mardi 29 avril 2014

2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE de Stanley Kubrick (1968)


[1ère version de ce texte publié sur Overblog : 05/11/2010, revu et augmenté le 29/4/2014]

2001 l'Odyssee de l'espace est un film de science-fiction de Stanley Kubrick sorti en 1968. Le scénario a été écrit par Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke à partir d’une nouvelle de Clarke intitulée "La Sentinelle". Parallèlement au tournage, A. C. Clarke rédigea le roman « 2001 : l'Odyssée de l'espace », qui sortira après la sortie du film.

Synopsis

Il est difficile de présenter un tel film car il ne rentre dans aucun cadre. Le qualifier simplement de "film de science-fiction" est réducteur et injuste pour une oeuvre aussi ambitieuse. 
Néanmoins, si l'on veut résumer, le scénario traite de plusieurs rencontres entre humains (ou humanoïdes, dans la toute première séquence) et de mystérieux monolithes noirs à différents moments de l’évolution humaine. 
A chaque fois, la découverte de ces monolithes marque une étape de l'évolution humaine. Les monolithes, de grands parallélépipèdes de couleur noire, ne portent aucune inscription et sont indestructibles. On suppose qu'ils ont été placés (sur Terre, puis sur la Lune, puis en direction de Jupiter), à la fois pour indiquer à la civilisation qui les a implantés une nouvelle étape de l'évolution humaine, mais aussi à entraîner l'humanité plus loin. 
Dans la dernière étape, qui se déroule en 2001, des astronautes entreprennent le voyage vers Jupiter, dans un vaisseau dont le véritable pilote est un super-ordinateur dénommé Hal (ou Karl dans la version française) qui est le seul à connaître le but de la mission et, jugeant les humains inaptes à la mener à terme, entreprend de les tuer un à un avant d'être "débranché" par les survivants. 
Ce film va bien au-delà d'un simple film de science-fiction : en effet 2001, l'Odyssée de l'espace nous interroge sur notre devenir, sur la place de la technologie et de l'intelligence artificielle dans notre évolution, ou encore sur la perspective d'une vie (ou du moins d'une intelligence) extraterrestre.

Le film est resté célèbre par sa précision scientifique, ses effets spéciaux révolutionnaires pour l'époque, ses scènes ambiguës, son usage d'œuvres musicales au lieu d'une narration traditionnelle, et le rôle secondaire qu'occupent les dialogues dans l'intrigue. La bande-son mémorable du film a été conçue par Kubrick comme une association entre le mouvement de rotation des satellites et ceux des mouvements de la valse (« Le beau Danube bleu » de Johann Strauss). II en va de même du poème symphonique de Richard Strauss « Ainsi parlait Zarathoustra », afin d'aborder le concept philosophique nietzschéen du surhomme, mentionné dans le poème philosophique éponyme.

Réception

Lors de sa sortie, le film de Kubrick, trop révolutionnaire pour l'époque,n'a pas été une réussite commerciale. Le grand public, qui s’attendait à voir un film de science-fiction, a été désarçonné et n'a pas compris la portée de la réflexion d'un Kubrick qui voulait entraîner ses spectateurs dans une réflexion sur le devenir et l’évolution de l’humanité.

Mais pour moi, pour qui Arthur C. Clarke est, avec Ray Bradbury, l'un des plus grand auteurs de science-fiction et un humaniste hors pair, 2001 l’Odyssée de l’espace restera "le" chef d'œuvre absolu de Stanley Kubrick et un très grand film. Le grand danger des films en général et les films de science-fiction en particulier, c'est qu'ils vieillissent souvent mal. Pas celui-là. Malgré ses 30 ans d'âge, on peut le voir et le revoir en boucle car il n'a pas pris une ride et son esthétique (à part peut-être pour le passage dans la station orbitale) n'est jamais dépassée. Et bien que 2001 soit depuis longtemps derrière nous, le film est encore en avance sur les événements. Les images sont toujours aussi belles et les questions posées n'ont toujours pas trouvé de réponse (en trouveront-elles d'ailleurs jamais une ?). La partie d'échecs contre Karl, le computeur géant, est toujours aussi mémorable, l'intrusion dans sa mémoire, toujours aussi bouleversante. Et la fin, toujours aussi énigmatique... 


La bande son

J’ai aussi été extrêmement sensible à l'utilisation si particulière de la musique, depuis les 1ères images avec l'ouverture tonitruante d' « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss, en passant par l’envoûtant mouvement du « Beau Danube bleu » accompagnant la valse lente de la station spatiale sur fond de ciel noir, toujours aussi décalé et nostalgique, et les éprouvantes stridulations de Ligetti lors du voyage vers Saturne qui est aussi une quête initiatique, tout dans ce film est grand et magique.

lundi 28 avril 2014

BARRY LYNDON de Stanley Kubrick (GB/USA-1975)

 

Barry Lyndon est un film historique anglo-américain de Stanley Kubrick sorti en 1975 et adapté du roman de William Makepeace Thackeray, Les mémoires de Barry Lyndon.

Synopsis

L’histoire commence au début de la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui fut un conflit croisé de grande ampleur entre la France et l’Angleterre, d’un côté, et l’Autriche et la Prusse de l’autre.

Le héros, Redmond Barry (interprété par Ryan O'Neal), est un jeune irlandais sans le sou qui, lors d'un duel, tue un officier britannique amoureux, comme lui, de sa cousine. Pour fuir la justice, il s'engage dans l'armée anglaise et part sur le continent combattre les Français. Les troupes dans lesquelles il combattait s'étant trouvées décimées, il devient déserteur et, pour éviter la peine de mort, il doit s'engager auprès des Prussiens. On le charge d'espionner un noble joueur dont il devient l'ami. Celui-ci l'initie au jeu et l'introduit dans la haute société où il apprend les bonnes manières et se fait passer pour noble. Après avoir trompé le vieux mari de la comtesse de Lyndon (interprétée par la sublime Marisa Berenson) et précipité sa mort, il l'épouse et a un fils avec elle. Mais son destin le rattrape et il finit par être démasqué. La haute société, qui avait été prompte à en faire un des siens, le rejette et le renvoie dans la boue dont il est sorti. 

Gravement blessé lors d'un duel avec le fils de Lady Lyndon qui le hait, il ne lui reste qu'à partir se réfugier dans la masure de sa vieille mère, en Irlande, qui le recueille et l'accompagne jusqu'à sa fin.

