelques vidéos pour son blog personnel. 

Comme souvent dans les films américains, la bande originale du film est particulièrement intéressante.  Arrangée par Nate Walcott et Mike Mogis, elle ne contient cependant aucun morceau des Bright Eyes auquel appartiennent les deux compositeurs. Le groupe américain de folk laisse la place à plusieurs autres chanteurs, dont Birdy ("Tee Shirt" et "Not About Angels" sont présents dans la BO) et des groupes français (M83), britanniques (Tom Odell et Charli XCX), irlandais (Kodaline) et suédois (Lykke Li, The Radio Dept,  Afasi & Filthy) en plus d'américains (Grouplove). Lorsque les deux amants se promènent à Amsterdam, un groupe de musiciens de rues interprète L’hiver des Quatre Saisons de Vivaldi.

Critiques 

Les pisse-froid reprocheront à ce film d’être un épouvantable mélo qui rappellera un autre film célèbre, Love story qui, en son temps, avait ému toute une génération. S'attaquer à nouveau à un tel sujet était plutôt casse-gueule : deux adolescents beaux et intelligents, condamnés par le cancer, c’est horrible. Ce n’est malheureusement ni invraisemblable, ni, hélas, exceptionnel. C’est sûr qu’à moins d’être en béton, on sera bouleversé par une situation aussi ttragique qu’inéluctable et que, même les plus endurcis ne pourront s’empêcher d’écraser une (ou plusieurs) larme.

Il est toujours difficile pour un réalisateur de faire un film sur la thématique de la maladie, encore plus sur le cancer dont on sait que son issue est presque toujours fatale. Le cancer est pourtant une des causes les plus importantes de décès et n'épargne personne. Le mot lui-même reste pourtant encore largement tabou et on préfère souvent l'édulcorer par une périphrase du style "il ou elle est mort d'une longue maladie" plutôt que de qualifier la maladie sans détour. 

Hazl et Gus, et leur copain Isaac n'ont pas ces préventions : ils parlent de leur cancer comme ils parleraient d'un fait d'actualité, de sport ou de films. En cela, ils sont emblématiques de leur génération qui a la qualité de la franchise. 

Dès le début, on sait que le dénouement de ce film est écrit et qu’il sera tragique. Mais, paradoxalement, c’est une tragédie qui rend heureux non parce que l’un des deux s’en sort ni parce que, égoïstement, on se dit que ça n’arrive qu’aux autres (on sait que la maladie peut fondre sur chacun d’entre nous sans prévenir ) mais pour la magnifique leçon de vie  que nous apportent ces adolescents qui sont au début de leur vie. Gus, à part lors d’un épisode poignant où il cède au désespoir, rayonne d’un optimisme  contagieux parfois jusqu'à l'extrême.  Bien sûr, la peur de la mort est présente chez les deux personnages. Pour autant, elle est dépassée par des considérations plus philosophiques. Hazel et Augustus savent qu'ils vont mourir, c'est une donnée qu'ils ont intégrée, sinon acceptée, car elle les révolte, comme nous, elle nous révolte. Mais ils ont choisi de vivre pleinement, avec une énergie que seuls les adolescents possèdent, les moments et les joies que leur offre la nature, leur amour, et leur famille.  Aussi, comme l’écrit le chroniqueur de Bulles de Culture (sur Allociné) « on vous conseille de ne pas avoir d'à priori sur ce film mais de vous laisser entrainer par cette histoire touchante, empreinte d'une triste réalité. On en ressort étrangement revigoré, comme si on avait mis de côté les petits tracas du quotidien. » En sortant du cinéma, reprenant une des phrases que prononce l’un des protagonistes du film, on se dit : "Putain que c'est bon d'être en vie".

