dimanche 24 mai 2015

Isabelle ADJANI (Actrice française)


Isabelle Adjani est une comédienne française, cinq fois lauréate du César de la meilleure actrice.

Biographie

Isabelle Yasmina Adjani naît le 27 juin 1955 dans le 17e arrondissement de Paris, d'un père algérien, Mohammed Chérif Adjani, né à Constantine (Algérie), originaire d'Iferhounène en Kabylie, soldat dans l'armée française durant la Seconde Guerre mondiale, mort en 1983, et d'une mère allemande, d'origine bavaroise, Emma Augusta Schweinberger, surnommée Gusti, décédée en février 2007. Dans une interview donnée en 1985, Isabelle Adjani explique pourquoi sa mère avait l'habitude de dire que son mari était d'origine turque car elle avait honte de ses origines algériennes. Elle lui demanda également de changer son prénom Mohammed en Chérif car cela faisait plus « américain ».

Isabelle Adjani grandit à Gennevilliers, au nord-ouest de Paris, avec son frère cadet Éric Hakim (qui deviendra plus tard photographe) et fait ses études au collège Paul-Lapie à Courbevoie. Elle poursuit ses études secondaires à Reims, au lycée Jean-Jaurès.

En 1996, elle quitte la France pour s'établir à Genève. Elle déclarera : « Lorsqu'on a la possibilité d'offrir à ses enfants une meilleure qualité de vie, il ne faut plus hésiter ». Elle reviendra en France présider le jury du 50e Festival de Cannes en 1997.

Elle a deux fils : le premier du chef opérateur et réalisateur Bruno Nuytten, se prénomme Barnabé et est né en avril 1979. Son second fils, Gabriel-Kane, est né le 9 avril 1995 d’une liaison avec l’acteur américain Daniel Day-Lewis.

En novembre 2009, elle met douloureusement fin à une aventure sentimentale de cinq années avec le docteur Stéphane Delajoux, surnommé par la presse « le médecin des stars » et à sa participation au projet de site internet médical de celui-ci.

Le jour de Noël 2010, son frère, Éric Hakim, meurt subitement d'une crise cardiaque. Il avait cinquante-trois ans.

Carrière

Isabelle Adjani obtient un premier rôle à 14 ans dans un film pour enfants, Le Petit Bougnat, puis joue à seize ans dans Faustine et le bel été au côté de jeunes acteurs qui, pour la plupart, devaient continuer dans le théâtre ou le cinéma comme Muriel Catala, Francis Huster, Jacques Spiesser, Jacques Weber, Nathalie Baye et, le temps d'une scène, Isabelle Huppert.

Elle entre à la Comédie-Française le 1er décembre 1972. La même année, elle accède à la célébrité en jouant avec la troupe de Robert Hossein, dans La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca. La pièce, une coproduction avec la Comédie-Française, est un triomphe et sera reprise plus tard au Théâtre de l'Odéon.

En 1973, elle triomphe dans L'École des femmes de Molière à la Comédie-Française. Elle tient ensuite le rôle-titre d'Ondine de Jean Giraudoux, mis en scène au Français par Raymond Rouleau.

Elle se fait d’abord connaître au cinéma par des comédies : 1974 - le film La Gifle de Claude Pinoteau, dont le succès la propulse au rang des jeunes actrices françaises les plus en vue. En 1977, elle tourne Violette et François avec Jacques Dutronc, puis avec Clara et les chics types et L'Année prochaine... si tout va bien où elle a pour partenaire Thierry Lhermitte. Suit Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau, où elle joue une polytechnicienne angoissée, victime d'un père baroudeur, immature et inconséquent incarné par Yves Montand. Grâce à Subway de Luc Besson (1985), elle marque les esprits avec un rôle plutôt court mais plein de fantaisie aux côtés de Christophe Lambert
et de Jean-Hugues Anglade.

