vendredi 18 juillet 2014

LANCELOT, LE PREMIER CHEVALIER de Jerry Zucker (USA-1995)


Lancelot, le premier chevalier est un film américain réalisé par Jerry Zucker, sorti en 1995. Il revisite la légende des chevaliers de la Table Ronde, en se focalisant sur l’amour de Lancelot pour Guenièvre.

Synopsis

Arthur (Sean Connery), aidé des Chevaliers de la Table Ronde, essaie de faire régner la justice et la paix dans son royaume de Camelot, constamment attaqué par ses ennemis, parmi lesquels Méléagant, un de ses anciens chevaliers qui l'a trahi. Ne pouvant s'en prendre de front à Arthur, Méléagant dévaste en permanence le pays de Leonesse, que dirige Guenièvre (Julia Ormond) dont il voudrait faire sa femme. Mais celle-ci s'y refuse, préférant se rapprocher, malgré l'énorme différence d'âge, d'Arthur, un ami de son père défunt.
Lancelot (Richard Gere) dont les parents ont été brûlés vifs devant lui alors qu'il était enfant, est un de ces nombreux chevaliers errants qui parcourent le royaume. Un jour, alors que Guenièvre rend visite à Arthur, elle est prise dans une embuscade tendue par Méléagant et elle ne doit sa liberté qu'à l'intervention de Lancelot. Les deux jeunes gens, qui ont le même âge, tombent immédiatement amoureux l'un de l'autre. Mais Guenièvre est promise à Arthur et elle ne veut pas le trahir. Lancelot, quant à lui, bien que très épris, préfère reprendre son errance.
Quelque temps plus tard, lors de la fête donnée par Arthur à l'occasion de ses  fiançailles avec Guenièvre, Lancelot est déclaré vainqueur dans son combat contre une cauchemardesque « machine à tuer ». En récompense, il a droit à un baiser de Guenièvre mais, de peur de montrer ses sentiments, il refuse. Devant le courage et de l’adresse qu’il a montrés lors du combat, Arthur offre à Lancelot de le faire Chevalier de la Table Ronde mais le jeune homme, craignant, s’il est à la cour, de succomber à son amour pour Guenièvre, préfère quitter Camelot. Il finira cependant par accepter d'être fait chevalier et d'entrer à la cour d'Arthur. Mais ne pouvant supporter de croiser en permanence Guenièvre et de faire comme si elle lui était indifférente, il décide de partir définitivement. Néanmoins, il ne peut se résoudre à quitter Camelot sans avoir échangé un dernier baiser avec la reine. Malheureusement, ils sont surpris par le roi qui, fou de rage, les accuse de trahison.

Mon opinion


On ne s’attendait à trouver ni Sean Connery dans le rôle du roi Arthur, ni Richard Gere dans celui de Lancelot. Cette première surprise passée, on n’est pas au bout de nos peines, confronté aux anachronismes. Mais on comprend vite, comme dans un autre film génial, Chevalier, avec Heath Ledger, que le si réalisateur a pris toutes ces libertés, c'est pour nous faire perdre nos repères et nous émerveiller. Certains spectateurs, sans doute, crieront au scandale et n’entreront pas dans le jeu. Personnellement, j'ai été enchanté. Je pense en effet que la légende de la Table Ronde se prête à toutes les interprétations : elle est suffisamment flexible pour permettre (presque) toutes les libertés et l'erreur  de certains metteurs en scène est justement de vouloir trop coller à une réalité qui n'a jamais existé.  Bien au contraire, interpréter la légende est bien le meilleur service qu'on puisse lui rendre. La mise en scène est brillante et inventive, le jeu des acteurs, que ce soit  Richard Gere, dans le rôle de Lancelot, Sean Connery, dans celui d’Arthur, ou de la belle Julia Ormond, dans celui de Guenièvre, qu’on se laisse embarquer avec plaisir dans cette énième réinterprétation d’une légende millénaire.

RETOUR A COLD MOUNTAIN d'Anthony Minghella (USA-2003)


Drame américain réalisé par Anthony Minghella (2003).

Synopsis

Le film se déroule pendant la guerre de Sécession. Ada (Nicole Kidman) est la fille d'un pasteur, veuf à qui elle consacre, avec son autre passion, la musique, tout son amour et tout son temps. Elle est la parfaite incarnation de la société policée, pétrie de culture et de traditions sudistes. Paradoxalement, alors que tout les oppose, un simple regard la rapprochera d'Inman, (Jude Law), un simple ouvrier. La guerre les séparera presque dès leur rencontre, Inman devant aller au front, mais leur amour aussi récent qu'absolu leur permettra de trouver la force et le courage d'affronter l'horreur d'une guerre sans merci.

