vendredi 30 mai 2014

M. IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN de François Dupeyron (FR-2003)


Film français de François Dupeyron, sorti en 2003.

 Synopsis

 Le film est adapté du livre et de la pièce de théâtre du même nom écrits par Marc-Emmanuel Schmitt.
 L'action se déroule dans un quartier populaire de Paris, dans les années 60. Moïse Schmitt dit 'Momo' (Pierre Boulanger) a treize ans et vit chez son père divorcé qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans la dépression jusqu'à ce qu'il finisse par se suicider, laissant son fils désemparé et sans le sou. Momo se tourne alors naturellement vers le seul ami qu'il ait, M. Ibrahim, un vieil homme d'origine turque qui tient une petite épicerie de quartier (Omar Sharif). Au bout de quelque temps, M. Ibrahim adopte Momo et il achète une voiture avec laquelle ils partent en Turquie. Lors du voyage, M. Ibrahim a un accident et il est tué. Momo revient seul à Paris où il prendra sa suite dans la boutique.
 Ce film, en partie autobiographique (pour M. Ibrahim, Eric-Emmanuel Schmitt s'est inspiré de la personnalité de son grand-père qui n'était ni musulman ni Turc mais était un homme simple et avec des valeurs humaines profondes), est, comme le dit lui-même l'auteur "avant tout une fable, un récit initiatique, une leçon de vie." Omar Sharif, qui n'avait plus tourné depuis plusieurs années faute de scénarios auxquels il croyait, a accepté de jouer le rôle de M. Ibrahim car il avait été conquis par le personnage d'Eric-Emmanuel Schmitt.

 Mon opinion sur ce film  

Très beau rôle pour Omar Sharif qui rayonne d'émotion, de sagesse et de simplicité. Quant au jeune Pierre Boulanger (15 ans au moment du tournage), il est très touchant, très juste, en un mot épatant.  

Mon classement

Un très beau film. A voir absolument.

Pierre BOULANGER (Acteur français)


Pierre Boulanger est un acteur français né le 8 août 1987 à Paris (France).

J’ai découvert Pierre Boulanger en 2002, dans MonsieurIbrahim et les fleurs du Coran, son premier film où il jouait le rôle d'un adolescent de 13 ans donnant la réplique à Omar Sharif. Il y jouait le rôle de Momo, un jeune garçon recueilli, après le suicide de son père, par un vieil épicier turc. Pour ce rôle, il remporta, en 2003, le prix du Meilleur Acteur au Festival du Film International de Chicago. Le film est également nommé en 2004 aux Golden Globes dans la catégorie du Meilleur Film Étranger.

 Formation

De 2005 à 2006, il suit une formation au conservatoire du 8e arrondissement de Paris, notamment avec Élisabeth Tamaris. De 2007 à 2009, il suit la classe libre du Cours Florent.

Cinéma
·         2003 : Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de François Dupeyron : Momo
·         2008 : Nos 18 ans de Frédéric Berthe : Richard
·         2009 : The Visit de Côme Levin : Dominique
·         2010 : Notre jour viendra de Romain Gavras
·         2011 : The unlikely girl de Wei Ling Chang : Luc
·         2011 : Bienvenue à Monte-Carlo (Monte Carlo) de Thomas Bezucha : Theo
·         2012 : Arrête de pleurer Pénélope de Corinne Puget et Juliette Arnaud : Justin
·         2012 : God Help the Girl de Stuart Murdoch : Anton
·         2013 : Après la Bataille de Simon Leclère : Antoine

Courts métrages 

·         2004 : Le Grand Vent de Valérie Liénardy : Antoine
·         2005 : Les Visages d'Alice de David Ungaro : Pierre
·         2005 : Poids plume de Nolwenn Lemesle
·         2005 : Mon âme coûte 20 euros de Max Guérin : Corentin

Télévision

  • ·         2003 : Louis Page (série TV) de Jean-Daniel Verhaeghe : François
  • ·         2004 : Dans la tête du tueur (TV) de Claude-Michel Rome : Kevin
  • ·         2005 : Le Proc (série TV) de Claudio Tonetti : Damien Flamand
  • ·         2005 : Sauveur Giordano (série TV) de Klaus Biedermann : Maxime Levain
  • ·         2006 : Femmes de loi (série TV) de Etienne Dhaene : Jérémy Vuilloz
  • ·         2006 : Commissaire Cordier (série TV) : Maxime
  • ·         2006 : Camping Paradis (TV) de Didier Albert : David
  • ·         2006 : Pour l'amour de Dieu (TV) de Zakia Bouchaâla et Ahmed Bouchaâla
  • ·         2006 : Mémoire de glace (TV) de Pierre-Antoine Hiroz : Julien Duval
  • ·         2007 : Famille d'accueil (série TV) de Antoine Lorenzi : Nico
  • ·         2007 : Les Camarades (feuilleton TV) de François Luciani
  • ·         2007 : Section de recherches (série TV) de Gérard Marx : Fred
  • ·         2008 : Terre de Lumière (télésuite) de Stéphane Kurk : François adulte
  • ·         2008 : La Mort dans l'île (TV) de Philippe Setbon : Nino
  • ·         2008 : Beauregard de Jean-Louis Lorenzi : Julien Ferrer
  • ·         2008 : Paradis Criminel de Serge Meynard : Lubin
  • ·         2011 : Brassens, la mauvaise réputation de Gérard Marx : Loulou Bestiou
  • ·         2011 : Le Sang de la vigne
  • ·         2012 : Fais pas ci, fais pas ça - Saison 5, Épisode 8
  • ·         2013 : La Planète des cons de Charlie Dupont, Gilles Galud
  • ·         2013 : La Source de Xavier Durringer : Simon Dubois
  • ·         2014 : Richelieu, la Pourpre et le Sang de Henri Helman : le Marquis de Cinq Mars

Théâtre

  • ·         2011      Louis Jouvet, la passion du Patron (F. Huster) - Francis HUSTER
  • ·         2011      Don Juan (Molière) - Francis HUSTER
  • ·         2009      Hamlet (Shakespeare) - Olivier BALAZUC
  • ·         2008      L'illusion Comique (Corneille) - Thibault de MONTALEMBERT
  • ·         2008      De L'autre Côté (Franck Cadoux et Corinne Tabet) - Anne RIBIERE
  • ·         2008      Retour au Paradis (Benoît Guibert) - Benoît GUIBERT
  • ·         2007      Roberto Zucco (Bernard Marie-Koltes) - Jean-Pierre GARNIER
  • ·         2006      Marat-Sade (Peter Weiss) - Elisabeth TAMARIS
  • ·         2005      Ce Soir on Improvise ( Luigi Pirandello) - Elisabeth TAMARIS
  • ·         2013 : La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux, mise en scène Francis Huster, tournée

Réalisateur
  • ·         2011, Nana (court métrage)




FROM PARIS WITH LOVE de Pierre Morel (FR-2008)




From Paris with love est un film d'action français réalisé en 2008 par Pierre Morel avec Jonathan Rhys-Meyers et John Travolta sur un scenario de Luc Besson et Adi Hasak.

Synopsis

James Reese (Jonathan Rhys-Meyers) est un jeune homme bien sous tous rapports qui travaille comme assistant personnel de l'ambassadeur des Etats-Unis à Paris. En raison de la position qu'il occupe à l'ambassade, il fait de petites missions pour les services secrets américains mais il rêve de devenir un "vrai" agent spécial.

L'arrivée de Wax (John Travolta), un drôle de type complètement déjanté qui ne passe pas inaperçu, lui en donnera l'occasion. Sans qu'il ait le temps de protester, James se retrouvera entraîné à la suite de Wax dans une expédition punitive contre le cartel chinois de la drogue.