Mon jugement sur ce film

Barry Lyndon est un de mes films culte. Il a été réalisé en 1975 par Stanley Kubrick. Une grande part de son succès (du moins en France, en Italie et en Espagne – car, bizarrement, il été boudé dans les pays anglo-saxons) est due, bien entendu, à la talentueuse mise en scène de Stanley Kubrick, dont c'est pour moi, avec 2001 l'Odyssée de l'espace, l'un des plus beaux films et l’un des plus achevés. Le montage de ce film a duré trois ans et, à le voir ou à le revoir, on comprend que rien n'a été laissé au hasard. Chaque scène, chaque image, est ciselée comme un bijou précieux. En outre, la musique, qui joue un rôle prééminent dans tous les films de Kubrick, est ici l'un des acteurs du film : on ne peut en effet imaginer "Barry Lyndon" sans sa bande originale, qui mêle avec bonheur des airs de musique traditionnelle irlandaise (interprétés par le groupe irlandais "The Chieftains") et de la musique classique, rendant immortelles des œuvres à l'époque oubliées, comme la "Sarabande" de Haendel, le trio opus 100 de Schubert, ou des compositions de Bach et de Vivaldi.

 La beauté esthétique de ce film est due au magnifique travail de John Alcott, le directeur de la photographie, qui le tourna entièrement en lumière naturelle (y compris les scènes d'intérieur qui furent éclairées à la bougie !) grâce à une caméra spécialement modifiée pour être adaptée à un objectif Zeiss fourni par la Nasa. La qualité des décors (les paysages naturels ainsi que le superbe Castle Howard, dans le Yorkshire) joue aussi un grand rôle dans la somptuosité de ce film où, là encore, Kubrick utilisa des techniques créant une profondeur de champ importante qui confère aux paysages une allure de peinture filmée. Ce même directeur de la photo, John Alcott,  a collaboré à trois autres films de Kubrick, Shining, Orange mécanique et 2001l'Odyssée de l'espace. Il est hélas décédé trop tôt, à l'âge de 55 ans après avoir cependant été le directeur de la photo de plus de 20 films entre 1968 et 1987. Une autre des spécificités de ce film (que Kubrick emploiera dans neuf autres de ses réalisations) est l'utilisation de la voix-off qui permet au réalisateur de prendre ses distances d'avec ce que le spectateur voit à l'image, certains des commentaires les contredisant même entièrement.


Ce film est pour moi, avec dans un tout autre genre 2001 l’Odyssée de l’espace, le grand chef d’œuvre de Kubrick et un chef d’œuvre absolu tout court qui mérite de figurer dans toute cinémathèque. 

samedi 26 avril 2014

LEGENDES D'AUTOMNE d'Edward Zwick (USA-1994)


Légendes d’automne

Ce film américain, réalisé en 1994 par Edward Zwick, est une adaptation du livre "Legends of the fall" de Jim Harrison. L'histoire est celle de la famille Ludlow, une famille de pionniers du Montana, composée de trois frères aux personnalités très différentes, pendant la période entre les deux guerres mondiales, des années 1914 aux années 1930.

Synopsis

L’histoire est racontée par la voix d'un vieil indien, One Stab ("Un coup").

Le colonel William Ludlow (Anthony Hopkins), qui a bravement combattu pendant les guerres de colonisation est écœuré par le comportement de son gouvernement envers les Indiens qui sont devenus ses amis. Avec son ami, un indien Cree, rescapé des tueries perpétrées par son peuple, William Ludlow se retire au milieu des terres sauvages du Montana et, avec l'aide de Decker, qui a épousé une indienne Cree, ils y construisent un ranch. De son mariage avec Isabel, William a eu trois fils : Alfred, l'aîné (Aidann Quinn), un garçon réfléchi et mesuré, Tristan (Brad Pitt), un garçon sauvage élevé dans les traditions indiennes, et le plus jeune, Samuel (Henry Thomas), le "petit dernier, que ses deux frères adulent et jurent de protéger. Isabel, leur mère, ne supportant pas la vie au ranch, retourne vivre en ville sans toutefois omettre d’écrire régulièrement à ses fils et à son mari et à s'enquérir de leur santé.

A son retour de l'université, Samuel revient avec sa fiancée, Susannah, qu'il présente à sa famille. Dès le premier regard, ses frères tombent amoureux de la belle jeune femme mais aucun n'avoue son amour.
La guerre de 14 est déclarée en Europe. Samuel, très politisé par sa fréquentation de l'université, veut s'engager et aller lutter au côté des alliés en Europe. Son père, qui a perdu toute foi dans les politiques et la guerre, n'est pas d'accord avec lui mais il ne peut s'opposer à la volonté de son fils cadet. Ses deux frères s'engagent alors car ils ont juré de protéger le plus jeune.

On les voit ensuite sur les champs de bataille, dans les tranchées. Pendant qu'Alfred, blessé aux jambes, est immobilisé à l'infirmerie et que Tristan est venu lui rendre visite, Samuel est monté au front pour accompagner son supérieur. Tous deux sont pris sous les tirs des ennemis, le supérieur de Samuel est tué et lui-même décide de franchir les lignes ennemies pour transmettre le message qu'ils étaient venus porter. Aveuglé par les gaz moutarde, il s'empêtre dans les barbelés et est mitraillé par les ennemis devant les yeux de son frère, Tristan, parti à sa recherche. Rendu fou furieux par la souffrance, ne se pardonnant pas de n'avoir pu protéger son frère, il est pris d'une frénésie de vengeance et se livre à une véritable boucherie sur les Allemands qui lui tombent sous la main, ramenant, comme l’indien qu’il est resté, leurs scalps au campement.
Rapatrié, avec son frère Alfred encore convalescent, il déclare son amour à Susannah et vit avec elle quelques mois de passion. Mais, ne pouvant se résoudre à oublier la mort de Samuel, il quitte le ranch pour un long voyage autour du monde. Pendant toute son absence, il n'enverra qu'une seule lettre à Susannah dans laquelle il lui demande de l'oublier et de refaire sa vie. Lasse d'attendre son retour, pensant, comme tout le monde qu'il est à jamais perdu, peut-être mort, Susannah épouse Alfred, le frère aîné. Celui-ci est entré en politique et a est devenu un notable, ce qui a occasionné une rupture avec son père qui méprise au plus haut point la politique et les politiciens.

Un jour, Tristan réapparaît. Il cherche à revoir Susannah mais celle-ci est désormais mariée à son frère. Il épouse donc la fille de Decker, qu'il avait connue toute petite mais qui est devenue désormais une belle jeune femme, Isabel II. On est en pleine période de la prohibition. Toujours aussi tête brûlée, Tristan se lance dans le commerce interdit de l'alcool. Un jour, lors d'un affrontement avec des mafieux, Isabel II est tuée. Bien que ce soit un accident, Tristan se venge comme il l'a toujours fait : avec une sauvagerie animale.
Lorsque les mafieux se présentent au ranch pour lui régler son compte, ils trouvent à qui parler : toute la famille fait front et c'est le digne Alfred, sorti de sa réserve, qui leur sauve la mise en leur apportant son renfort inattendu à son père et à son frère.

