jeudi 22 janvier 2015

EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRES de Stephen Daldry (USA-2011)


Extrêmement fort et incroyablement près (Extremely Loud and Incredibly Close) est un film dramatique américain de Stephen Daldry sorti le 25 décembre 2011 aux États-Unis.

Résumé    

Le film se déroule à New York après les attentats du 11 septembre 2001. Oskar Schell, un petit garçon d'une 10e d'années (Thomas Horn), vit une relation fusionnelle  avec son père Thomas, bijoutier (Tom Hanks) qui l'encourage dans des recherches imaginaires d'un 6ème district qui serait caché sous l’île de Manhattan. Ensemble, ils se livrent à une sorte de course au trésor pour découvrir des indices de ce soi-disant 6ème district. La mère (Sandra Bullock), aime tendrement son fils et son mari et ne voit rien à objecter à la complicité du père et du fils, même si elle-même en est exclue.
Les attentats, comme pour des centaines de familles, vont  bouleverser la vie de cette famille unie. Alors qu'Oskar rentre de l'école, il entend plusieurs messages qu'a laissés son père sur le répondeur du domicile familial pendant qu'il était piégé dans l’une des Twin Towers percutées par les avions. Sa grand-mère, venue dans leur appartement dès qu'elle a appris les évènements, le trouve recroquevillé sous le lit. Peu après, la mère effondrée, arrive à son tour... Tous sont anéantis.

Oskar, qui est un enfant hyperdoué à la limite de l'autisme (chez qui on a plus ou moins décelé le syndrome d'Asperger), ne se résout pas à admettre que son père soit mort en le laissant seul pour résoudre une énigme qui était leur secret. Son intelligence hyper-développée amène le garçonnet à se réfugier dans le rationalisme pour tenter d'expliquer l'inexplicable. Sa mère étant tombée dans la dépression, c'est sa grand-mère, qui habite l'immeuble d'à-côté, qui prend en quelque sorte la relève du père pour l'aider dans sa mystérieuse recherche du mythique 6ème district à l'existence duquel Oskar croit dur comme fer.

Plusieurs mois après la mort de son père, l'enfant ose enfin entrer dans le dressing de celui-ci. En fouillant dans ses affaires, il fait tomber un vase qui se brise, libérant une enveloppe contenant une clé. Sur l'enveloppe, un seul mot est inscrit : "black". Oskar pense alors qu'il s'agit d'un des indices dont lui avait parlé son père. En outre, celui-ci, juste avant de mourir, lui avait aussi laissé une coupure de presse sur laquelle étaient entourés les mots "not stop looking" ("N'arrête pas de chercher"). En cachette de tous et avec une détermination qui confine à l’obsession, il se met en quête de tous les Black vivant à New York.

Sa grand-mère héberge un mystérieux locataire (Max Von Sydow) qu'elle lui a interdit de déranger. Un jour, alors qu'il se rend chez elle pour ses cours de piano, Oskar tombe nez à nez avec l’étrange "locataire". Celui-ci, bien qu'il entende et comprenne ce qu'on lui dit, ne parle pas mais il échange des mots écrits avec Oskar. Sous ses dehors d’ours mal léché, le vieil homme prête une attention qu’aucun adulte n’a encore prêté à l'histoire qu'Oskar lui débite d'un trait et il finit par accepter de l'aider dans sa quête. Ensemble, ils traversent tout New-York pour tenter de rencontrer, les uns après les autres, tous les Black de la liste qu’a établie Oskar et tenter de comprendre ce que peut bien ouvrir la clé trouvée dans les affaires de son père décédé.

A la fin, le mystère de la clé est révélé. Malheureusement pour Oskar, il ne lui apporte pas la réponse qu'il espérait puisque sa quête était imaginaire et vouée dès le début à l'échec mais, après une réaction d'une telle violence qu'on craint qu'il ne se détruise, il se réconcilie avec lui-même et avec sa mère et, en faisant enfin le deuil de la mort de son père, il redevient un petit garçon de 10 ans, épris d'amour et de tendresse.