Mais cette opération en cache une autre. En réalité, Wax est à Paris, non pour s'occuper du trafic de drogue dans les milieux chinois, mais pour James Reese.

En effet, James est sur le point d’épouser Carolyn (Kasya Smutniak). Or la belle est en réalité une terroriste qui utilise le naïf James pour arriver à ses fins. Dans quelques jours, elle a prévu de commettre un attentat suicide lors d'un sommet international qui doit se tenir dans la capitale française. Malgré ses sentiments pour elle, James Reese l'abattra in extremis avant qu'elle ne commette l'irréparable.

Mon opinion sur ce film

J’avais très envie de voir ce film car j'aime beaucoup Jonathan Rhys-Meyers. Le film aurait pu être une réussite car tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour faire un bon film d'action : de bons acteurs (John Travolta, qui surprend à chaque nouveau rôle, Jonathan Rhys-Meyers, toujours aussi beau et craquant dans celui du jeune agent naïf et amoureux), un scénario intéressant, même s'il ne brille pas par son originalité, un cadre idéal, celui de la capitale française qui fait rêver le monde entier... De l'action (beaucoup), de l'humour (pas mal) mais, hélas, la sauce ne prend pas... 

Le film aurait gagné à jouer sur le contraste de la mise en parallèle du Paris-carte postale et des images d'action mais, à part la Tour Eiffel, on ne voit rien de Paris à telle enseigne que l'action aurait pu se dérouler dans n'importe quelle ville du monde. Alors, pourquoi avoir intitulé ce film "From Paris with love" ???  Le titre en rappelle un autre, Midnight in Paris, de Woody Allen. Mais dans ce film, qui est à mon avis l’un des meilleurs du réalisateur américain, ce dernier a su faire de Paris un personnage à part entière, en nous replongeant dans les différentes époques qui ont marqué la mode, la littérature, la musique et la peinture avec juste assez de nostalgie et de distance pour réussir, sinon un chef-d'oeuvre, du moins un excellent film. Rien de tel, hélas, avec From Paris with love. Quand on a la chance de disposer d'acteurs aussi talentueux, il est dommage que l'on n'en profite pas davantage. En fait, on reste toujours dans l'action et le superficiel. J'aurais aimé que les relations entre James et Wax soient approfondies, de même que celles entre James et Carolyn, que leur psychologie (qui n'est qu'effleurée) soit plus travaillée (on ne nous dit nulle part pourquoi Carolyn est devenue une terroriste ni pourquoi James est fasciné par le destin d'agent secret...) 

Il est vrai que le scénario est de Luc Besson qui privilégie, une fois de plus la violence et l'action au détriment de la psychologie de ses personnages.  

mercredi 28 mai 2014

REMEMBER ME d'Allen Coulter (USA-2010)


Remember me est un drame romantique américain sorti au cinéma en 2010. Le film est réalisé par Allen Coulter qui est inspiré d'une pièce écrite par Will Fetters. Il met en vedette Robert Pattinson, Emilie de Ravin, Chris Cooper, Lena Olin et Pierce Brosnan.

Synopsis

Tyler (Robert Pattinson) est un jeune homme de bientôt vingt-deux ans habitant à New-York un appartement miteux qu'il partage avec son  meilleur ami, Aidan (Tate Ellington). Il est en conflit avec son père, Charles Hawkins (Pierce Brosnan), un avocat d'affaire, qu'il rend responsable du suicide de son frère aîné, Michaël. C'est lui, alors âgé de 16 ans qui l'a découvert pendu et ce souvenir ne cesse de le hanter. A couteaux tirés avec son père, il est par contre très proche et très protecteur envers sa petite sœur, Caroline (Ruby Jerins), une enfant de onze ans, surdouée en dessin. Les parents de Tyler sont divorcés et il se sent exclu de cette famille dont il ne partage rien, si ce n'est l'amour qu'il a pour sa sœur cadette.
Un soir, au sortir d'une boîte de nuit, Tyler intervient dans une bagarre pour venir en aide à des automobilistes agressés. Son attitude vindicative lui vaut d'être injustement arrêté et roué de coups par un policier qui s'avère être le père d'Ally (Emilie de Ravin, découverte dans Roswell). Grâce à l'intervention de son père avocat, Tyler est libéré.
Mais, suite à une idée stupide de son copain Aidan, Tyler décide, pour se venger du flic, de séduire sa fille qui étudie dans la même université que lui. Le pari imbécile tourne court car Tyler tombe sincèrement amoureux d'Ally. Celle-ci, après s'être disputée avec son père, s'installe chez les deux copains. Les trois jeunes gens trouvent ensemble un équilibre qu'ils n'avaient pas trouvé dans leur propre famille. Malheureusement, les secrets font toujours des dégâts quand ils se révèlent et Tyler, comprenant que son amour pour Ally est profond et sincère, ne peut se résoudre à lui cacher ce qui a déterminé leur rencontre.
Celle-ci prend évidemment très mal cette révélation mais tout finit par s'arranger : Tyler décide de présenter Ally à son père qui lui donne rendez-vous dans son bureau du World Trade Center. Malheureusement, ce jour-là est aussi celui où le destin du monde a basculé : alors que Tyler attend son père dans son bureau, situé dans l'une des Twin Towers de Manhattan, la maîtresse de Caroline écrit au tableau la date fatidique qu'aucun de ceux qui ont vécu ces évènements n'oublieront jamais : 11 Septembre 2001. L'attentat est traité par le réalisateur avec beaucoup de retenue. Il aurait été facile de nous montrer les terribles images qui se sont imprimées dans nos mémoires.

Mon opinion sur le film

Remember me se traduit par "Souviens-toi de moi". Le film est en effet en totalité marqué par le souvenir. De la première scène, à laquelle on assiste impuissants à l'assassinat de la mère d'Ally Craig,  souvenir dont restera marquée à jamais sa petite fille de 11 ans, au souvenir du suicide du grand frère adoré de Tyler, Michaël... Le souvenir final étant celui des innombrables victimes innocentes des attentats du 11 septembre 2001, sur lequel le film se conclut.