Après cela, Tristan quitte définitivement le ranch et on apprendra qu'il s'est fait tuer en combattant un ours.
Ce film, qui s'inscrit dans la grande tradition des films épiques, est magnifique. On y retrouve les grands espaces du Montana, comme dans le splendide « Et au milieu coule une rivière » (où jouait aussi Brad Pitt), avec la violence de « Retour à Cold Mountain » (avec Jude Law). John Toll, le directeur de la photo, a obtenu 3 nominations aux Academy Awards pour son image, d'une beauté à couper le souffle. Les personnages y sont complexes : la personnalité du colonel, admirablement interprété par Anthony Hopkins, est peu commune : un ancien soldat devenu misanthrope parce qu'il est dégoûté de la guerre et des politiciens, cela ne se voit pas tous les jours ! De ses fils si différents les uns des autres, de l'idéaliste et touchant Samuel, au réfléchi Alfred à l'incontrôlable Tristan, chacun tient de lui son intransigeance qui en font, malgré leurs défauts, des êtres que l’ont ne peut qu’aimer. Tristan lui-même, malgré sa sauvagerie, est loin d'être un homme fruste et sait être émouvant et touchant. Y compris Susannah qui, bien que restant fidèle au souvenir de Samuel, cède à la passion avec Tristan avant d'épouser Alfred qu'elle n'aimera jamais tout-à-fait. Sans doute tous les ingrédients du mélodrame sont-ils contenus dans ce film et certains critiques n'ont pas été tendres avec lui mais, après tout, le cinéma est bien là pour nous faire rêver, pour nous émouvoir, pour nous bouleverser aussi. Et ce film sait susciter en nous ces trois sentiments à la fois. C’est la qualité des grands films épiques. On voit tellement de films insipides, mal bâtis, pédants, sans scénario... Alors, franchement, quand on tient un bon film, on ne boude pas sa joie et on le recommande. C'est ce que je fais sans le moindre complexe.

Avec


  • Brad Pitt : Tristan
  • Anthony Hopkins : Colonel William Ludlow
  • Aidan Quinn : Alfred
  • Henry Thomas (qui fut le craquant petit Elliott d'ET, l'extraterrestre de Stephen Spielberg) : Samuel, le frère cadet.
  • Julia Ormond : Susannah Fincannon Ludlow
Dans le même esprit :
  • Et au milieu coule une rivière
  • Retour à Cold Mountain

vendredi 25 avril 2014

Roman POLANSKI (réalisateur)


Roman Polanski (Réalisateur)

Roman Polanski  est un réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais, également comédien, ainsi que metteur en scène de théâtre et d'opéra. Il a notamment réalisé Répulsion, Cul de sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire, Tess, Le Pianiste, Oliver Twist et plus récemment The Ghost Writer et Carnage. Son dernier film La Venus à la fourrure (avec Emmanuelle Seigner, sa femme dans la vie) est une adaptation du livre sulfureux de Sacher Masoch. Son dernier film, D'après une histoire vraie, avec Emmanuelle Seigner et Eva Green, a été présenté hors compétition au 70e Festival de Cannes 2017, dont il devait être président. Le film a été éreinté par la critique. Il a par ailleurs été écarté de la présidence au profit de Pedro Almodovar, au prétexte de la poursuite judiciaire qui continue à le menacer.

Biographie

Roman Polanski est né à Paris le 18 août 1933 à Paris, d'un père juif polonais, peintre de son état, Ryszard Liebling, et d'une mère d'origine russe, Bula Katz Przedborska. Son père fait changer le nom civil de la famille en « Polański » et le jeune Raymond, pour des raisons de prononciation, se fait rapidement appeler Roman (ou Romek) Polański. Il vit en France jusqu'à l'âge de quatre ans avant que sa famille ne reparte, peu avant la guerre, pour la Pologne. Il passe alors son enfance à Cracovie où sa sœur Annette, née d'une précédente union de sa mère, lui fait découvrir le cinéma.

Après l'invasion de l’ouest de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939, il est contraint de vivre dans le ghetto de Cracovie. Il évite la déportation, contrairement à ses parents et à sa sœur. Sa mère, enceinte, meurt à Auschwitz. Échappé du ghetto, il se réfugie à la campagne chez des fermiers avant de revenir à Cracovie où, devenu vagabond, il détourne la vigilance allemande et survit grâce à l'entraide clandestine d'habitants et d'autres enfants, et grâce au marché noir. Il n’a alors que 10 ans. Il ne revoit son père qu'en 1945, lors du retour de celui-ci du camp de Mauthausen. Sans être totalement autobiographique, le film Le Pianiste, qui est un de ses chefs d’œuvre - sinon son chef d'oeuvre -, est en grande partie inspiré de ce qu’il a lui-même vécu dans le ghetto de Cracovie.

Débuts artistiques

Après la guerre, alors qu’il est adolescent, il découvre sa vocation d'artiste et de comédien dans un camp de scout. Son père l’encourage dans cette vocation. En 1946, il intègre la troupe de la Joyeuse Bande, destinée à enregistrer des spectacles radiophoniques à coloration communiste pour les enfants. Deux ans plus tard, après une audition, il est choisi pour interpréter le rôle principal du Fils du régiment. Son rôle est celui d’un jeune paysan, coqueluche de l'Armée rouge, qui est pris par les Allemands et est fait prisonnier. La pièce devient, au fil des représentations, un triomphe national du théâtre polonais.

Ce succès lui ouvre les portes d'une carrière de comédien. En 1949, il rate son « Certificat de maturité » (l’équivalent polonais du bac français). Il entre cependant à l’École des beaux-arts grâce à ses talents de dessinateur. Il n’y restera qu’un an. En 1953, il rencontre Andrzej Wajda, jeune auteur encore méconnu, qui le dirige dans Génération et devient son ami. Il considère alors Wajda comme «le premier metteur en scène polonais» ayant réussi à réaliser des films qui s'éloignent de la «grande hypocrisie» du cinéma d'état de l'époque.

En 1955, Polański est reçu au concours de l'École nationale de cinéma de Łódź où il réalise huit courts métrages remarqués à l'international. C'est à cette époque que nait son amitié avec Jerzy Skolimowski, lui aussi étudiant à Lodz, ainsi qu'avec le jazzman Krzysztof Komeda qui fera la musique de la plupart de ses films jusqu'à sa mort en 1969. Le jazz est très important en Pologne car il représente pour la jeune génération une sorte de « rupture» avec la tradition communiste qui régit toute la culture polonaise de l’époque ; il leur permet de se sentir plus « modernes » et « éloignés de la culture officielle».

En 1958, il gagne plusieurs récompenses pour Deux hommes et une armoire. À cette période, il épouse l'actrice principale de la majorité de ses films courts : Barbara Kwiatkowska, dont il divorcera en 1961.
En 1968, il épouse Sharon Stone. Roman se trouve en Grande-Bretagne, sur le tournage de Rosemary's Baby, lorsqu’il apprend que son épouse, qui attendait un enfant, a été assassinée dans des circonstances atroces dans leur maison de Los Angeles.