Mon opinion

Il y a dans ce film des scènes très dures, des viols, des massacres et des scènes de tortures gratuites perpétrées aussi bien par les tenants de l'esclavagisme, par ailleurs cultivés et policés, que par les "abolitionnistes" qui auraient dû être porteurs de valeurs humanistes mais dans les rangs desquels, comme dans toute guerre, se trouvent de véritables bêtes sauvages. Il y a aussi ceux qui profitent de la situation et s'adaptent aux circonstances.

A part ces scènes pénibles pour un spectateur comme moi qui ne supporte pas la violence ni la cruauté, fussent-elles justifiées, ce film est une grande et belle œuvre cinématographique. Après un autre très beau film, Le patient anglais, Cold moutain était le 4ème d'un réalisateur auquel la maladie n'a pas donné la chance de poursuivre sa carrière. En effet, Anthony Minghella, qui est aussi le réalisateur de l'un de mes films préférés,  Le talentueux Mr. Ripley, (aussi avec Jude Law et Matt Damon), n'a pu réaliser qu'un seul autre film après ce dernier, puisqu'il est mort en 2008 d'une hémorragie cérébrale. On ne peut que regretter qu'un tel talent n'ait pas été épargné par le sort.


Tout est remarquable dans ce film, le scénario, parfaitement bâti et structuré, l'image, les paysages splendides, la direction d'acteurs, l’ensemble rythmé par la musique du compositeur français Gabriel Yared... Il faut particulièrement saluer les prestations de Jude Law (toujours très juste et très touchant dans le rôle d'un soldat écœuré par la guerre qui déserte par instinct de survie), de Nicole Kidman (qui sait être crédible et émouvante dans ce rôle aux antipodes de la star hyperbotoxée qu'elle est devenue) et de Renée Zellweger, en sauvageonne au grand cœur (l'actrice a d'ailleurs été récompensée pour ce rôle par un Oscar et un Golden Globe de la meilleure actrice de second rôle) sans oublier Natalie Portman (dans le rôle de Sara).

UN MONDE PARFAIT de Clint Eastwood (USA-1993)


Un monde parfait  (A perfect world) est un thriller réalisé en 1993 par Clint Eastwood avec lui-même dans le rôle du Texas ranger Red Garnett.

Synopsis

 'Butch' Haynes (Kevin Costner) et son co-détenu Terry Pugh se sont évadés de la prison d'Huntsville (Texas) qui détient le sinistre record du plus grand nombre d'exécutions capitales des Etats-Unis. Au début de leur cavale, ils font halte dans une maison où une femme, témoin de Jehovah, élève seule ses trois enfants : un petit garçon et deux fillettes. Les fugitifs enlèvent le garçon, Phillip dit "Buzz" (T.J. Lowther) Perry, 8 ans, pour leur servir d'otage. Peu après, pour défendre "Buzz" des mauvais traitements que veut lui infliger Terry, "Butch" tue son complice.
Le film commence lors de la fête d'Halloween. 'Buzz', qui a été élevé par sa mère dans le strict respect des préceptes de la secte, n'a jamais eu droit aux amusements des enfants de son âge. Comme, lorsqu'il a été enlevé, il était en sous-vêtements, 'Butch' entre dans le premier magasin venu pour lui acheter des vêtements. Lorsqu'ils entrent, 'Buzz' voit les tenus d'Halloween et son choix se porte aussitôt sur le déguisement de Casper-le-gentil-fantôme.
Le petit garçon, qui n'a jamais connu la présence paternelle, fait de son kidnappeur un père de substitution et, en contrepartie, 'Butch' ressent pour cet enfant privé de jeunesse toute la tendresse que sa propre vie de criminel ne lui a pas permis de développer.
L'implacable chasse à l'homme continue cependant et elle est inégale car, pour ne pas mettre la vie de l'enfant en danger, le ravisseur ne se défendra pas lorsqu'il sera acculé par ses poursuivants et il sera impitoyablement abattu devant les yeux de l'enfant. 
Comme toujours, l'enfant, bien qu'ignoré du générique, joue à la perfection. A la différence de beaucoup de très jeunes artistes, sa carrière ne s’est pas arrêtée : il interprète le rôle du Dr. Hank Mc Kee dans la série Grey's Anatomy. 