J'avais été très déçu par Howto be, un film de 2008 où RobertPattinson jouait le rôle d'un ado mal-aimé de ses parents qui se cherche un "mentor". Robert Pattinsonn'y était pas mauvais, il tirait plutôt bien son épingle du jeu malgré un scénario d’une totale indigence.
"Remember Me" est, heureusement, d'une autre qualité, même s'il n’est pas un film inoubliable. Il est cependant curieux qu'il n'ait pas été distribué en France (ou si mal) car, à part  Robert Pattinson, qui joue le rôle-titre, celui de Tyler Hawkins, ce film bénéficie  d'une distribution prestigieuse : en effet, le rôle du père est incarné par Pierce Brosnan et Emilie de Ravin, sans être très connue en France, n’est pas une actrice de seconde zone. Erreur des distributeurs français, sans doute, dont  j'espère qu'ils se mordront les doigts car, même si ce film n'est pas un chef-d’œuvre, il aurait certainement bien marché en France, ne serait-ce que grâce à la présence de Robert Pattinson, devenu une icône planétaire depuis son rôle de gentil vampire dans Twilight. Il a en tout cas eu, aux Etats-Unis, beaucoup plus qu'un succès d'estime et la France s'est privée d'un bon film et de quelques milliers d'entrées qui n'auraient certainement pas fait mal au chiffre d'affaire des salles de cinéma trop souvent désertes. Apparemment, les distributeurs n'ont pas tiré la leçon de leur manque de flair puisqu'ils ont remis ça avec un autre bon film où jouait excellemment Robert Pattinson, Del'eau pour les éléphants. Certains critiques se sont trompés de cible et ont reproché à Pattinson de n'avoir pas su prendre suffisamment  de recul dans ce film avec son personnage d'Edward Cullen dans Twilight, critiques qui me paraissent totalement injustifiées. Bien entendu, tous ceux qui ont vu la saga Twilight (et j'en fais partie) auront toujours du mal à faire abstraction du personnage d'Edward Cullen mais ce n'est pas la faute de l'acteur. Dans Remember me, le personnage de Tyler est aux antipodes de celui d'Edward Cullen. Avec ce film, et surtout avec De l'eau pour les éléphants, la preuve est faite que Pattinson est tout à fait capable d'être crédible dans d'autres rôles que celui du vampire amoureux qui l’a fait connaître des spectateurs de monde entier.  Il en est de même, d'ailleurs, pour DanielRadcliffe qui a démontré, à travers d'autres films, hélas non distribués en France, comme My boy Jack ou December boys qu'il pouvait incarner d'autres personnages que celui d'Harry Potter).
Si j'ai beaucoup apprécié Robert Pattinson dans ce film, je suis plus réservé sur le film lui-même, en particulier sur sa fin et sur la référence finale au 11 septembre, non pas qu'elle soit mal traitée, comme je l'ai dit plus haut, mais parce qu'elle m'a paru superfétatoire et qu’elle n’apporte rien au contenu du scénario.
Une mention toute spéciale pour la magistrale interprétation de la petite Ruby Jerins qui joue le rôle de Caroline, la sœur cadette de Tyler. Si les producteurs le veulent bien et la chance joue en sa faveur, elle fera certainement une belle carrière d'actrice. C'est en tout cas tout le mal que je lui souhaite.

L'ASSOCIE DU DIABLE de Taylor Hackford (USA-1997)


L'Associé du diable est un film thriller fantastique américain réalisé par Taylor Hackford en 1997 d'après le roman The Devil's Advocate d'Andrew Neiderman.

Synopsis

Kevin Lomax (Keanu Reeves) est un jeune et brillant avocat, récemment diplômé, qui vit en Floride avec sa  charmante épouse, Marie-Ann (CharlizeTheron). Il est amené à défendre un client, un professeur qu'il sait coupable d'abus sexuel sur une mineure, ou d'abandonner le procès. Cependant, pour quelqu’un qui a de l'ambition comme lui, ce serait déchoir que de s’avouer vaincu et, tout en ayant la conviction que son client est coupable, il choisit de passer outre et gagne le procès.

Le procès ayant été très médiatisé, il reçoit alors une proposition inattendue : celle de rejoindre un grand cabinet d'avocats new-yorkais dirigé par John Milton (Al Pacino). Kevin est peu enthousiaste à l’idée de quitter la Floride, mais sa femme, Marie-Ann parvient à le convaincre d'accepter l'alléchante offre de Milton bien que sa mère, Alice, une femme très croyante, le mette en garde contre les dangers que représente New-York,  pour elle, ville de tous les vices. La suite des événements prouvera que les craintes d'Alice, qui nous paraissaient au départ marquées par la superstition, étaient celles d'une visionnaire.

            Le jeune couple part alors pour New-York. Ils y sont accueillis comme des princes : le cabinet offre à Kevin un salaire mirobolant qu'il n'aurait jamais espéré s'il était resté en Floride avec, en prime, un splendide appartement. Mais la contrepartie, c'est que Milton, sous son apparence bon enfant, est un véritable tyran. Pour lui plaire, Kevin doit se plier à des horaires déments et délaisser de plus en plus sa femme au profit de son travail. Jusque là, rien que de très normal lorsqu'on commence dans la carrière d’avocat, surtout aux Etats-Unis. Tout ne va cependant pas trop mal pour Kevin jusqu'au jour où son patron lui confie un très gros dossier : défendre Alexander Cullen, un richissime client,  accusé d'avoir tué sa femme, son beau-fils et sa domestique.
            Alors que Marie-Ann, seule dans l'immense appartement, souffre de l'absence de son mari, elle commence à être victime d'hallucinations de plus en plus graves qui l'entraînent vers la folie. Kevin, plongé corps et âme dans le dossier de son client, ne se rend pas compte que la santé mentale de sa femme que, par ailleurs il adore, se détériore d'une manière inquiétante. 
            Milton, toujours très paternaliste, suggère à Kevin d'abandonner l’affaire à un autre avocat du cabinet pour mieux s’occuper de sa femme tout en lui faisant comprendre que, s'il lâche l'affaire, sa carrière en souffrira forcément. Kevin, littéralement obsédé par l'idée de gagner, refuse... Cela l'entraîne dans une spirale infernale (au sens propre) où il laissera son âme et perdra sa femme adorée.

Mon opinion sur ce film

       Al Pacino est véritablement démoniaque dans ce rôle ambigu, Charlize Théron, est touchante de fragilité en épouse sacrifiée et Keanu Reeves parfait dans le rôle du jeune avocat auquel l’ambition fait perdre tout sens des réalités. Le film aurait pu être excellent si le réalisateur avait su s'arrêter à temps. Hélas, il bascule, dans le dernier tiers, dans des scènes grand-guignolesques qui confinent au ridicule. Le film n'y gagne rien car le spectateur aurait parfaitement compris le propos sans avoir à supporter ces scènes excessives qui m'ont rappelé les grotesques excès du Dracula de Coppola (avec aussi, d'ailleurs, hélas pour lui, un certain Keanu Reeves)

Par certains côtés, ce film rappelle La firme, un autre thriller, où un jeune avocat (Tom Cruise),  fraîchement diplômé, est embauché par un grand cabinet qui lui fait un pont d'or, avant qu'il ne s'aperçoive qu'il défend la mafia et n'essaie de s'affranchir de son emprise, au péril de sa vie. A la différence de l'Avocat du diable, La firme, réalisé par Sydney Pollack, est d'une toute autre envergure. 

Une dernière précision, le réalisateur Taylor Hackford est aussi le réalisateur du beau film Soleilde nuit, avec le danseur étoile Mikhail Barychnikov

mardi 27 mai 2014

BABYSITTING de Ph. Lacheau et N. Benamou (FR-2014)

 Babysitting

Babysitting est une comédie française réalisée par Philippe Lacheau et Nicolas Benamou, sortie en 2014.
Il s'agit du premier film interprété par une grande partie de « La Bande à Fifi » (Fifi étant le surnom du comédien Philippe Lacheau), troupe révélée par Canal+.

Synopsis

Franck (Philippe Lacheau) a une passion pour le dessin. Bien qu’il ait réussi à se faire embaucher par une grande maison d’édition qui publie des bandes dessinées, il n’y travaille pas comme dessinateur mais comme réceptionniste. Il y est depuis deux ans et, à la veille de son 30ème anniversaire, il a décidé de demander un rendez-vous à son PDG, pour lui montrer ses dessins. Dans l’ascenseur qui l’amène à l’étage de son patron, il croise un gamin particulièrement mal élevé. Lorsque Marc Schaudel (Gérard Jugnot) arrive au rendez-vous, il est en retard et traite Franck avec mépris. Plus tard, alors que Franck est à la réception, Marc Schaudel, qui n’a jamais fait attention à lui depuis deux ans, lui montre un intérêt aussi soudain qu’inattendu : c’est parce qu’il a besoin de lui le soir même pour garder son fils de 10 ans, sa baby-sitter lui ayant fait faux bond. Or, bien que Franck ait prévu de fêter son 30ème anniversaire avec ses deux meilleurs potes, Sam (Tarek Boudali) et Alex (Julien Arruti), il n’ose pas refuser un service à son patron de peur de perdre sa place.N’ayant pas de voiture, il galère pour arriver chez les Schaudel, qui habitent un somptueux hôtel particulier à Saint-Germain en Laye. Mais, alors que Franck avait naïvement pensé qu’il n’était retenu que pour la soirée, Schaudel lui annonce froidement que sa femme et lui seront absents pour tout le week-end. Estomaqué, il ne réagit pas et découvre en outre que celui qu’il doit garder est l’impossible gamin rencontré dans l’ascenseur, une teigne trop gâtée du nom de Rémi (Enzo Tomasini).