Par la suite, ses rôles s’orientent vers des personnages plus ambivalents, voire carrément fragiles et passionnés à outrance, voire hystériques :

François Truffaut pour L'Histoire d'Adèle H., André Téchiné pour Barocco et Les Sœurs Brontë, Roman Polanski pour Le Locataire ou encore Werner Herzog dans Nosferatu, fantôme de la nuit. Dans ces cinq films, son interprétation révèle son goût du mystère et de la complexité psychologique et illustre par ailleurs déjà son registre de prédilection : la fragilité et la passion jusqu'à la perdition, la folie ou la mort. En 1981, elle est à l'affiche du film Possession d'Andrzej Żuławski. Dans ce film, elle interprète un double rôle sulfureux, halluciné et extrême qui fait d'elle l'incarnation-type de l'héroïne romantique, tumultueuse et exaltée. Elle reçoit pour son interprétation un premier César en 1982. Vingt ans plus tard, en pleine promotion de La Repentie, de Laetitia Masson, elle déclarera à Studio Magazine détester ce film : « Je dois à la « mystique » d'Andrzej Żuławski de m'avoir révélé des choses que je ne voudrais jamais avoir découvertes... Possession, c'était un film infaisable, et ce que j'ai fait dans ce film était tout aussi infaisable. Pourtant, je l'ai fait et ce qui s'est passé sur ce film m'a coûté tellement cher... Malgré tous les prix, tous les honneurs qui me sont revenus, jamais plus un traumatisme comme celui-là, même pas... en cauchemar ! ». 

Toujours en 1981, elle tourne dans Quartet de James Ivory. Pour Possession et Quartet, elle remportera le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes. Ces deux succès, joints à celui, immense, de L'Été meurtrier de Jean Becker en 1983 en font, dans les années 1980, l'actrice française la plus populaire et la plus adulée. La même année, Mortelle Randonnée de Claude Miller lui offre un autre nouveau rôle sombre de jeune meurtrière, poursuivie par Michel Serrault qui croit reconnaître en elle sa fille disparue et, pour la protéger, efface les traces laissées sur les scènes de crime.

Éclipse dans les années 1990 et 2000

Après le triomphe de Camille Claudel en 1988, Isabelle Adjani disparaît du grand écran. Elle ne retrouve le chemin des plateaux qu'en 1993 pour les besoins du film Toxic Affair. Cette comédie, pour laquelle elle touche un cachet de 10 millions de francs, ce qui représente alors un salaire-record pour le cinéma français, est cependant un lourd échec critique et public. La Reine Margot lui offre l'année suivante le rôle principal d'un nouveau film de prestige et lui vaut de renouer un temps avec le succès. Mais Diabolique, remake du film d'Henri-Georges Clouzot,  tourné aux États-Unis, où elle est opposée à Sharon Stone, ne rencontre ni les faveurs de la presse ni celle des spectateurs. 

Ses prestations à l'écran se raréfient à nouveau. Après quatre ans de retraite en Suisse, Isabelle Adjani revient à Paris à l'automne 2000 pour jouer sur la scène du théâtre Marigny La Dame aux camélias. En 2002, La Repentie, film écrit spécialement pour elle, est un nouvel échec commercial. La même année, elle interprète la comtesse Ellénore dans Adolphe de Benoît Jacquot, l'adaptation cinématographique du chef-d'œuvre de Benjamin Constant. 

En 2003, elle devient une vedette de cinéma hystérique et mythomane, prise dans la débâcle de 1940 dans Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau. En dépit d'un accueil critique relativement favorable, ces deux nouvelles productions n'obtiennent pas le succès escompté. 

Après trois nouvelles années d'absence, Isabelle Adjani fait un retour sur les planches du Théâtre Marigny à l'automne 2006, pour incarner le rôle-titre de la pièce de Wolfgang Hildesheimer, celui de Marie Stuart dans La Dernière Nuit

En 2007, elle tourne une nouvelle adaptation télévisée du Mariage de Figaro de Beaumarchais intitulée simplement Figaro et réalisée par Jacques Weber, où elle reprend le rôle de la comtesse Almaviva.

Durant le printemps 2008, Adjani tourne pour Arte La Journée de la jupe, film dans lequel elle incarne un professeur de banlieue qui perd ses moyens et prend sa classe en otage. Ce film, où elle apparaît fragile, métamorphosée et arrondie, fait sensation au Festival de La Rochelle. Il est diffusé sur Arte le 20 mars 2009 en avant-première (record d'audience historique de la chaîne avec 2,2 millions de téléspectateurs), puis dans les salles de cinéma à partir du 25 mars 2009. Malgré le boycott de nombreux distributeurs, le film rencontre un large public et, pour ce rôle dans lequel elle a pris le risque de s'enlaidir, elle reçoit son 5e César. 

En 2010, elle apparaît dans un rôle secondaire mais remarqué de fantôme d'autoroute pour le duo Benoît Delépine-Gustave Kervern grâce à la comédie sociale Mammuth, au côté de Gérard Depardieu, plus monstrueux que jamais, et de Yolande Moreau.