Mon opinion

Ce film fait partie de mon top 50 des meilleurs films. Bien que je ne sois pas un grand fan ni de Clint Eastwood et encore moins de ses opinions politiques, ni des films policiers en général, je dois reconnaître que celui-ci est une belle une réussite. Dès le début, en effet, le film nous entraîne bien au-delà d'un classique thriller ou d'un western dont il contient par ailleurs tous les ingrédients. Il traite en fait, de manière émouvante et juste, des relations humaines qui peuvent se développer entre un adulte et un enfant privé d'affection. Tout le talent de Clint Eastwood est d'avoir inversé les rôles en faisant du criminel - qui n'est pourtant pas un tendre - un personnage sympathique alors qu'il s’est lui-même réservé la mauvais rôle. Bien entendu, le rôle de 'Butch" Haynes aurait été interprété par un acteur moins charismatique que Kevin Costner, la sauce aurait certainement pris bien moins facilement. La dernière scène, dans laquelle l'enfant se retourne pour embrasser son ravisseur est tout simplement bouleversante et on maudit ces salauds qui l’ont exécuté.

jeudi 17 juillet 2014

MEMENTO Film de Christopher Nolan (USA-2000)


Memento est un thriller américain sorti en 2000, réalisé par Christopher Nolan et mettant en vedette Guy Pearce, Carrie-Anne Moss et Joe Pantoliano.

Synopsis

En tentant de sauver sa femme, violée et asphyxiée dans leur propre salle de bain en plein milieu de la nuit, Leonard Shelby (Guy Pearce) reçoit un coup à la tête et perd sa capacité à utiliser sa mémoire à court terme. Désormais, toute nouvelle information s'efface de sa mémoire au bout de quelques instants ; il n'a donc aucun nouveau souvenir durable depuis l'agression. Pour se rappeler les faits et informations élémentaires, il se les tatoue (ou les fait tatouer) sur le corps, ou bien les photographie à l'aide d'un appareil photographique instantané et en écrit une brève description sur les clichés : le nom du motel où il loge, la plaque d'immatriculation d'une voiture, le nom et prénom des personnes qu'il rencontre et leurs caractéristiques, etc. Le dernier souvenir de Leonard est celui de sa femme au moment de l'agression. Son seul objectif est de trouver l'assassin de celle-ci – un certain John G. – et de le tuer.

Spécificités du film

Le film est volontairement monté à l’envers : il s'ouvre avec la fin de l'histoire, la dernière scène, puis le film progresse, de la fin vers le début, la fin d'une scène recouvrant à chaque fois le début de la scène précédente (précédente dans l'ordre du film, mais en réalité suivante par ordre chronologique). Une narration parallèle est introduite sous forme de courtes scènes tournées en noir et blanc (suivant cette fois un déroulement chronologique normal, de A à B etc.) intercalées au montage antichronologique. Ainsi, les scènes couleurs antichronologiques s'emboîtent aux scènes noir et blanc chronologiques. Les deux narrations se raccordent à la fin du film, qui correspond au milieu de l'histoire. Le passage du noir et blanc à la couleur se fait lors du développement d'une photo polaroid.

Les scènes en couleur correspondent à la durée maximale de rétention mémorielle de Leonard. Ainsi, à chaque nouvelle scène couleur, Leonard ne se rappelle plus les événements qui ont précédé la scène dont il se souvient. Puisque les scènes couleurs sont en ordre antichronologique, le spectateur, tout comme Leonard, ne connaît pas non plus les événements qui ont précédé.

Mon opinion sur ce film

Memento est un des films les plus déconcertants que je connaisse. Dans mon classement personnel, il le place juste, pour la complexité, entre Vanillia sky (de Cameron Crowe) et Existenz (de David Cronenberg).

Cela donne un thriller terrifiant qui s'apparente à une espèce de cauchemar sans fin où l'on revient sans cesse sur la même scène en se trouvant englué peu plus chaque fois dans l’incapacité d'agir.
Lorsque le film commence, on pense que Leonard est forcément innocent du crime de sa femme. Lorsqu'il se termine, on n'en est plus sûr du tout et même, on se demande si ce n'est pas lui, l'auteur de ce crime abominable dont sa mémoire aurait effacé le souvenir traumatique.

Comme pour les films cités, cela laisse au spectateur une impression désagréable comme laisserait un mauvais rêve. Si Leonard est innocent, on le plaint, d'une part d'avoir perdu sa femme dans un crime aussi révoltant et inexplicable. S'il est coupable, on le plaint aussi d'être victime de cette forme d'amnésie terrible qui lui fait oublier qu'il est coupable...