Mon jugement sur ce film

Malgré un titre peu engageant et carrément impossible à retenir, malgré des critiques dévastatrices (une en particulier "extrêmement partiale et incroyablement injuste" de Thomas Sotinel parue dans Le Monde.fr cinéma), je suis allé voir ce film, non pour son scénario (on se dit tous : bof, encore un film sur l'après 11 septembre !), ni pour ses acteurs connus, Tom Hanks (qui est un acteur remarquable  mais qui a aussi tourné d'improbables navets) et Sandra Bullock (que je n’apprécie guère), mais pour son réalisateur, Stephen Daldry, qui est celui de l'inoubliable  (du moins pour moi !) Billy Elliot (2000) et du très beau et émouvant The reader (2008) avec, entre les deux, The hours (2002), film  que je n'ai pas aimé malgré une distribution prestigieuse (Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep). Quatre films en 11 ans, c'est peu pour un réalisateur hollywoodien et assez étonnant par les temps de stakhanovisme que nous vivons (en particulier dans le cinéma), pour être souligné, d'autant plus que, parmi ces quatre films, trois sont des chefs-d’œuvre car je compte le film que je viens de voir au titre des chefs-d'oeuvre, n'en déplaise au critique du Monde, déjà cité (Le Monde.fr cinéma). Ce film qui, par beaucoup de points, m'a rappelé Hugo Cabret (mort accidentelle du père, enfant surdoué laissé à lui-même, quête d'un message ou d'une révélation, rôle d'un étrange vieil homme...), est en tout point magnifique. Thomas Horn, jeune acteur prodige qui joue le rôle principal (et quel rôle !!!) est, en lui seul, un véritable phénomène. Dans la réalité, c'est aussi un enfant surdoué très proche du personnage qu'il interprète dans le film (à 14 ans, il parle, outre l'anglais, le serbo-croate, l'espagnol et prend des cours de mandarin !!!) Dans ses interviewes, il dit qu’il n'avait jamais imaginé faire du cinéma ni étudié la comédie avant d'être sélectionné pour le rôle d'Oskar. Son seul "fait d'arme" était d'avoir brillamment gagné un jeu de connaissances générales comparable à "Qui veut gagner des millions" ou "Questions pour un champion", appelé "Jeopardy !" Le jeu, très célèbre aux Etats-Unis, a eu une adaptation française de courte durée. Bien que physiquement très différent du Jamie Bell de Billy Elliot, Thomas Horn me l'a beaucoup rappelé,  en particulier lorsque, vers la fin du film, il parvient à surmonter la phobie du personnage qu'il incarne pour aller faire un tour de balançoire, comme n’importe quel gamin de son âge. C’est une scène splendide et d’une intense émotion.

Un coup de chapeau particulier à l'extraordinaire Max Von Sydow, en vieillard mutique et blessé par la vie, chez qui l'on doit admirer l'immense talent qui lui permet  de faire passer autant de sentiments sur son visage ravagé sans recourir aux mots.

Autres coups de chapeau :

- au directeur de la photo, Chris Menges, et à l'auteur de la BO, Alexandre Desplat, un compositeur français qui a à son actif les BO de films à gros budget tels The Queen, La boussole d'or, Benjamin Button, Twilight ou HarryPotter. Dans certains de ces films (La boussole d'or, en particulier), nous avions souvent déploré une musique trop présente voire envahissante. Ce n'est heureusement pas le cas dans le film de Daldry, comme on aurait pu le craindre. Au contraire, la musique sait ici se faire modeste et souligner avec justesse les différentes atmosphères du film.

Le seul reproche que je ferais à ce film, c'est son titre. Pourquoi avoir choisi un titre aussi alambiqué et peu parlant ? Je n'aurais pas été un fan de Billy Elliot et de Thereader, un tel titre m'aurait certainement découragé comme il a dû décourager des milliers de spectateurs de par le monde.


 Alors, je vous invite « fort » à passer outre le titre et à aller voir ce film splendide, ne serait-ce que pour les prestations époustouflantes de ThomasHorn et de Max Von Sydow.  

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