En 1989, il épousera en troisièmes noces Emmanuelle Seigner, rencontrée sur le tournage de Frantic (1988). Ils sont toujours ensemble 25 ans après. Avec elle, il a eu deux enfants, une fille Morgane (née en 1993) et un garçon Elvis (né en 1998). Morgane a joué un petit rôle dans Oliver Twist.  

Carrière

La carrière de Polanski commença alors qu’il était adolescent en Pologne. Le nombre de ses réalisations est impressionnant : il a tourné pour la télévision, a fait des mises en scène de théâtre et d’opéra. 
Nous ne retiendrons ici que ses longs métrages.

Filmographie

·         1962 : Le Couteau dans l'eau (Nóż w wodzie)
·         1965 : Répulsion 
·         1966 : Cul-de-sac
·         1967 : Le Bal des vampires 
·         1968 : Rosemary’s baby
·         1971 : Macbeth (The Tragedy of Macbeth)
·         1972 : Weekend of a Champion, coréalisé avec Frank Simon
·         1972 : Quoi ? (What ?, Che ? Co?)
·         1974 : Chinatown
·         1976 : Le Locataire
·         1979 : Tess
·         1986 : Pirates
·         1988 : Frantic
·         1992 : Lunes de fiel (Bitter Moon)
·         1994 : La Jeune Fille et la Mort (Death and the Maiden)
·         1999 : La Neuvième Porte (The Ninth Gate)
·         2002 : Le pianiste (Palme d'or 2002 au Festival de Cannes)
·         2005 : Oliver Twist
·         2010 : The Ghost Writer
·         2011 : Carnage
·         2013 : La Vénus à la fourrure

     Son dernier film, D'après une histoire vraie, présenté jhors compétition au 70e Festival de Cannes (2017) a été très mal reçu par la critique. 

En ce qui me concerne, ses meilleurs films sont :
Sur Roman Polanski, voir aussi ce post sur mon blog Au-delà des rêves. 

FRANTIC de Roman Polanski (USA-FR 1988)


Frantic est un thriller franco-américain réalisé par RomanPolanski, sorti en 1988, avec Emmanuelle Seigner et Harrison Ford.

Synopsis

À l'occasion d'un congrès international de médecine, un cardiologue  américain, le docteur Walker (Harrison Ford) et sa femme Sondra reviennent à Paris, lieu de leur voyage de noces. A l’hôtel, lorsque Sondra veut ouvrir sa valise, elle se rend compte que ce n’est pas la sienne et qu’elle a dû être échangée lors de la réception des bagages à l’aéroport. Peu après, lorsque Richard sort de la douche, il s’aperçoit que sa femme n’est plus dans la chambre. Il pense qu’elle est descendue à la réception ou qu’elle est sortie faire des courses mais, au bout d'un moment, ne la voyant pas revenir, il s’inquiète et se décide à prévenir la police. Celle-ci prend les choses à la légère et ne fait aucun effort pour lui venir en aide. Aussi, de plus en plus inquiet, va-t-il lui-même mener sa propre enquête : dans un bar, un témoin lui dit qu’il a vu sa femme être poussée de force dans une voiture. Peu après, il trouve son bracelet dans une ruelle. Il contacte alors l’ambassade américaine tout aussi peu efficace que la police française. Son enquête le conduit à un appartement où il découvre un cadavre et fait la connaissance de Michelle (Emmanuelle Seigner), une prostituée qui revient de New York et est la responsable involontaire de l’échange des valises. Elle a accepté de servir de passeur contre une forte somme d’argent,  mais ne sait pas ce qu’elle a transporté. En réalité, ce que recherchent les truands, des tueurs sans scrupules, est une statuette de la statue de la liberté dans laquelle a été enfermée un détonateur électronique destiné aux engins atomiques. Walker et elle sont contraints de collaborer, lui pour sauver sa femme, elle pour récupérer l’argent qui lui est dû.

La fin du film est tragique puisque, lors de l’échange final, Michelle se sacrifiera pour sauver la femme de Walker.

Musique

La musique joue un grand rôle pour camper l'atmosphère du film : tout au long revient, comme un leitmotiv, la voix envoûtante de Grace Jones interprétant la chanson "I've Seen That Face Before (Libertango)" dont les paroles, lancinantes, font planer une menace indistincte. 

Mon opinion sur ce film

J’ai vu ce film que je ne connaissais pas lors d’une rediffusion à la télévision. Le scénario est assez banal et rappelle un autre film que j'aime beaucoup, Diva, de Jean-Jacques Beinex. Dès les premières images, on reconnaît la patte de Polanski. C’est un peu aussi ce que l’on ressent dès le début de The Ghost writer, cette impression de malaise non défini qui plane sur les personnages, impression qui ne cesse de s'alourdir au fur et à mesure que le film se déroule.


Emmanuelle Seigner, dont c’était le quatrième film, n’avait cependant que 19 ans et peu d’expérience du cinéma lorsqu'elle a interprété le rôle de Michelle. Elle le fait avec une fraîcheur et une authenticité dignes d'une actrice confirmée et crève littéralement l’écran dans le rôle de cette jeune prostituée têtue qui sait à la fois être fragile et forte. En réalité, même si la star du film est Harrison Ford, on ne voit qu’elle et l’on comprend dès le début que la victime, ce n’est pas l’épouse, mais que ce sera elle. 

Le film n'est pas un chef d'oeuvre. Il vaut cependant d'être vu pour son ambiance et la remarquable prestation d'Emmanuelle Seigner.  

jeudi 24 avril 2014

THOMAS BRODIE-SANGSTER


Thomas Sangster (Thomas Brodie Sangster) est un jeune acteur britannique né le 16 mai 1990 à Londres. Ses parents sont dans le métier : sa mère est danseuse et actrice, son père musicien et acteur. Il a une sœur, Ava. Il est un cousin éloigné de Hugh Grant.

Il a commencé à tourner en 2001 (il avait alors 11 ans) dans des téléfilms pour la BBC, The adventures of station Jim, Bobbie's girl, The miracle of the Cards. Il a obtenu le prix du Meilleur acteur pour son rôle dans la mini-série Entrusted (2003) et fait plusieurs apparitions dans des épisodes de Dr. Who au côté de David Tennant.

Il a obtenu son premier rôle majeur dans le film Love actually, où il joue le rôle du beau-fils de Liam Neeson. Dans ce rôle, où il joue aussi de la batterie, il est stupéfiant de maturité.