Mme Schaudel (Clotilde Courau) est malgré tout un peu inquiète de laisser son fils aux mains d’un inconnu mais son mari la rassure en lui présentant Franck comme un ami et quelqu'un de sérieux alors qu’en réalité, il ne le connaît que de vue.

Dans la soirée, alors que Franck et Rémi ont signé un pacte de « non-agression » et que les choses se passent plutôt bien entre eux, la sonnette de la porte d’entrée annonce une arrivée inattendue : celle des deux amis de Franck, Sam et Alex, bien décidés à lui fêter son anniversaire coûte que coûte. Et, pour arranger les choses, ils  n’ont rien trouvé de mieux que de répercuter l’invitation sur Facebook. Peu à peu, sans que Franck y puisse rien, la maison se remplit de fêtards complètement allumés qui transforment les lieux en un véritable pandémonium. Alex, qui est livreur, filme toute la soirée les scènes les plus démentes avec une caméra « tombée du camion ».

Le lendemain matin, les Schaudel sont réveillés par la police qui leur annonce que leur fils et son baby-sitter ont disparu. Ils foncent chez eux et découvrent la maison saccagée. Ayant trouvé la  caméra, les policiers regardent la vidéo de la soirée, stupéfaits de découvrir ce qui s’y est passé en leur absence.


En fait Rémi, à qui son père avait refusé d’aller à la Fête des Loges, la célèbre fête foraine qui se déroule à St. Germain-en-Laye, a quitté la soirée en pleine nuit et Franck et ses amis sont allés à sa recherche. Ensemble, ils ont fait les 400 coups, offrant par là-même à Rémi un cadeau que son père n'avait jamais su lui faire. En outre, l’un des vœux les plus chers du garçon est que son père vienne lui voir jouer  au foot. C’est grâce à Franck que ces deux rêves s’accompliront… mais à quel prix !

Mon opinion sur ce film 

On rit beaucoup ce qui est le propre d'une comédie sans arrière pensée. Le sujet du môme que ses parents couvrent de cadeaux à défaut de lui consacrer du temps et de l'amour n'est pas une nouveauté. Sur ce plan, le film manque un peu de profondeur même si la scène où Marc Schaudel rejoint son fils au stade pour la fin du match est touchante. Dommage aussi que les débordements des fêtards soient passablement exagérés, les vannes un peu trop "1er degré", les gags sombrant par moments dans la vulgarité. Pour être vraiment réussi, ce film aurait dû en faire moins et mieux. On ne peut s'empêcher de le comparer à d'autres comédies françaises, beaucoup plus réussis, comme La stratégie de la poussette, 20 ans d'écart, 100% cachemire ou Comme des frères, ou Tu honoreras ta mère et ta mère... Le petit Rémi (Enzo Tomasini) est épatant, de même que Philippe Lacheau, jeune acteur que l'on aimerait voir dans d'autres registres et, bien entendu Gérard Jugnot, parfait comme à son habitude. 

lundi 26 mai 2014

VANILLIA SKY de Cameron Crowe (USA-2001)


Vanillia sky de Cameron Crowe (2001)

Vanilla Sky (Un ciel couleur vanille) est un film américain de 2001, réalisé par Cameron Crowe. C'est un remake du film espagnol Ouvre les yeux réalisé par Alejandro Amenábar en 1997.

Synopsis

David Aames (Tom Cruise) est  un jeune et brillant éditeur new-yorkais qui a tout pour lui : la beauté, le charisme, l'argent, la réussite professionnelle et les femmes. Son ami Pelayo lui présente Sofia (Penelope Cruz), sa nouvelle compagne. David en tombe instantanément amoureux. Mais une de ses anciennes amies, Julie (Cameron Diaz), qui est d'une jalousie maladive, lui fait une scène alors qu'elle conduit et précipite leur voiture par-dessus un pont. Julie meurt alors que David, bien que gravement blessé, réchappe de l'accident. Il est reste cependant défiguré et ni son argent ni la chirurgie esthétique ne peuvent lui permettre de retrouver son visage d'avant : les médecins lui annoncent qu'il restera défiguré. Il va être obligé de porter un masque en permanence, ce qui fait de lui un paria : ses anciens amis l'évitent et sa nouvelle conquête, Sofia, le rejette. Incapable ce supporter ce terrible revers du sort, il sombre dans l'alcool. Un matin, après une nuit de cuite où il erre dans la rue, David est réveillé par Sofia. Ils continuent à se revoir. Les médecins annoncent à David qu'il pourra retrouver son vrai visage. Tout semble donc s'arranger si ce n'est que David a régulièrement la vision de son visage défiguré.

Un jour, en se rendant à l'appartement de Sofia, il découvre Julie qui semble être au courant de tous les faits et gestes de Sofia. Dans un accès de colère, il l'étrangle. Arrêté par la police, il est placé en hôpital psychiatrique. Lors d'un entretien avec un psychologue, il voit une publicité pour une société intitulée "Life extension" qui propose à ses clients atteints de maladie de les placer en cryogénisation le temps qu'il faudra pour trouver un remède à leurs problèmes. Pendant cette période, le patient sera dans un état de "rêve lucide". En voyant cette information, David a une impression de déjà-vu.  Conduit dans les locaux de "Life extension", David réalise qu'il se trouve déjà en état de "rêve lucide" et que ce rêve est devenu un cauchemar. A partir de là, le spectateur a aussi l'impression de vivre un cauchemar. A la fin, David n'a d'autre option, pour mettre fin au cauchemar permanent qu'il vit, de se jeter du haut du toit d'un immeuble. Mais l’immeuble, trop haut pour exister, est une illusion. Lors de la chute interminable, David voit défiler toute sa vie sous forme de flash-back mais, au moment où il devrait toucher le sol, une voix féminine lui enjoint d'ouvrir les yeux. Le spectateur comprend alors que David était en état de rêve.  

 "Vanillia Sky" (Un ciel de vanille) fait référence à un tableau de Monet qui apparaît dans le film. On le classe généralement parmi les thrillers mais il pourrait tout aussi bien être qualifié de drame psychologique, de film onirique ou de science-fiction tant on y retrouve, savamment mélangés, tous ces ingrédients. C'est, en tout cas, au même titre que "L'agence" (The adjustment bureau), Inception, Existenz ou Memento un film troublant où le spectateur ne sait pas où s'arrête le rêve (ou plutôt le cauchemar!) et où commence la réalité. Sans doute est-ce pourquoi le film, malgré sa distribution prestigieuse (Tom Cruise, Penelope Cruz, Cameron Diaz mais aussi Kurt Russel, Tilda Swinton, etc.) et une bande son exceptionnelle (Paul McCartney, Radiohead, REM,  Jeff Buckley, U2, etc.) n'a pas été très bien reçu par la critique. Par contre, il s'est classé n°1 au box office dès sa sortie, certainement justement en raison de sa distribution mais aussi peut-être parce que les spectateurs ont été séduits par l'histoire de base, qui contient tous les ingrédients romantiques du riche et beau séducteur détruit en un instant par sa passion pour se retrouver enfermé dans son propre cauchemar. La suite du film, passablement « prise de tête » est une autre affaire… C’est pourquoi Vanilla sky est tout sauf un film facile qui mérite d'être vu mais qui risque aussi de vous flanquer une sacrée migraine.