La même année, elle tourne le thriller De force de Frank Henry au côté d'Éric Cantona et d'Anne Consigny. Le film, sorti en octobre 2011, essuiera un échec retentissant. La critique, à la suite de nombreux problèmes techniques lors des projections de presse, n'ayant pas eu la possibilité de voir le film avant sa sortie et donc de publier le moindre article, le film passe inaperçu et disparaît très vite des écrans. Il est malgré tout édité en vidéo dès février 2012.

De mars à mai 2011, Adjani tourne David et Madame Hansen d'Alexandre Astier. Dans ce film, qui sort en salles le 29 août 2012, elle tient un rôle initialement prévu pour Alain Delon, et transformé en personnage féminin après la défection de ce dernier.

Durant l'année 2012, Isabelle Adjani fait partie de la distribution du film de Bollywood Ishkq in Paris, notamment aux côtés des stars indiennes Preity Zinta et Arjun Rampal. Le tournage, commencé en février, s'éternise en raison de complications administratives et le tournage s'achèvera à Prague.

En juin 2014, Adjani figure au générique de la comédie Sous les jupes des filles, le premier long métrage de la comédienne Audrey Dana. À partir du mois d'octobre, elle est sur la scène du Théâtre de Paris pour la création de la pièce américaine Kinship de Carey Perloff, mise en scène par Dominique Borg aux côtés de Vittoria Scognamiglio et Niels Schneider.

Isabelle Adjani a eu, parallèlement à sa carrière d'actrice, une carrière de chanteuse avec, en particulier, en 1983, un album écrit et produit par Serge Gainsbourg, dont deux chansons "Ohio" et "Pull marine" ont été des tubes. "Pull marine", en particulier, dont elle avait co-écrit les paroles, a fait l’objet d’un inoubliable clip vidéo, véritable court-métrage surréaliste,  réalisé par Luc Besson. Le clip a obtenu la Victoire de la musique du meilleur vidéo-clip en 1984.  

Carrière à l’international

Très tôt, Isabelle Adjani internationalise sa carrière à la suite du succès de L'Histoire d'Adèle H., tournant en 1978 aux États-Unis le film noir The Driver au côté de Ryan O'Neal, expérience sans intérêt selon ses dires. Outre Herzog, Zulawski et James Ivory – qui la met en scène dans le Paris des années folles avec Quartet –, elle a tourné avec le réalisateur espagnol Carlos Saura pour lequel elle a incarné l'intellectuelle féministe mexicaine Antonieta Rivas Mercado dans le film Antonieta. En 1987, elle connaît une seconde expérience américaine, jugée catastrophique : la comédie d'action Ishtar, où elle donnait la réplique à Warren Beatty et Dustin Hoffman, fut un très lourd échec commercial.

Récompenses

Après Possession, Adjani obtint quatre autres Césars du meilleur premier rôle : en 1984, 1989, 1995 et 2010. Ils ont distingué respectivement son interprétation d'Elle, la jeune femme mystérieuse et provocante de L'Été meurtrier où elle vainc sa répugnance à tourner nue ; son incarnation de la sculptrice, fragile et sensible, Camille Claudel dans le film du même nom ; son inoubliable prestation de Marguerite de Valois dans La Reine Margot et enfin le rôle de Sonia Bergerac, professeur de français en ZEP qui perd pied dans La Journée de la jupe. 

Elle a en outre été nommée deux fois à l'Oscar de la meilleure actrice : en 1976 et en 1990 respectivement pour ses rôles d'Adèle Hugo dans L'histoire d'Adèle H. et de Camille Claudel dans l'œuvre du même nom qu'elle a d'ailleurs produite. Lors de la réception du 3e César de sa carrière, elle fait sensation en lisant un extrait des Versets sataniques de Salman Rushdie, sous le coup d'une fatwa islamique. La statuette qu'elle reçoit en 2010 fait d'elle la personnalité française la plus récompensée de la cérémonie, hommes et femmes réunis (5 trophées gagnés sur 8 nominations).

En janvier 2014, elle est promue au grade de commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2014).

En 2022, elle incarne avec dérision une actrice sur le déclin qui continue à jouer les stars dans le film Peter von Kant de François Ozon.

Sa filmographie compte plus de 40 films, de 8 films ou séries de télévision, de 10 pièces de théâtre. 

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En décembre 2023, elle est condamnée à 250 000 € d'amende et deux ans de prison avec sursis pour évasion fiscale. 

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