Son deuxième grand succès a été dans le film fantastique Nanny McPhee (2005) où il joue l'aîné d'une fratrie de sept enfants élevés seuls par leur père, complètement débordé après la mort de sa femme, qui fait appel à une gouvernante qui, malgré ses allures de sorcière, s’avérera être une bénédiction pour la famille, y rétablira l'harmonie et se fera aimer des enfants.  Dans la suite des aventures de Nanny McPhee et le big bang (2010), le rôle de Norman est joué par Asa Butterfield. Malheureusement, ce deuxième opus, malgré une pléiade d'acteurs prestigieux, n'a pas le charme du premier et abuse trop des effets spéciaux. 

Il a aussi joué dans The Fence, un film sur l'holocauste. En 2010, il interprétait le rôle de Paul McCartney jeune dans le film Nowhere boy.

Sa filmographie est impressionnant : entre films, téléfilms et séries, il a tenu à ce jour 24 rôles dont certains de premier plan. Voir sa filmographie complète sur Wikipedia :art. Thomas Sangster.

Il a un rôle secondaire mais malgré tout important dans le film de science-fiction Le labyrinthe sorti à l'automne 2014, rôle repris dans le 2ème (Le labyrinthe-2: La terre brûlée) et 3ème volets de la trilogie.

Autres rôles : 

THE MAZE RUNNER (Film de SF américain - 2014)


Le Labyrinthe (The Maze Runner) est un film de science-fiction américain de Wes Ball dont la sortie est prévue en 2014.

Il s’agit d’une adaptation de l’oeuvre de science-fiction de James Dashner formée de quatre livres “The Maze Runner” (paru en français sous le titre Le labyrinthe T. 1 : l’épreuve), “The scorch trial” (La terre brûlée), “The death cure” (Le remède mortel), et "The kill order".

Casting

Le casting est assuré par Dylan O'Brien (Thomas), Thomas Brodie-Sangster (Newt), Kaya Scodelario (Teresa), Will Poulter (Gally), Aml Ameen (Alby), et Blake Cooper (Chuck). Deux de ces acteurs nous sont connus : Thomas Sangster était le petit Sam de Love Actually et le petit Simon de Nanny McPhee. Quant à Kaya Scodelario, elle jouait le rôle d'Effy, la petite peste, la soeur cadette de Tony (Nicholas Hoult) dans les premiers épisodes de la série anglaise Skins. 

Synopsis

Quand Thomas (Dylan O'Brien), un adolescent de 16 ans, se réveille, il se trouve dans un ascenseur métallique qui monte et débouche dans The Glade, une enceinte entourée de hauts murs de pierre où vivent une 20e d’adolescents selon une organisation para-militaire qui permet leur survie. Dans la journée, quatre portes restent ouvertes dans les parois de pierre verticales qui entourent the Glade. Elles donnent accès à une autre partie de ce monde mystérieux, le Maze (le labyrinthe), seul accès au monde extérieur, qui cache de terribles monstres. A la tombée de la nuit, les portes du labyrinthe se referment. Gare aux Coureurs qui y sont restés enfermés.
A part son nom, Thomas ne se souvient de rien de son existence passé. Pas plus que ses compagnons d’infortune, il ne connaît rien  de ce pourquoi il se retrouve dans cette situation ni comment en sortir.

Tournage

Le film a été tourné à Bâton Rouge en Louisiane de mai à juillet 2013. Il devait sortir en février 2014 mais sa sortie en salles a été repoussée à l’automne 2014. On sait que la Fox a acquis les droits d’adaptation pour le 2ème volume de la saga qui en compte quatre.



mercredi 16 avril 2014

LE FACTEUR/IL POSTINO de Michael Radford (1994)


Le facteur (Il Postino) de Michael Radford (1994)

Le Facteur (titre original : Il postino) est un film franco-belgo-italien réalisé par Michael Radford et adapté du roman Une ardente patience d'Antonio Skarmeta, sorti en 1994.

Synopsis

L'action se déroule dans les années 50. Le film raconte la rencontre improbable entre un simple facteur et le grand poète et homme politique chilien, Pablo Neruda (Philippe Noiret), exilé du temps de la dictature de Pinochet sur une île isolée au large du Chili, l'Ile Noire.

Le film a été transposé sur une petite île italienne, la Isola Salina, qui fait partie des îles Eoliennes, au nord de la Sicile. Mario (Massimo Troisi) incarne un îlien, presque illettré, qui travaille sur le bateau de pêche  familial. Mario rêve d'un autre sort. Aussi, lorsqu'on recrute un facteur, Mario n'hésite pas. Son seul client sera un étranger, exilé dans une maison isolée, Pablo Neruda à l’autre bout de l’île. Chaque jour, Mario fait le long chemin à vélo qui le conduit à la maison de Neruda. Au fil du temps, les deux hommes, dont seul le hasard a permis la rencontre, développent une certaine amitié. Mario est fasciné par le grand homme. A son contact, il découvre le pouvoir des mots et commence à écrire. Il en profite pour charmer une séduisante jeune femme, Béatrice, dont il est éperdument amoureux.

Mais un jour, l'exil de Neruda se termine et il rejoint le continent où l'attendent des responsabilités politiques importantes. Mario aura beau lui écrire des lettres et lui envoyer ses poèmes,  Neruda, soit que cette amitié avec le facteur ait été pour lui plus un amusement qu'une amitié profonde, soit parce qu'il est pris par ses obligations ou que les lettres d'un lointain facteur ne lui soient pas transmises, ne répondra jamais.

Mon opinion sur ce film

Ce film est magnifique à tout point de vue. Paysages grandioses, acteurs (Philippe Noiret incarne un Pablo Neruda plus vrai que nature), l’acteur qui joue le rôle du facteur, Massimo Troisi, merveilleux de justesse. Il aurait sans doute fait un grand acteur mais, victime d’une crise cardiaque, il n’a jamais vu le film dans lequel il a tourné.  

J’avais lu avec passion le livre de Skarmeta, Une ardente patience. Je vous en recommande chaudement la lecture que ce soit avant ou après avoir vu le film.

L'idée de le transposer sur une île de la Méditerranée l’action censée se dérouler sur une île isolée au large du Chili ne nuit pas à l’action, bien au contraire. 

Ce film fait partie de mes films préférés que je ne me lasse pas de voir et de revoir.   

Dans le même esprit, je vous recommande :

dimanche 13 avril 2014

THE LOST ROOM (série fantastique US -2006)



The lost room

 Série TV créée en 2006 par Christopher Leone et Laura Karkcom, arrêtée après 6 épisodes seulement, diffusée en France sur M6 en 2007.