Autres films de Cameron Crowe : Jerry Maguire (toujours avec Tom Cruise), heureusement beaucoup plus accessible !

L'ENVOLEE SAUVAGE de Carroll Ballard (USA-1996)


L'Envolée sauvage est un film américain réalisé par Carroll Ballard, sorti en 1996.

Synopsis
Le film commence en Nouvelle-Zélande par un accident de la route. Une fillette de 13 ans, Amy, se trouve en voiture à côté de sa mère qui conduit le véhicule quand la voiture fait un tonneau. La mère est tuée. Lorsque la fillette se réveille dans son lit d'hôpital, elle trouve à son chevet son père, Thomas (Tom), qui vit au Canada et qu'elle n'a pas vu depuis des années. Il est sa seule famille et lui annonce qu'il l'emmène vivre avec lui au Canada. Le père est un gentil hippie, un peu givré... C'est un artiste (sculpteur sur métal), inventeur et naturaliste. Il vit comme un sauvage dans une maison isolée à l'orée de la forêt et les retrouvailles entre Amy et son père ne sont pas enthousiastes. Même s'il fait des efforts pour se rapprocher de sa fille, celle-ci, qui vient de vivre un drame et le considère comme un inconnu, est en pleine révolte préadolescente et n'admet qu'à contrecœur la nouvelle vie qu'on lui impose, les amis de son père, et reçoit fraîchement la copine de son père qu'elle considère comme une intruse...
Un jour, alors que des bulldozers travaillent à l'orée de la propriété de son père en vue de construire un lotissement,  ils détruisent une zone de  nidification d'oies sauvages. Amy trouve les œufs que la mère a abandonnés et les emporte avec elle dans une grange où elle en prend soin jusqu'à leur éclosion. Il faut savoir que, dans le cas des oies sauvages, les oisons  s'attachent, dès leur naissance, au premier être qu'ils voient. Autre problème, ce sont des oiseaux migrateurs et, sans leurs parents pour les initier au vol, ils sont condamnés à mourir.
La première réaction du père est de confier les bébés oies aux services de protection de la nature mais il apprend avec stupeur que ceux-ci vont procéder à une opération barbare qui  les empêchera à jamais de voler. Avec l'aide de ses amis, il monte alors une véritable opération commando pour récupérer "ses" oies et décide de leur apprendre à voler. Etant donné qu'il est sculpteur et pratique le vol en ULM, il réalise un ULM en forme de "maman oie" pour lui et enseigne à sa fille à voler. Ensemble, ils préparent un projet dément, celui d'apprendre à voler aux bébés oies et de les accompagner ensuite depuis le Canada jusqu'à leur aire de migration hivernale aux Etats-Unis.
Le voyage du Canada aux USA est risqué, ne serait-ce qu'en raison de la distance (plusieurs milliers de kilomètres); il faut aussi défier la défense de l'espace militaire aérien, éviter les lignes électriques, etc. L'envolée sauvage porte bien son nom. Le film se termine bien, dans l'allégresse générale mais on est constamment en haleine devant les dangers qui attendent aussi bien les humains que leurs protégées pendant ce très long voyage.

Distribution

  • Anna Paquin : Amy Alden
  • Jeff Daniels : Thomas Alden (Tom)
Autour du film

Le film s'inspire librement des travaux de l'éthologue allemand Konrad Lorenz et des expériences réelles de Bill Lishman, un artiste et inventeur canadien qui, après plusieurs années de préparation (entre 1980 et 1990) se lança dans l'aventure en emmenant un troupeau d'oies sauvages de l'Ontario au Canada en Virginie du Nord aux Etats-Unis. L'année suivante, les 16 oies qu'il avait conduites, revinrent au Canada.

PLEASANTVILLE de Gary Ross (USA-1998)



Pleasantville est un film fantastique américain réalisé par Gary Ross et sorti au cinéma en 1998.

Synopsis

Un ado, David (Tobey Maguire) est fan d'une sitcom des années 50 en noir et blanc, où tout est merveilleux, rêve de se retrouver dans sa série favorite où tout est parfait : le mari travaille, quand il rentre du travail, sa femme à la mise en plis impeccable l'accueille avec un drink, le frère et la sœur sont des enfants modèles, bref, un monde idyllique très différent de celui de David, adolescent moyen, naïf, rêveur, qui passe son temps à se chamailler avec sa sœur jumelle, Jennifer (Reese Witherspoon), impertinente et branchée, qui vit à fond son époque.

Jusqu'à ce qu'un étrange vieux bonhomme, qui se présente comme un réparateur de télé, ne donne à David une bizarre télécommande qui va les projeter, lui et sa sœur, à l'intérieur de la série. Les voilà obligés de vivre à Pleasantville. Au début, David est ravi. Sa sœur bien entendu déteste et le rend responsable de la situation dans laquelle ils se trouvent puis, à la différence de son frère, elle y prend goût. Au contraire, David, qui aurait dû être enchanté de cette situation, se rend très vite compte que tout n'est pas aussi parfait, à Pleasantville, qu'il le croyait : non seulement on n'y trouve pas la technologie à laquelle il est habitué dans son monde mais ils s'aperçoit aussi que Pleasantville n'est rien d'autre qu'une apparence, un décor de cinéma. Mais il n'y a pas que cela : tout y est figé, immuable, et faux, y compris les sentiments. On a une curieuse impression devant cette situation complètement artificielle. Le film fait un peu penser à la série culte anglaise "Le Prisonnier" avec Patrick McGoohan où, inlassablement, la même situation se répète à l'infini. En réalité, Pleasantville, au lieu d'être un rêve, est un cauchemar.

David ne peut supporter cela et il essaie, en toute bonne foi, de faire évoluer ce monde. Et Pleasantville commence à changer. Ce changement se traduit par l'arrivée de la couleur dans ce monde où tout était jusque-là en noir et blanc. Le changement est discret au début : cela commence par une rose dans une haie, puis  ce sont les vêtements qui se colorent, puis les enseignes... et enfin les personnages. Et en se colorant, ils changent aussi : leurs sentiments changent et le petit monde parfait est remis en question.
La réaction de Pleasantville ne se fait pas attendre. Comme toute société figée, elle se refuse à changer et considère les responsables de ce changement comme de dangereux révolutionnaires.
Un film qui fait réfléchir : bien au-delà d'une simple comédie loufoque, il est une fable sur le racisme, sur la remise en question des idées acquises, sur le danger, pour une société établie, de penser et d'agir différemment, etc.
Esthétiquement, le film est aussi un chef d'œuvre grâce au passage insensible du noir et blanc à la couleur, procédé que je n’avais jamais vu, à ce jour, utilisé avec autant de raffinement et d’intelligence.

À propos du film

Le film a été entièrement tourné en couleurs, puis retravaillé numériquement pour les scènes en noir et blanc. Il détint brièvement le record du plus grand nombre de plans à effets spéciaux jusqu'à la sortie de Star Wars, épisode I : La Menace fantôme en 1999.

Lorsque Betty Parker devient « colorée », son fils Bud la maquille en noir et blanc. En réalité, il s'agissait d'un maquillage vert dont les teintes ressortaient convenablement en noir et blanc. Inversement, lorsque Bill lui ôte son maquillage, le visage de l'actrice était intégralement maquillé en vert.