La réussite de ce film doit aussi beaucoup au choix de ses acteurs principaux : Shailene Woodley (Hazel Grace), Ansel Elgort (Gus), rayonnant d'optimisme et de joie de vivre. Pourtant ces deux acteurs ) sont de quasi inconnus. On les avait à peine remarqués dans le médiocre film de science-fiction Divergente où ils jouaient un frère et une sœur en lutte contre une absurde dictature. Au contraire, dans ce film, ils se révèlent vraiment et sont épatants, toujours incroyablement justes et émouvants. Les deux ont un physique passe-partout qui fait peut-être que l'on s'identifie plus à eux qu'on ne le ferait s'ils avaient un physique de stars de cinéma. Shailene Woodley est sereine et lumineuse, quant à Ansel Elgort, sous ses aspects badins et persifleurs, il dégage une détermination et une profondeur exceptionnelles.

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samedi 20 septembre 2014

SUR LA ROUTE DE MADISON de Clint Eastwood (USA-1995)


Sur la route de Madison (The Bridges of Madison County) est un film américain réalisé et interprété par Clint Eastwood, sorti en 1995. Il adapte le livre homonyme de Robert James Waller, paru en 1992.

 Synopsis

Le destin de Francesca Johnson (émouvante Meryl Streep) semble tout tracé. Italienne ayant épousé un GI au moment de la libération de son pays et venue en Amérique pour le "rêve américain", elle végète au fin fond de la campagne de l'Iowa.

Un jour de l'été 1965, alors que son mari et ses enfants sont partis à une foire aux bestiaux, un inconnu s'arrête pour lui demander sa route. Il s'agit du photographe Robert Kincaid (Clint Eastwood) qui fait un reportage sur les ponts du Comté de Madison (d'où le titre original) pour le National Geographic. Francesca laisse ses travaux ménagers pour monter avec lui dans sa voiture et lui servir de guide. L'homme est séduisant, cultivé, attentionné... Il représente pour elle tout ce que son mari, sa famille et sa vie routinière ne lui ont pas apporté. Pendant quatre jours, Francesca et Robert vivront un amour éperdu. Au moment de quitter l'Iowa, Robert demande à Francesca de quitter cette vie qui ne la rend pas heureuse et de partir avec lui. Après beaucoup d'hésitation, elle y renonce, ne se sentant pas le droit d'abandonner son mari et ses enfants qu'elle aime et qui ne méritent pas qu'elle leur inflige cela.

Le film commence à la mort de Francesca et est fait de flashes-back. Son fils et sa fille, devenus adultes et ayant fait leur vie de leur côté, reviennent dans l'Iowa pour l'ouverture du testament de leur mère. Ils ne comprennent pas pourquoi elle leur demande d’incinérer son corps et de disperser ses cendres au pont couvert “Roseman”. Ce n'est qu'en lisant les cahiers qu'elle leur a laissés qu'ils découvrent l'histoire d'amour qu'elle a vécue pendant quatre jours de sa vie avec Robert. Celui-ci est déjà mort et ses cendres ont été dispersées au même endroit. D'abord furieux de ce qu'il considère comme une trahison, son fils comprend finalement le dernier vœu de sa mère et s'y conforme. 

Mon opinion sur ce film


Bien que ce film soit un classique, je ne l’avais pas vu. Il a fallu des circonstances particulières pour que je m’y intéresse. Je le considérais comme un mélo un peu larmoyant, ce qu’il n’est pas. Au-delà de l'histoire d'amour un peu "fleur bleue" que raconte ce film, il aborde la question de l’enfermement conjugal de la femme en tant qu'épouse et mère et de l'impossibilité qu'il y a pour elle de s'en libérer sans faire souffrir injustement ceux qu'elle aime et qu'elle ne peut se résoudre à abandonner.

TOY BOY de David Mackenzie (USA - 2009)


Toy Boy (titre original : "Spread") est un film américain réalisé par David MacKenzie, sorti en 2009 avec Ashton Kutcher.

Synopsis

Nikki (Ashton Kutcher) est le prototype du beau mec cool, sûr de lui et de son impact sur les femmes, qui passe sa vie dans les soirées branchées de Los Angeles, où le fait entrer son copain-aux-coups-foireux-de- toujours, Harry.