Synopsis

Le pitch : Juste avant de mourir, un jeune malfrat latino confie à l'inspecteur Joe Miller (Peter Krause), une étrange clé portant le n°10 et un porte-clé illustré d'un soleil. Il s'avère que c'est la clé d'un motel abandonné, le Sunshine Motel, situé sur la route 66.  Joe Miller ignore que cette clé va l'entraîner dans une aventure invraisemblable. En effet, où qu'on se trouve et quelle que soit la porte que l'on tente d'ouvrir avec la clé, on est instantanément transporté dans la chambre n°10 du Sunshine Motel telle qu'elle était avant que celui-ci ne soit fermé.
La vie de Joe Miller va basculer quand sa fillette, Anna (Elle Fanning), voyant la clé sur la table la prend pour jouer et se retrouve propulsée dans la chambre du motel où elle reste piégée. Son père fera tout pour la retrouver.
On comprend peu à peu que le motel a été marqué par un évènement terrible et que, depuis, il est en quelque sorte « hanté » et il existe dans une dimension parallèle. Depuis ce jour, chaque objet que contient la chambre n°10, même le plus anodin (peigne, réveil, stylo, ticket de bus...) est doté d'un pouvoir extraordinaire mais les choses se compliquent car le pouvoir varie en fonction des autres objets avec lesquels il est mis en contact (par exemple la conjonction "stylo+réveil" n'a pas le même pouvoir que "stylo+ticket de bus" et cela, quasi à l'infini).
Toute une cohorte de personnages, plus mystérieux les uns que les autres, excentriques, loufoques ou dangereux essaient de s'emparer de la clé et des objets, chacun dans un but (honnête ou malhonnête qui lui est propre). Deux factions rivales recherchent à les rassembler tous, l'une pour en tirer profit, l'autre pour empêcher justement qu'on ne les utilise et les détruire...
Entre les deux, Joe Miller doit manœuvrer, du moins tant que sa fille reste piégée dans le motel.

Mon opinion

J'ai trouvé cette série, vue en partie lors de sa diffusion française, extraordinaire. Comme je n'avais pu voir que quelques épisodes lors de sa diffusion sur M6, et qu'elle m'avait bien accroché, j'ai acheté le DVD et je n'ai pas été déçu.
J'ai du mal à comprendre pourquoi une série si prometteuse, qui aurait pu donner lieu, grâce à la multiplicité des pistes possibles, à des centaines de rebondissements, n'a pas eu de suite. Le peu que j'en ai vu (les 6 épisodes édités) m'ont convaincu de ses potentialités.
 Je ne suis pas le seul à regretter qu'une série si novatrice ait été abandonnée aussi vite. Voici ce qu'en dit un fan, GRLC sur le site GTFKrou  qui, comme moi, en regrette la disparition :
"Ces six épisodes auraient pu servir de tremplin à la série, et son audience a été bonne. Pourtant Syfy n'a pas décidé de renouveler The Lost Room, laissant l'histoire comme elle était. L'univers proposé, pourtant, est si vaste qu'il est facile d'imaginer quels auraient pu être  les ficelles d'hypothétiques futures saisons. Un peu comme dans Lost, une grosse part du mystère est laissée dans l'ombre, pour le bien du téléspectateur qui a déjà énormément à faire : chaque épisode contient son lot de nouvelles règles et découvertes en tous genres. Au final, énormément de choses sont suggérées, mais la série sait rester en surface et n'employer réellement que ce qui sert son intrigue. C'est ce qui en fait une oeuvre intéressante, originale, dotée par moment d'une mise en scène astucieuse. The Lost Room ne mérite pas le relatif anonymat dans lequel elle semble surnager quatre ans après sa diffusion, étant l'une des mini-séries surnaturelles les plus rafraîchissantes de ces dernières années."
 Il est curieux de constater que, lorsque les scénaristes américains tiennent une bonne idée, ils ne l'exploitent pas aussi bien qu'ils le pourraient et par contre qu’ils maintiennent en "survie artificielle" des séries qui ont fait leur temps (je pense à Lost ou à Smallville qui, quelles que soient leurs qualités du début, commencent sérieusement à tourner en rond).  

Dans le même esprit, je vous recommande :






PARANOID PARK de Gus Van Sant (FR-USA 2007)



Paranoid Park est un film dramatique franco-américain écrit et réalisé par Gus Van Sant en 2007. Le film est tiré d'un roman du même nom (Paranoid Park) écrit par Blake Nelson et qui se déroule à Portland en Oregon.

Synopsis

L'histoire se passe à Portland en Oregon. Alex (Gabe Nevins) est un lycéen normal, passionné de skateboard. Il est entraîné par son copain Jared à Paranoïd Park, "le" lieu de rendez-vous des skateboarders de la ville, situé en bordure de voies de chemin de fer. Pour se prouver à lui-même qu'il est capable de faire des choses illégales, il monte sur un train en marche. A priori, cet acte aurait pu n'avoir aucune conséquence si le hasard ne s'en était mêlé. Un gardien le voit et veut le faire descendre. En se défendant, il repousse le gardien qui tombe sur les voies au moment du passage d'un autre train qui manœuvre. Le gardien, dont le bas du corps est sectionné par les roues, meurt sous les yeux d'Alex. La première réaction de l'ado est d'appeler les secours mais, se sachant le seul coupable de ce qui s'est passé, il s'enfuit en laissant le pauvre type se vider de son sang. Sa deuxième réaction est de se réfugier chez son copain Jared, qui n'est pas chez lui, et il tente d'appeler son père au téléphone pour lui demander conseil mais il y renonce et raccroche. Il s’empresse alors d’effacer toute trace de l'accident, en se débarrassant de ses vêtements tachés de sang et de son skate. Malgré la culpabilité qu’il ressent, muré dans sa solitude, se trouvant dans l'impossibilité de se confier à qui que ce soit, il reprend sa vie comme si de rien n'était, confiant les faits à un cahier, qu'il brûlera à la fin du film.

Mon opinion sur ce film

Ce film met mal à l'aise le spectateur qui regarde, au début sans comprendre, se dérouler la vie insipide et répétitive d'un adolescent ordinaire, mal dans sa peau malgré ses allures affranchies, en se demandant ce qui va se passer et en assistant, passif, aux "exploits" des skaters jusqu'au moment de l'accident auquel on ne s’attend pas. On revoit alors défiler les mêmes images qu'on a déjà vues une première fois, à la lumière de cet évènement, et on partage alors la culpabilité non dite d'Alex qui ne trouve personne à qui se confier et opte pour la solution la plus lâche mais aussi la plus simple pour lui : se taire.