Les deux livres que Bud lit aux adolescents sont Les Aventures de Huckleberry Finn et L'Attrape-cœurs (Catcher in the Rye), deux des livres qui furent longtemps victimes de la censure aux États-Unis.
Ce fut le dernier film de l'acteur J.T. Walsh qui mourut 8 mois avant la sortie du film.

Distinctions

  • 1999 : Saturn Award du meilleur jeune acteur pour Tobey Maguire
  • 1999 : Saturn Award du meilleur second rôle féminin pour Joan Allen

jeudi 22 mai 2014

LE PARRAIN de Francis Ford Coppola


Le parrain de Francis Ford Coppola

Il s’agit d’une trilogie de Francis Ford Coppola : Le Parrain n°1 (1972) ; Le Parrainn°2 1974), Le Parrain n°3 (1990), adaptée du best-seller du même nom de Mario Puzo. L'histoire s'étale de 1945 à 1955, et se centre sur l'ascension de Michael Corleone (Al Pacino), qui doit s’imposer face au patriarche Vito Corleone (Marlon Brando).

Mon opinion

Je ne suis pas particulièrement fan des films de mafia ni de violence mais j’avais vu Le Parrain n°1 avec Marlon Brando réalisé en 1972. Je ne parlerai pas de ce film culte sur lequel on a tout dit.

J'ai profité de la rediffusion de l'intégrale à la TV pour voir les 2° et 3° parties. Dans le second volet, tourné par le même réalisateur deux ans après, le rôle de Vito avait dû être confié à Robert De Niro, celui-ci étant moins "gourmand" que Brando qui exigeait un cachet  faramineux suite au succès du précédent film.
Al Pacino avait incarné Michaël Corleone, le fils de Vito, dans le 2nd film.

Presque vingt ans séparent le 2nd et le 3ème film. Al Pacino y incarne toujours Michaël mais un Michaël vieillissant, presque "rangé des voitures", qui voudrait mettre un terme à la vie de meurtres et de massacres qu'il a vécue en prenant, à contrecœur, la suite de son père. Son fils Tony, dont le seul but dans la vie est de devenir chanteur lyrique, ne veut pas poursuivre ses études d'avocat mais il ne peut pas lâcher ce que sa famille a bâti, au risque de la voir détruite : Qu'il le veuille ou non, il doit continuer envers et contre tout à régner sur l'empire construit par les Corleone aux Etats-Unis.

Après une grave crise d'hypoglycémie qui le laisse diminué, Michaël revient en Sicile à l'occasion de la 1ère de son fils Tony sur la scène de l'opéra de Palerme. Les scènes tournées en Sicile, comme d'ailleurs dans les précédents films, sont magnifiques. La psychologie complexe des personnages est aussi très fouillée : on a beau savoir qu'on a affaire à un tueur sans scrupules, on ne peut qu'être ému par la sincérité des sentiments que montre Michaël lorsqu'il recherche l'amour de ses enfants.

L'intérêt de ce film réside aussi dans le rapprochement qui est fait entre les agissements obscurs de la mafia, la loge P2, le scandale de la faillite de la banque du Vatican et l'assassinat de Jean-Paul Ier, qui avait annoncé des réformes drastiques dès son élection comme nouveau pape et dont la mort dans des circonstances plus que suspectes n'a jamais été élucidée. C'est la seule faiblesse d'un film de n'aborder que superficiellement un sujet qui aurait mérité d'être approfondi.

WALKYRIE de Bryan Singer (2009)


Walkyrie de Bryan Singer (2009)

Walkyrie est un film américano-allemand de Bryan Singer, de 2008. Ce film est sorti en France le 28 janvier 2009.

Synopsis

Le film est inspiré de l'Opération Walkyrie, non de code donné à la tentative de coup d'état du 20 juillet 1944 monté par des militaires de la Wehrmacht pour tuer Adolf Hitler et mettre fin au nazisme. Le complot était dirigé par le colonel Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise), héritier d'une grande famille de la noblesse allemande, grand combattant grièvement blessé en 1942, alors qu'il couvre la retraite de Rommel en Tunisie, il se rend compte qu'il faut mettre un terme à la folie d’Hitler et du nazisme qui précipite l'Allemagne et l'Europe dans le chaos.
Alors qu'il n'était au départ qu'un des nombreux conspirateurs, Claus von Stauffenberg se retrouve bientôt en première ligne : c'est lui qui devra assassiner Hitler...
A l'origine, l'Opération Walkyrie était destinée à donner les pleins pouvoirs aux SS en cas de tentative de coup d'Etat contre Hitler. Von Stauffenberg la transforme en complot contre le Führer et met au point son assassinat. Le plan  prévoit qu'une fois ce dernier éliminé, le pouvoir sera repris en main par des démocrates,  respectueux des valeurs anciennes de l'Allemagne, qui devront traiter avec les Alliés avant que l'Allemagne ne soit totalement écrasée.
Malheureusement, à la suite d'un concours de circonstances invraisemblable (mais réel), Hitler échappera in extremis à l'attentat et le complot sera déjoué. Les officiers qui y ont été mêlés de près ou de loin seront impitoyablement mis à mort par les SS et  la Gestapo.

Mon opinion sur ce film

Malgré des inexactitudes historiques, le film est conduit comme un thriller haletant. Il rend bien compte de l'effroyable malchance dont ont joué les conjurés. Sa mise en scène est impressionnante et réglée comme un mécanisme d'horlogerie. Le film doit aussi beaucoup à la qualité du directeur de la photographie, Newton Thomas Sigel, dont la  prise de vue et la lumière sont travaillées comme des tableaux. Quant aux acteurs, en particulier Tom Cruise, quoiqu'on puisse penser de son engagement personnel en faveur de la Scientologie, on doit reconnaître une fois de plus qu'il est un excellent acteur, parfaitement à l'aise dans un rôle difficile et complexe. Les seconds rôles ne sont pas en reste, que ce soit Kenneth Branagh dans le rôle de Henning von Tresckow ou Bill Nighy dans celui de Friedrich Olbricht.

Au départ, le rôle principal devait être tenu par Thomas Kretschmann, un acteur rare que j’apprécie beaucoup. Il tient finalement le rôle d'Otto-Ernst Remer.

mardi 6 mai 2014

BO de DANS LA COUR de Pierre Salvadori

Grâce au site Cinezic.fr que je vous recommande, j'ai réussi à identifier la chanson du générique du film Dans la cour. Il s'agit de deux titres du groupe américain The Magnetic Fields interprétés par l'auteur compositeur et principal chanteur, Stephin Merritt.

-  "All my little words" (voir les lyrics et la traduction que j'en ai faits sur mon blog Au-delà des rêves)

 


- "Time enough for rocking when we're old" (voir mon autre blog Au-delà des Rêves)

   

Sa voix très grave m'évoquait Leonard Cohen Stephin Merritt est en effet crédité dans le générique du film mais je ne l'avais pas identifié comme le chanteur de The Magnetic Fields.

J'aime beaucoup moins le 3ème morceau que l'on entend, "I can't hardly stand it" des Cramps.

Le second musicien à avoir collaboré à cette BO est un français, Grégoire Hetzel. En regardant sa filmographie, je vois qu'il a aussi composé les BO de la série Clara Sheller, que j'avais aussi remarquées.     

lundi 5 mai 2014

POUR LE RÔLE de Pierre Niney (Fr-2013)


Pour le rôle, court métrage de 12 min. réalisé par Pierre Niney. 
                           
Dans la cour passant dans une salle d’art et d’essai, un court métrage, intitulé « Pour le rôle », réalisé par Pierre Niney, précédait le film.