Nikki multiplie les conquêtes, ses préférences allant naturellement vers les jeunes et jolies femmes, mais il ne dédaigne pas de temps en temps de partir avec une femme plus âgée et de jouer le rôle de « gigolo » qui est en fait son gagne-pain. C’est ce qui se passe un soir avec Samantha (Anne Heche), une avocate riche qui vit dans une superbe maison sur les hauteurs de Hollywood. Pendant qu’elle est à New York pour affaires, Nikki, resté chez elle, prend du bon temps et invite ses copains et copines pour faire la fête. Mais Samantha, qui n’est pas tombée de la dernière pluie, rentre plus tôt de New York et le surprend alors qu’il est en train de s’envoyer en l’air avec une fille. Pour cette première fois, Samantha passe l’éponge car elle sait qu’elle ne retrouvera pas facilement un amant aussi jeune et fougueux, qui sait la faire jouir, mais qui est aussi, malgré son immaturité, gentil et affectueux.

Leur vie de couple continue un certain temps cahin-caha et on voit que Samantha commence à y croire jusqu’à ce que Nikki rencontre Heather (Margarita Levieva) - vue récemment dans La défense Lincoln, simple serveuse, à laquelle il ne peut s’empêcher de faire son numéro de "tombeur". Comme elle refuse ses avances, son orgueil de mâle en prend un coup et il s’accroche. Mais il finit par tomber sincèrement amoureux d'Heather et c'est réciproque. Hélas, Heather est bâtie sur le même modèle que lui : elle cherche à « se caser » auprès d’un homme riche et généreux. Nikki commence à croire à leur histoire d'amour mais Heather, constatant que Nikki ne pourra jamais lui apporter la sécurité dont elle rêve, choisit de le quitter pour partir à New-York épouser son riche mari.

Mon opinion sur ce film

Je n’aurais certainement jamais regardé ce film si le réalisateur n’en avait pas été David Mackenzie (le réalisateur du génial : My name is Hallam Foe. Le sujet du gigolo qui s’en prend plein la gueule (ou, à l’inverse, de la semi-prostituée qui tombe amoureuse de l’homme qu’elle comptait « plumer ») a été traité maintes fois au cinéma avec plus ou moins de succès (American gigolo, Pretty woman, etc.). Mais, dans Toy boy, outre la parfaite aisance d’Ashton Kutcher dans ce rôle moins facile qu’il y paraît, on apprécie particulièrement que ce qui démarre comme une simple comédie légère, prenne, dans la seconde partie, une densité de fable cruelle et cynique.

Comme l’a justement relevé Stéphanie Belpêche  dans le "Journal du Dimanche", « derrière l’apparente légèreté de cette chronique (le film représente) une critique du rêve hollywoodien qui n’apporte que des désillusions à ceux qui luttent au quotidien contre la précarité. » C’est ce que l’on constate en particulier dans une image du film particulièrement cruelle où Nikki, renié par sa riche maîtresse, se retrouve à la rue après avoir été littéralement jeté dehors avec ses misérables biens. Même son ami de toujours, Harry, en a marre de lui et n'accepte plus de l'héberger, même pour une nuit. On voit alors Nikki qui tente de négocier pour quelques dollars chez un fripier les fringues hors de prix qui sont un cadeau de Samantha. Il croise alors le regard incrédule d’un SDF qui se retourne sur le passage de ce beau jeune homme représentant pour lui tout ce qu'il n'atteindra jamais.    

Je ne terminerai pas ce post sans parler de la bande son qui accompagne le film, particulièrement sympa et en adéquation avec le film.

TRUE BLOOD série fantastique américaine (USA 2008-2014)


True Blood est une série télévisée fantastique américaine, créée par Alan Ball (scénariste de American Beauty, créateur de Six Feet Under), d'après la série de romans La Communauté du Sud de Charlaine Harris. Elle est composée de 7 saisons, de 80 épisodes de 52 minutes chacun. Sa diffusion, commencée en septembre 2008, s’est terminée en 2014. 