Pour toutes ces raisons, Memento est un film inclassable, entre fantastique et thriller et c'est en soi un "ovni" dans la technique utilisée par le réalisateur dont c'était seulement le 2ème long métrage... Distingué par deux nominations aux Oscars (meilleur montage et meilleur scénario original), il est devenu un "film culte" pour les cinéphiles. Il permettra en outre au réalisateur d'entreprendre de réaliser des projets plus ambitieux comme Insomnia, produit par Steven Soderbergh, avec George Clooney comme acteur principal.  Depuis, Nolan a réalisé sept autres films (dont l'excellent Batman begins et The dark Knight et, plus récemment, Inception, où l’on retrouve la complexité de Memento mais dans lequel malheureusement, la notoriété aidant, il a à mon avis beaucoup trop abusé des effets spéciaux).  



lundi 14 juillet 2014

LE CINQUIÈME POUVOIR film de Bill Condon (USA-2013)


Le cinquième pouvoir de Bill Condon (décembre 2013)

"Le cinquième pouvoir" (Fifth estate en anglais) est un terme, inventé par le journaliste-penseur français Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde diplomatique et fondateur d’Attac, qui tente une continuation à la série des trois pouvoirs énumérés par Montesquieu et le quatrième pouvoir, représenté par les médias en y ajoutant un « cinquième pouvoir »  qui désigne le pouvoir de l’opinion s’exprimant à travers les nouveaux moyens d’information que sont les réseaux sociaux (Internet, Facebook, Twitter et les pétitions et actions en ligne).

Synopsis

Inspiré de la vie de Julian Assange, qui divulgua des documents classés "secret défense" sur son site internet Wikileaks, Le Cinquième pouvoir est réalisé par Bill Condon (Twilight chapitre 5). 
C’est Benedict Cumberbatch (surtout connu pour incarner Sherlock Holmes dans la série télévisée britannique Sherlock), qui joue le rôle de Julian Assange. Mais le film se place du point de vue de son ex-plus proche collaborateur et porte-parole, Daniel Domscheit-Berg, qui sera incarné par l'acteur Daniel Brühl.

Le film, s'il rend justice à Wikileaks est loin d'être tendre avec Julian Assange lui-même, présenté comme un personnage ambigu et égocentrique, ce qui explique que ce dernier ait tout fait pour en empêcher le tournage.


Mon opinion sur ce film

Tout en sachant cela sur le film, mais ayant moi-même suivi l’affaire  Wikileaks d’assez près et maintenant l’affaire Snowden qui en est une sorte de prolongation, je l’attendais avec beaucoup d’intérêt.

Généralement, je n'aime pas trop Benedict Cumberbatch et je n’ai pas du tout accroché avec la série Sherlock ni avec ses apparitions dans Dr. Who.  Par contre, Daniel Brühl, étant  un acteur que j'adore depuis Ladies in Lavender,  je m'étais promis d'aller voir le film dès sa sortie mais j'ai eu beau attendre, comme il n'a pas été programmé dans ma ville, je me suis rabattu, comme pour d'autres, sur le DVD.

 Je dois reconnaître que Benedict Cumberbatch s'est glissé avec un troublant mimétisme  dans la peau de Julian Assange mais, à bien y réfléchir, on se demande s’il s’agit d’une interprétation du créateur de Wikileaks, ou le contraire. Je m’explique, Benedict Cumberbatch « fait » du Julian Assange comme il a « fait » du Sherlock Holmes. En effet, on retrouve dans cette interprétation tout ce que je n’ai pas aimé dans la série anglaise où on a le même parti pris de faire du personnage qu'on interprète quelqu'un de particulièrement antipathique. J'aurais de beaucoup préféré une interprétation plus neutre, se bornant à présenter les faits, sans systématiquement vouloir faire de Julian Assange le monstre d'égoïsme méprisant qu'il n'est peut être pas. Quant à Daniel Brühl, il incarne ici bien le second, fasciné dans un premier temps par le charisme de son maître puis finissant par le détester et presque le trahir par dépit d'avoir été rejeté. Son interprétation, comme à l'habitude, est tout en discrétion et en retenue.

Quant au film lui-même, il ne m'a pas plu : je l'ai trouvé brouillon, difficile à suivre et relativement obscur même pour quelqu’un qui, comme moi, connaît assez bien l’affaire Wikileaks.

En conclusion, un film semi-raté, mal foutu et qui laisse une impression de partialité.