Synopsis

 Un jeune comédien (François Civil) se présente à un casting. Il est reçu par une attachée de presse hystérique (Noémie Merlant). Arrivée devant la porte du directeur de casting, elle le laisse en plan. D’abord interdit, il s’enhardit et frappe à son tour puis pousse la porte. Il se trouve face au casteur qui lui pose des questions saugrenues. A la fin du court entretien, le casteur remet au candidat quelques feuillets à apprendre et quitte la pièce par une porte latérale, disant qu’il va boire un café.
Le candidat prend connaissance des feuillets et s’aperçoit qu’ils reprennent exactement les mots prononcés par le directeur de casting.
Quelqu’un frappe à la porte : c’est un autre candidat. Le 1er candidat (François Civil) s’assoit alors sur le siège du casteur et s’aperçoit alors qu’il est filmé par une caméra planquée derrière lui. Il joue le jeu à son tour puis sort par la même porte prise par le 1er casteur. Il se retrouve dans un no man’s land enneigé. 
     
Mon opinion

Depuis quelque temps, des courts métrages sont souvent diffusés avant le film principal. Mais il est rare que j’en retienne quoique ce soit. Dans le cas de « Pour le rôle », j’ai beaucoup apprécié ce court, assez insolite, et bien dans l’humour passablement déjanté auquel nous a habitué Pierre Niney.
Ce court est réalisé dans le cadre de la série Casting(s) réalisée pour Canal+ et parodiée lors de la dernière cérémonie des Césars.  
J’y ai retrouvé François Civil, un jeune comédien que j’avais déjà remarqué dans le très beau film de télévision Simple, dont j’ai déjà parlé ici. Il y incarnait un des pensionnaires de la colocation.

DANS LA COUR de Pierre Salvadori (FR-2014)

Dans la cour est une comédie dramatique française réalisée par Pierre Salvadori, sorti en 2014.

Synopsis

Antoine (Gustave Kervern), musicien de quarante ans en pleine déprime, quitte brusquement le concert dans lequel il devait jouer. Quelques jours après, il pointe au chômage et prend le premier emploi qu’on lui propose : gardien d’immeuble.

Pour son entretien d’embauche, il est reçu par Mathilde (Catherine Deneuve) et son mari, Serge (Féodor Atkine). Mathilde, jeune retraitée, s’étourdit dans des associations caritatives et Serge milite dans des syndicats. Pendant l’entretien avec Antoine, Mathilde passe son temps à téléphoner et ne prête aucune attention aux questions que son mari pose au  futur gardien. Les dialogues de cette partie sont sans doute les plus savoureux du film. Deneuve y est parfaite. Pour une fois, elle ne joue pas le rôle d'une grande bourgeoise désabusée mais d'une femme ordinaire, pas très bien fagotée, que l'on croiserait dans la rue sans la remarquer.

Une fois embauché, Antoine fait plus ou moins bien son travail, mais comme il ne dort pas, il confond la nuit et le jour et récure aussi bien l’immeuble en pleine nuit, sortant les poubelles à contretemps, acceptant un SDF et son chien dans les parties communes, etc. Mais il a beau essayer de faire bonne figure, on comprend vite qu’il ne va pas bien et ce n'est pas la rencontre avec Stéphane (Pio Marmai), voleur compulsif de vélos mais aussi petit dealer, qui va arranger les choses. Car Antoine, non seulement ne dort pas, mais il boit des bières par packs entiers et se drogue. Pendant qu'il "récupère", il marque sur sa porte "Le gardien est malade" ou "Le gardien ne va pas (très) bien"... Lorsqu'il se décide à sortir, il se rend au parc et s'affale sur un banc en regardant les enfants jouer au foot. 

Quant à Mathilde, elle aussi insomniaque, elle focalise son attention sur une fissure qui traverse un mur de son appartement. Cela en devient même une obsession morbide. Elle trouve du réconfort « dans la cour » auprès d’Antoine. Mais leurs deux déprimes associées ne représentent pas une solution et, du moins pour Antoine, cette dégringolade ne s’arrêtera qu'il succombera à une overdose.  

Mon opinion

Même si film se termine mal, du moins pour Antoine car Mathilde a l’air de s’en sortir, c’est avant tout une comédie et on rit assez souvent aux situations cocasses, aux personnages excentriques qui habitent ce vieil immeuble parisien, mais surtout aux excellents dialogues que l’on dirait écrits pour Catherine Deneuve en personne.

- Mathilde : "Je le trouve très bien. Il est gentil, poli et il a pas l'air sûr de lui."
- Serge : "Formidable !"
- Mathilde : "Mais oui, formidable. Moi j'aime les gens pas sûrs d'eux, au moins ils s'appliquent"

Je n'avais pas particulièrement envie de voir ce film. J'y suis allé après avoir entendu parler Salvadori de sa rencontre avec Deneuve, de sa simplicité et de la complicité qui les  réunis sur le tournage. Après l'avoir vu, je ne peux pas dire que je sois enthousiaste. J'ai ri, bien sûr, aux situations cocasses dont est truffé le film, ainsi qu'aux dialogues savoureux, mais le film ne m'a procuré aucune émotion et je n'en garderai pas un souvenir marqué. ¨

Musique

J'ai remarqué la chanson du générique, une voix d'homme, grave, un style évoquant Leonard Cohen... Mais je n'ai pas pu trouver qui était l'interprète. Je fais donc appel à la sagacité de mes lecteurs... Merci d'avance. 


PAS SON GENRE de Lucas Belvaux (FR-2014)

Pas son genre

Comédie romantique de Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne, Loïc Corbery, Sandra Nkake.

Synopsis

Clément (Loïc Corbery), jeune professeur de philosophie parisien, se trouve muté à Arras pour un an. Pour lui, cela s'apparente à un bannissement. Parisien dans l’âme, il y a toutes ses connaissances (dont pas mal d’ex), ses habitudes (il prend son café "Aux Deux Magots"), ses parents, des intellectuels comme lui (sa mère est médecin, son père ambassadeur). 

A Arras, où il a pris une chambre d’hôtel, ses collègues ont beau être attentionnés et sympathiques, il se sent en exil et n’attend que la fin de ses cours pour regagner Paris. 

Jusqu'au jour où il entre par hasard dans un salon de coiffure pour se faire couper les cheveux et tombe sous le charme d’une jolie coiffeuse, Jennifer (Emilie Dequenne). Jennifer respire l'amour de la vie : gaie et enjouée, elle prend plaisir à son quotidien pourtant assez terne et voit toujours le bon côté des choses. 

Le coup de foudre est immédiat entre ces deux personnalités que tout sépare. Mais Jennifer, dont on comprend qu’elle a eu beaucoup de revers amoureux et ne cherche pas une aventure de plus, rechigne à répondre aux avances de Clément. 

Cependant, l'attirance est la plus forte et Clément et Jennifer se lancent dans une liaison passionnée. Et même si Jennifer "n'est pas son genre", on se prend à espérer que, chacun faisant un pas vers l'autre, ils vont pouvoir s'entendre malgré leurs différences : Clément est intrinsèquement un intellectuel, passionné de philosophie et reconnu par ses pairs (il vient même de publier un livre chez un grand éditeur parisien et en prépare un autre), même s'il n’a aucune morgue ni aucune pédanterie. Il n’essaie pas d'impressionner Jennifer, et c’est peut-être là son erreur. La vie de cette jeune fille simple et solaire est rythmée par son fils, un garçonnet de 7-8 ans, qu’elle adore, par son travail au salon de coiffure, par les soirées karaoké avec ses deux copines. Elle n’a pas la moindre culture et, à part celle des magazines «people » qu'elle lit assidûment, sa seule lecture est celle d’Anna Gavalda qu'elle considère comme un grand écrivain. A contrario, Clément, lui, a pour livres de chevet Hegel et Kant et il écrit un second livre de philosophie après en avoir publié un précédent qui a été couronné de succès.