Sans doute le réalisateur a-t-il réussi son pari et transcrit, par ces images par ailleurs travaillées, le malaise d'une adolescence sans repères : Alex est un ado ordinaire, qui vit dans une belle maison et semble ne manquer de rien, même pas de l’amour de sa mère qui cependant est absente (on entend sa voix et on l'aperçoit de loin, dans la pénombre) et un petit frère pour lequel il est plein d’attention. Il a une copine, et un copain, Jared, qui ne sont pas pires que d'autres. Par contre, ses parents sont en plein divorce et trop préoccupés par leurs propres problèmes pour se rendre compte du malaise de leurs enfants. Le père, adolescent lui-même mal grandi, aux bras couverts de tatouages, joue au "copain" (mais n'a ni la stature, ni le statut, d'un père) et il ne représente pas le côté solide que l’on est en droit d’attendre d’un père. Alex, qui a, un instant, l'intention de se confier à lui, y renonce. Je remarque que, comme dans How to be ou dans Generation RX, tous ces gens vivent dans un monde virtuel : ils ne semblent pas avoir de problèmes d'argent, on ne les voit pas aller au travail, on ne les voit pas manger, on ne les voit jamais échanger de paroles face à face... Alex, lorsqu'il s'est débarrassé de son premier skate maculé de sang, en rachète un sans que sa mère ne s'en émeuve ni que ne se pose la question de son coût. Les adultes sont des silhouettes fantomatiques (que ce soient les parents, les parents des copains - la mère de Jared est partie à Las Vegas -, les professeurs et même l'inspecteur de police !...) Les ados sont livrés à eux-mêmes au moment où ils auraient le plus besoin de présence et de soutien. C'est le constat consternant d'une société à la dérive que l’on retrouve dans plusieurs films de Gus Van Sant.

Mais qu'est-ce qu'un tel film nous apporte ? Personnellement, tout en reconnaissant le talent du réalisateur et la qualité de l'image, je me suis ennuyé ferme (les scènes de skate sont interminables) et j'avais hâte que ce film se termine.

Sans doute est-ce un tour de force d'avoir fait jouer des acteurs non professionnels (Gabe Nevins, dont c'était le 1er film, est excellent dans le rôle de cet ado au regard vide qui traîne maladroitement sa carcasse tout au long du film). Sa carrière est désormais lancée puisqu'il a tourné dans 4 autres films. Je n'en dirai pas autant des autres acteurs : les filles sont des nunuches intégrales et les adultes, totalement inexistants. Hormis la critique d'une société désintégrée où les ados errent sans but, je ne vois pas l'intérêt d'un tel film et je ne partage pas l'avis des nombreuses critiques élogieuses que j'en ai lues.  

NAKED de Mike Leigh (2003)


Naked de Mike Leigh (2003)

J'avais été enchanté par Behappy (2008) du même Mike Leigh (voir ma critique du 22/08/2009 dans ce blog). J'avais donc décidé de voir Naked, sur la foi de critiques positives que j'avais lues. Bien mal m'en a pris.
Le film commence par une scène de viol dans une impasse de Manchester. Johnny (David Thewlis qui est par ailleurs un bon acteur - je viens de le voir incarnant le mari de Aung San Suu Yi  dans The Lady), qui en est l'auteur, vole une voiture et s'enfuit à Londres où réside et travaille son ex-copine.

Ce n'est pas un petit truand, un malfrat de bas étage, ou un camé, mais un intellectuel, cultivé, ce qui ne l'empêche pas d'être aussi un obsédé sexuel. Les scènes de violence alternent avec des rencontres entre personnages aussi désespérés et déjantés les uns que les autres mais là où, dans Be happy, les dialogues étaient d’un humour décapant et les scènes plus cocasses les unes que les autres et les personnages attachants (même le chauffeur de taxi !), on n'a ici, jusqu'à la dernière minute, qu'un monologue verbeux, dans un univers scabreux, une succession de scènes vulgaires et violentes et une désespérance des corps et des âmes sans le moindre intérêt.

 Je suis très déçu par ce film dont je ne comprends pas qu'il ait pu obtenir la moindre récompense.  Pourtant, présenté en sélection officielle au festival de Cannes, il a  été couronné par :

- Le prix du meilleur réalisateur pour Mike Leigh (!!!???), celui du meilleur acteur pour David Thewlis, mais, bien que nominé pour la Palme d’or, il en a tout de même été écarté.


Vous aurez compris que je vous déconseille de voir ce film. Par contre, régalez-vous avec Be happy, qui est une petite merveille anti-morosité.

DIVERGENTE film SF de Neil Burger (USA- 2014)


Divergente (Divergent) est un film de science-fiction américain de Neil Burger sorti en 2014. C'est l'adaptation cinématographique de la saga littéraire en 3 volumes (Divergent, Insurgent et Allegiant) de Veronica Roth débutée en 2011 avec Divergent.

Synopsis

L’action se passe dans un Chicago post-apocalyptique. Suite à un cataclysme dont on ne nous dit rien, les survivants se sont enfermés dans ce qui reste de la ville. Celle-ci est séparée du reste du monde par une barrière électrifiée gardée par des troupes d'élite, les Audacieux. A l’intérieur de la clôture, s’est instaurée une société dystopique, scindée en 5 factions : les Sincères (Candor), les Érudits (The Erudite), les Fraternels (Amity), les Audacieux (Dauntless) et les Altruistes (Abnegation).

Lorsqu'ils atteignent 16 ans, tous les jeunes gens et les jeunes filles doivent passer un test qui doit déterminer s’ils font partie de l’une ou l’autre des factions. Mais quel que soit le résultat du test, ils peuvent choisir leur faction. Par contre, s'ils se trompent, ils ne pourront pas revenir en arrière dans leur faction d’origine et feront partie des "sans faction", des sortes de parias ou de SDF. On se rend compte alors que la société apparemment idyllique dans laquelle ces gens vivent n’est qu’une illusion.

Mais il y a peut-être plus grave que d’être « sans faction ». Ce sont les « divergents ». Ce sont les jeunes gens qui, au cours des tests, ont présenté les aptitudes de plusieurs factions. Béatrice est de ceux-là. Au moment du choix, elle rejoindra les Audacieux, formés de jeunes gens combatifs et surentraînés à la compétition, formation dont toute son éducation familiale l’a écartée. Elle choisira alors de raccourcir son nom et deviendra Tris au lieu de Béatrice. Quant à son frère Caleb, il choisit les Erudits. Ce choix va s’avérer d’autant plus dangereux pour leur famille que l’ordre établi est en voie d’être bouleversé par les Erudits. En effet, ceux-ci conduits par l'ambitieuse Jeannine Matthews (Kate Winslet), s’apprêtent à s'emparer du pouvoir en éliminant physiquement les Altruistes dont font partie les parents de Béatrice. S'appuyant sur les Audacieux dont ils ont pris illégalement le contrôle, les Erudits se livrent à l'assassinat des factions qui leur résistent mais Béatrice/Tris et Tobias/N°4, deux Audacieux qui ont découvert le complot, les en empêchent.     

Casting

  • Shailene Woodley : Béatrice Prior / Tris
  • Theo James : Tobias Eaton / Four (Quatre en V. F.)
  • Jai Courtney : Eric
  • Kate Winslet : Jeannine Matthews

Ma critique

Dans le cas de Hunger Games, auquel font référence les rares échos que j’ai eu de ce film, je connaissais la saga littéraire que j’avais dévorée  bien avant la sortie de l’adaptation cinématographique et je m’étais dit, en le lisant, que cela ferait certainement un super film. Je ne m’étais pas trompé même si je préfère de loin les livres aux films.