Synopsis

L’histoire se déroule principalement à Bon Temps, une petite ville fictive de Louisiane. Sookie Stackhouse (interprétée par Anna Paquin : La Leçon de Piano, X-Men), une jeune serveuse, qui tombe amoureuse de Bill Compton (interprété par Stephen Moyer), un mystérieux vampire. À travers lui, Sookie entre dans un monde de créatures et de conflits surnaturels qu’elle n’imaginait pas.

Au fil des saisons, des personnages secondaires et principaux disparaissent et de nouveaux sont introduits, ainsi que de nouvelles créatures (des métamorphes, des loups-garous, des ménades, etc.).

Ce qui fait l’originalité du monde de True blood, c’est que, suite à la mise au point d'un sang synthétique (la boisson "True blood" = le vrai sang), que l'on trouve désormais en vente libre dans les bars des Etats-Unis aussi facilement que le Coca Cola, les vampires peuvent se nourrir sans s'en prendre aux humains. Cela leur a permis de faire leur "coming out" et, comme chacun sait, la société américaine étant à la fois l'une des plus permissives et les plus restrictives du monde, ils ont droit de cité, avec journaux, programmes télévisés, hommes et femmes politiques, etc. Cela n'empêche évidemment pas les problèmes de "racisme" que connaît toute société, problèmes particulièrement exacerbés dans une petite bourgade du sud des Etats-Unis.

L'action se concentre presque exclusivement sur le personnage de Sookie et de ses amis. Bill Compton, le vampire dont elle tombe amoureuse, est un vampire bien élevé (interprété par Stephen Moyer), qui, pour ne pas être aussi jeune et aussi glamour que ce cher Edward de Twilight, n'en est pas moins séduisant malgré ses 173 ans (qu'il ne fait vraiment pas !!!).

Mon opinion sur cette série

J’ai commencé à regarder les premiers épisodes de cette série qui était diffusée à la télévision mais, malgré ses atouts, au premier plan desquels les personnages, l'ambiance poisseuse de la Louisiane, et son humour, j’ai vite décroché.

Si j’ai fait référence à Twilight, c'est qu'on ne peut s'empêcher de penser que "True blood" surfe manifestement sur la mode des vampires lancée par la saga de Stephenie Meyer. Cela ne me gêne pas en soi, si "True blood" avait été à la hauteur.

Dommage car les personnages étaient attachants et auraient pu donner lieu à des développements intéressants.

Commençons par Sookie qui, sous ses dehors de petite serveuse à la cervelle de moineau, recèle des qualités humaines inattendues. Elle est en outre douée de télépathie mais, à l'inverse de Twilight où c'est Edward le vampire qui ne peut lire dans l'esprit de Bella, l'humaine, la situation est inversée : Sookie ne peut percer les pensées de Bill, son amant de vampire. L'autre personnage intéressant est celui de Jason, le jeune frère de Sookie. Jeune niais tête à claque qui a un sexe à la place du cerveau et qui, grâce à son physique avantageux,  "tombe" toutes les nanas qui passent à proximité de ses phéromones. Son immaturité le rend sympathique d'autant plus qu'il se retrouve accusé à tort de meurtres qu'il est bien incapable de commettre.  Il y a aussi Lafayette Reynolds, homosexuel qui s'assume parfaitement mais aussi Sarah, la meilleure amie de Sookie, une jeune femme écorchée vive qui n'a jamais réussi à s'affranchir de la relation conflictuelle qu'elle entretient avec sa poivrotte de mère...