Mais Jennifer est loin d’être idiote. C'est une fille honnête, travailleuse, qui a un joli intérieur et qui aime la vie. Elle ne se laisse pas rebuter par le premier livre que lui offre Clément, Dostoievsky, et le lit jusqu'au bout "même si elle ne comprend pas tout". Après l'amour, Clément lui fait la lecture : Balzac, Zola, etc. et elle se délecte de l'entendre lire. En contrepartie, elle l’entraîne dans une de ses soirées karaoké où il fait bonne figure sans perdre de sa gaucherie. 

Mais tout dérape quand Jennifer, entrée dans une librairie pour acheter son livre favori (Anna Gavalda afin de l’offrir à Clément, tombe sur une pile de livres de son amant, publié chez un grand éditeur parisien. Elle comprend alors que le fossé entre eux ne pourra jamais être comblé et elle préfère le quitter avant que leur histoire d’amour n’aille plus loin. 

Mon opinion 

On aimerait que cette belle histoire entre deux jeunes amants, qui ont cependant été cabossés par la vie, se termine bien mais on sait, dès le début que, malgré la fraîcheur et la sincérité des sentiments, elle n'aboutira pas et on le regrette tant nous aurions souhaité les voir heureux et rebâtir ensemble une nouvelle vie. 

Je ne connaissais pas encore Emilie Dequenne. Elle sait donner à son personnage léger une certaine profondeur et même une certaine dureté. Loïc Corbery est à son aise dans le rôle d'un intellectuel sûr de lui lorsqu'il s'agit de ses convictions mais nettement moins lorsqu'il s'agit d'assumer son amour et ses sentiments.

Le réalisateur filme cette histoire avec tendresse et finesse, n'hésitant pas à nous surprendre avec des scènes énergiques et très drôles comme celle du karaoké où Jennifer entraîne Clément. Ces scènes sont les plus plaisantes et les plus fraîches du film. Un bravo tout particulier à Sandra Nkake qui, en plus d'être une très belle femme, est une chanteuse magnifique. Je suis sûr qu'elle ferait merveille si elle reprenait le tube de Grace Jones "I've seen this face before".

samedi 3 mai 2014

THE QUEEN de Stephen Frears


Film britannique de Stephen Frears, sorti en 2006.

Synopsis

"The Queen" relate les réactions de la reine d'Angleterre et de la famille royale,  alors qu'ils passent l'été à Balmoral en Ecosse, lorsqu'ils apprennent la nouvelle, pendant l'été 1997, l'accident mortel de la princesse Diana à Paris. La réaction de la famille royale qui, dans un premier temps, n'a pas voulu changer quoi que ce soit à ses habitudes en prenant prétexte du protocole, a été mal comprise par le peuple anglais et le monde entier. Devant la pression populaire et celle de Tony Blair, récemment élu 1er ministre "socialiste",  qui en fin politique comprend que si le Palais ne sort pas de sa réserve, la monarchie est en péril, convainc la reine de revenir à Londres et de faire des funérailles nationales à la princesse Diana.

Le film retrace tous ces évènements, vus du côté de la famille royale anglaise, depuis la nouvelle de l'accident, en pleine nuit alors que la reine et le prince dorment dans leur chambre à coucher de Balmoral, jusqu'à l'enterrement avec les honneurs nationaux, de Lady Diana.

Mon opinion sur ce film

Bien que le film ne soit pas totalement exempt d'imperfections, c'est sans doute à ce jour pour moi le plus grand film de Stephen Frears. Il est tellement étonnant de justesse qu'on se demande par moments si le réalisateur n'a pas tourné en  "caméra cachée", planqué derrière quelque guéridon du château de Balmoral, ou dans un coin du bureau royal de Buckingham Palace ou encore dans la cuisine du n°10, Downing Street.
Il faut dire que le film repose sur les épaules d'une extraordinaire actrice anglaise, Helen Mirren, qui incarne une reine Elisabeth plus vraie que nature (ce rôle lui a d’ailleurs valu l'Oscar 2006 de la meilleure actrice) : tout y est, son ton, ses lèvres pincées, son autoritarisme, son humour aussi, et même ses attitudes (Ah, la façon qu'elle a de tenir son sac à main!!!) Les autres acteurs - à part Michael Sheen, qui est assez crédible dans le rôle de Tony Blair, même s'il ne lui ressemble pas vraiment - assument passablement leur rôle (la plus grave erreur de casting étant le prince Charles).

Le film n'en est pas moins d’une réjouissante méchanceté pour la description minutieuse que nous fait Stephen Frears du petit monde clos de la royauté britannique, si complètement coupé de la réalité des "vrais gens" que l'on en reste à  la fois stupéfait et choqué. La terrifiante froideur que montre la reine Elisabeth pour sa belle-fille, la véritable haine que lui voue tout le reste de la famille royale (les pires étant le prince Philip ou la si "charmante" reine-mère) et toute la "clique" (on a du mal à appeler cela une "cour" tant leur déliquescence nous paraît odieuse) de petites mains qui papillonnent en se donnant de grands airs autour de la personne de la reine.

Le film analyse avec finesse la crise politique qui faillit entraîner rien de moins que la chute de la royauté britannique et combien elle doit être reconnaissante à l'intelligence d'un seul homme, Tony Blair qui, ayant pris la mesure de la réaction des Anglais, a su convaincre la reine et ses affidés que, si elle ne montrait pas plus de compassion pour Lady Di, adorée du peuple et du monde entier, son cher peuple demanderait sa tête.

On est là dans un jeu complexe où le pouvoir, les sentiments et la morale sont au service de la politique.

L'un des rares moments où la reine nous est sympathique, c'est  celui où, à Balmoral, après avoir cassé l'arbre de direction de sa Land-Rover en voulant traverser un gué (bien fait, se dit on !), elle se retrouve seule face à un magnifique cerf. La scène est esthétiquement superbe et on est ému par ce fugace instant d'humanité  que montre la souveraine (face à un animal !) alors qu'elle est incapable d'avoir la moindre compassion pour sa belle-fille. 

En voyant ce film, on est partagé entre deux sentiments, le mépris pour l'incroyable côté "petit bourgeois" de ces personnes qui croient diriger le monde alors qu'elle ne sont que vacuité et inutilité et la pitié que l'on ressent devant l'impossibilité dans laquelle elles se trouvent de remettre en question leur mode de vie, leurs habitudes sclérosées et en décalage complet avec la société qu'ils prétendent diriger. On se prend à penser que la situation n'était pas si différente en 1793 pour Louis XVI et Marie-Antoinette et on se dit que la monarchie anglaise est passée ce jour-là à deux doigts de sa perte. On est aussi surpris de se dire qu'un tel film n'ait pas suscité, de la part du pouvoir, une réaction plus violente car la charge est telle qu'on se demande comment le système monarchique anglais a pu y survivre.
L'émotion est aussi évidemment déclenchée tout au long du film par les images d'archives : l'accident, l'incroyable déploiement de sympathie du peuple anglais vis à vis de la "princesse du peuple", et de scènes reconstituées ou tout simplement inventées (quoique...).

Un film absolument remarquable que l'on doit voir (ou même revoir), pour ceux qui le peuvent, en version originale car, même si le doublage est excellent, la langue anglaise donne aux dialogues une irremplaçable touche "So British"!