Ce n’est pas le cas pour Divergent et ses suites, dont je ne connaissais pas l’existence, et dont je n’ai entendu parler que lors d’une rapide présentation dans une émission de télévision consacrée aux sorties cinéma.

Comme je suis passionné de science-fiction et sans autre a priori, puisque je ne connaissais ni les livres, ni le réalisateur, ni les acteurs, j’y suis allé.

Eh bien, je dois dire que, même si ce film n’est pas à la hauteur d’autres films de science-fiction que j’ai aimés comme Bienvenue à Gattaca, Time out, The island, ou même The host, je n’ai pas été déçu.

Bien que le scénario ne soit pas très original : société dystopique née sur les cendres d’un monde post-apocalyptique, acteurs peu charismatiques…), l’ensemble se laisse voir, d’autant que, pour une fois, les effets spéciaux sont limités et la musique supportable…

Comme je l’ai dit, je n’avais  pas lu les livres et je ne peux donc juger si le film leur est fidèle. Sa faiblesse semble tenir à l’histoire elle-même, assez peu crédible. Une suite, adaptée du 2ème volet de la saga littéraire, Insurgent, est prévue pour mars 2015. Un 3ème volet est à l’étude, mais peut-être que, comme dans d’autres adaptations abandonnées en cours de route (Eragon, A la croisée des mondes-1 : la Boussole d’or qui, pourtant selon moi n’avaient pas démérité), ne verra-t-il jamais le jour. 

Il est vrai qu'outre la faiblesse de l'histoire (comment une société basée sur des critères aussi peu crédibles pourrait être viable ?), on a du mal à s’identifier à des acteurs choisis aussi peu charismatiques. A part, peut-être Theo Jamesqui joue le rôle de Tobias/Quatre, aucun des personnages, même pas l'héroïne, Shailene Woodley, ne se démarque. Personnellement, j’ai été incapable de faire la différence, parmi les «  Audacieux », entre les seconds rôles qui entourent les acteurs principaux. 

Mais cela ne signifie pas grand-chose car beaucoup de jeunes comédiens, avant de devenir des icônes planétaires, n’étaient pas connus non plus.

Sans doute ce film ne me laissera pas un grand souvenir mais, malgré ses 139 minutes, il ne m’a pas paru trop long et c’est déjà un bon point. Je pense en tout cas que j’irai au moins voir le  2nd volet, Insurgent, quand il sortira, pour ne pas rester sur une fin en queue de poisson.

En conclusion, un film dont vous pouvez vous passer si vous n’êtes pas fan, comme je le suis, de science-fiction.

RENCONTRES A ELIZABETHTOWN de Cameron Crowe (2005)


Rencontres à Elizabethtown de Cameron Crowe (2005)

Avec

  • ·         Orlando Bloom as Drew Baylor
  • ·         Kirsten Dunst as Claire Colburn
  • ·         Susan Sarandon as Hollie Baylor
  • ·         Alec Baldwin as Phil DeVoss

 Synopsis

Drew Baylor (Orlando Bloom) est designer de chaussures de sport. Il vient de lancer une chaussure révolutionnaire, mais elle s'avère être un fiasco commercial. Sa vie professionnelle vient donc de s'arrêter brutalement. En pleine dépression, il est prêt à se suicider lorsqu’un coup de fil de sa sœur lui apprend que leur père est mort dans un autre état et qu'il doit au plus vite se rendre à Elizabethtown, dans Kentucky, pour s'occuper des obsèques. Drew abandonne donc provisoirement son idée suicidaire et prend l’avion pour le Kentucky. Au cours du voyage, il rencontre Claire, une hôtesse de l'air, elle aussi en pleine reconversion professionnelle et amoureuse, qui, par sa gaieté et son optimisme, lui redonne goût à la vie.

Ma critique

L’accroche du film est un peu celle d'un des films précédents de Cameron Crowe, Jerry Maguire (1996). Dans les deux cas, nous sommes dans le monde du sport et de la compétition acharnée. Jerry Maguire (Tom Cruise) est un agent de sportifs de haut niveau qui, après avoir atteint le faîte de la gloire, est brusquement tombé au plus bas… Il se relève avec brio, grâce à son énergie mais aussi grâce à l’amitié et à l’amour. Dans le cas de Rencontres à Elizabethtown, Drew, rencontre lui aussi un échec cuisant et se retrouve, du jour au lendemain, professionnellement grillé.

J’avais beaucoup aimé Jerry Maguire (et un peu moins Vanillia sky, autre film du réalisateur toujours avec Tom Cruise). J’aime aussi beaucoup Orlando Blum que j’avais découvert, comme tout le monde, dans le rôle de l’elfe Legolas dans le Seigneur des anneaux. Kirsten Dunst est elle aussi très connue, surtout depuis Virgin Suicides de Sofia Coppola (1999), que beaucoup considèrent comme « film-culte » (ce n’est pas mon cas !) mais vous l’aurez forcément vue dans d’autres films car, malgré son jeune âge, elle a une filmographie impressionnante (44 films en 32 ans d’existence !)

Mais - et je l’ai souvent constaté - la qualité des acteurs ne fait pas le poids lorsque le film est mauvais. Je ne dirais pas que celui-ci soit entièrement raté. Il y a des idées sympathiques, qui auraient pu, si elles avaient été correctement exploitées, donner lieu à des moments intéressants mais, alors qu’il tenait quelques pépites, le réalisateur n’a pas su en tirer profit : l’équipement de gym transformé en machine à se suicider aurait pu être un épisode d’humour noir réussi, le mariage de Chuck et Cindy aurait pu donner lieu à des scènes drolatiques, les personnages de la famille de Drew à Elizabethtown auraient pu être hauts en couleur , le numéro de claquettes de Susan Sarandon aurait pu être un moment de bravoure… mais Cameron Crowe n’a pas su saisir une seule des perches qu’il s’était lui-même lancé… Idem pour les moments de grâce que lui offraient sur un plateau ses magnifiques acteurs.

Au sujet de ce film, je reprendrai volontiers à mon compte la critique de Julien Barcilon dans Télé 7 jours : «Faute de tempo et d'humour, la comédie, entre romance guimauve et satire sociale timorée, ne tient pas la distance malgré de bons moments. »

En résumé, un scénario mal maîtrisé, à la réalisation brouillonne que ne sauvent pas la riche BO, les belles images, ni même la charmante complicité des deux acteurs principaux. On en retiendra cependant la fraîcheur et la joie de vivre qu'a su communiquer la charmante Kirsten Dunst à un personnage insuffisamment travaillé pour être intéressant.