Tous ces personnages auraient dû permettre aux scénaristes de trouver des ressorts suffisants pour réaliser une bonne série. Malheureusement, ils ont préféré accumuler les rebondissements invraisemblables plutôt que d'exploiter la complexité psychologique de leurs personnages et les situations qui auraient pu en découler. 

mardi 16 septembre 2014

THE READER de Stephen Daldry (USA-2009)



The Reader (Le Liseur) est un film américain de Stephen Daldry, adapté du best-seller Der Vorleser (titre français Le Liseur) de l'auteur allemand Bernhard Schlink. Il est sorti aux États-Unis le 10 décembre 2008, en Belgique le 25 février 2009 et en France le 15 juillet 2009. Il reçut un accueil partagé, mais Kate Winslet, dont le jeu fut plébiscité par la critique, obtint de nombreux prix : Oscar, BAFTA, Golden Globe.

Synopsis

Le film se déroule en 1958 à Berlin. Michael Berg (David Kross), un brillant lycéen de 15 ans, a une liaison passionnée avec une femme plus âgée, Hanna Schmitz (Kate Winslet), contrôleuse de tramway. Lors de leurs rencontres amoureuses, elle lui demande de lui faire la lecture, et il commence par lui lire des œuvres qu’il étudie en classe, comme « l'Odyssée » d’Homère, passant ensuite à toutes sortes de lectures, comme « Guerre et Paix », les « Aventures de Huckleberry Finn »,  « L’amant de Lady Chatterley » ou « La Dame au petit chien » de Tchekhov et même… « Tintin ». Leur relation est par moment assombrie par les sautes d’humeur inexplicables d’Hanna jusqu’à ce qu’un jour, Michael, arrivant à son rendez-vous, trouve l’appartement d’Hanna vide.

Le jeune homme, dont elle a été la première expérience amoureuse, est bouleversé et a du mal à se reconstruire et à retrouver une vie sexuelle normale après une initiation aussi exceptionnelle et la disparition inexplicable de son amante.

Après sa sortie du lycée, Michael poursuit cependant de brillantes études de droit et se destine à devenir avocat. On le retrouve en 1966. L’un de ses professeurs (Bruno Ganz), l’amène avec d’autres étudiants de son séminaire assister au procès de plusieurs anciennes gardiennes SS d’Auschwitz. Stupéfait, il découvre qu’Hanna, dont il n'avait plus eu de nouvelles depuis près de dix ans, se trouve parmi les accusées. Il assiste médusé et incrédule à ce dont on accuse son ex-maîtresse, partagé entre le dégoût et la haine pour ce qu’elle a fait.

Hanna ne nie aucune des charges dont on l’accuse, y compris la plus terrible, celle de n’avoir pas libéré plusieurs centaines de femmes et d’enfants juifs enfermés dans une église incendiée lors d’un raid de l’aviation alliée, les condamnant à périr dans le brasier. Par contre, elle nie ce dont l’accusent les autres gardiennes, d’avoir été leur chef et l’instigatrice du massacre et d’en avoir rédigé le rapport qui en rendait compte à leur hiérarchie. Le juge, voulant savoir qui ment, demande à Hanna un échantillon de son écriture pour la comparer à celle du rapport SS. Hanna refuse, endossant par là-même toute la responsabilité.

 Michael comprend alors que, si Hanna lui demandait de lui lire des livres lors de leurs rencontres amoureuses, dix ans auparavant, c’est qu’elle était analphabète et qu’elle préfère se laisser accuser plutôt que d’accepter la honte de ne savoir ni lire ni écrire. Il comprend donc aussi que, dans ces conditions, ce ne peut pas être elle qui a rédigé le rapport dont on l’accuse.

Michael, après une longue période d’hésitation, bouleversé malgré tout parce qu’il a appris sur le compte d’Hanna et respectant le silence qu’elle s’est imposée, choisit de ne pas témoigner en sa faveur. Hanna est condamnée à perpétuité, alors que ses co-accusées ne le sont qu’à des peines bien plus légères.

Nous retrouvons ensuite Michael en 1976 (Ralph Fiennes). Il est devenu un grand avocat mais, bien que marié et père d’une fille, il n’a pas réussi sa vie amoureuse et est sur le point de divorcer. Lors du déménagement, il retrouve dans des cartons les vieux livres qu'il lisait à Hanna lors de leur brève histoire d’amour. N’ayant pas le courage d’aller la voir, il se met à faire des enregistrements sur cassettes qu’il lui envoie en prison.

Lorsqu’elle les reçoit, Hanna comprend immédiatement qui en est l’auteur. Pour communiquer avec Michael, elle apprend seule à lire et, étant parvenue à tracer quelques mots, elle lui écrit plusieurs lettres maladroites, auxquelles Michael ne répond pas. Cependant, il continue à lui envoyer des enregistrements.

Encore dix ans s’écoulent. Michael reçoit un coup de fil d’une assistante sociale qui lui annonce la libération prochaine d’Hanna. Comme il semble être son seul contact à l’extérieur de la prison, elle lui demande de l’aider à préparer sa sortie. Sa première réaction est de refuser puis il décide d’aller à la prison. L’Hanna qu’il découvre n’est plus que l’ombre de la jeune et belle femme qu’il a connue. Michael est partagé entre le souvenir de leur passion et la haine qu’il lui voue pour ce qu’elle a fait : il lui demande si elle regrette son rôle pendant la guerre. Devant sa réponse, il lui réplique qu'au bout de toutes ces années, elle n'a manifestement pas compris la leçon. Rentré chez lui, il prépare cependant l’appartement où il la logera lors de sa sortie huit jours plus tard.

Mais, à la date de sa libération, lorsqu’il se présente à la prison pour venir la chercher, on lui annonce qu’elle s’est suicidée le jour même. Dans ses dernières volontés, elle lui lègue ses maigres économies, le chargeant de les remettre à la seule rescapée de la marche de la mort dont Hanna fut l'une des gardiennes, qui témoigna contre elle lors du procès de 1966.

Michael rencontre cette femme à New York où elle vit, dans un apparetement somptueux. Dans un premier temps, la femme comprend mal sa démarche puis elle accepte de garder, comme seul objet, la vieille boîte à thé dans laquelle Hanna avait enfermé ses économies, lui disant de disposer comme il l’entend de l’argent qu’elle contenait.

Ce n’est qu’en 1995 que Michael, amenant sa fille sur la tombe d’Hanna, parvient enfin à lui raconter l'histoire complète.

Mon jugement sur ce film
Très étrangement, alors que ce film vous prend aux tripes de la première à la dernière seconde et par certains côtés rappelle le chef d’œuvre de Polanski, Le pianiste, ce film a reçu un accueil mitigé. Le «New York Times» a critiqué sa structure faite de nombreux flashback. Personnellement, ils ne m’ont pas vraiment gêné. Quant à Télérama, il a publié deux critiques opposées, l’une, élogieuse, de Juliette Bénabent, qui apprécie positivement le traitement sensible d’un sujet aussi difficile « Comment peut-on s'accommoder d'avoir aimé un monstre ? » saluant le fait que le film n’est « Jamais manichéen et d'une sobriété infaillible, s'abstenant de toute réponse : implacablement, ces questions minées nous sautent à la figure. », l’autre contre, dénonçant son « côté aseptisé, (son) sentimentalisme » et regrettant une réalisation sans « audace, (d’une) joliesse gnangnan. Hollywood a toujours su aseptiser l'horreur : la preuve» que je trouve particulièrement injuste.
Pour ce film, Kate Winslet a obtenu l’Oscar de la meilleure actrice, ce qui me paraît amplement mérité car son rôle est tout sauf facile. Il me semble par contre anormal que l’acteur principal du film, le jeune David Kross, magnifique de bout en bout, ne figure même pas sur la jaquette du DVD au profit de Ralph Fiennes, bien entendu excellent mais dont l’implication n’a pas le poids de celle de cet acteur inconnu


On ne sera sans doute pas non plus étonné de trouver que les producteurs de ce film magnifique soient Sydney Pollack et le regretté Anthony Minghella (décédé en 2008) à qui l’on doit en particulier Le patient anglais, Retour à Cold Mountain ou Letalentueux Mister Ripley qui sont des films qui ont marqué l’histoire du cinéma mondial.