samedi 30 novembre 2013

QUAI D'ORSAY de Bertrand Tavernier (FR-2013)


 Quai d'Orsay est un film français réalisé par Bertrand Tavernier. Le film est sorti en novembre 2013. Il avait été présenté en compétition pour la Coquille d'Or lors du Festival international du film de Saint-Sébastien 2013. 

Synopsis

Adapté de la BD éponyme de Christophe Blain et Abel Lanzac (pseudonyme du diplomate Antonin Baudry), dont les deux premiers albums sont parus en 2010 et 2011 chez Dargaud, le film s'inspire de l'expérience d’Antonin Baudry au ministère français des Affaires étrangères entre 2002 et 2004. Elle traite de l'immersion dans l'entourage du ministre Taillard de Vorms (personnage déroutant, clairement inspiré de Dominique de Villepin) d'Arthur Vlaminck, un jeune homme chargé d'écrire les discours du ministre, en particulier celui, historique, qu'il prononça devant la tribune de l'ONU, contre l'intervention française en Irak au côté des Aaméricains et de la Grande Bretagne. Le film suit d’assez près les deux volumes en les refondant en un seul, depuis l’arrivée d’Arthur Vlaminck (incarné par Raphaël Personnaz), jeune diplômé de l'ENA, jusqu’à la lecture du fameux discours à la tribune de l’ONU par le ministre (Thierry Lhermite).

Mon opinion sur ce film

J'ai vu le film hier. Je me suis régalé : dialogues incisifs, critique réjouissante du "grenouillage" de l'entourage d'un ministre, agitation propre à la diplomatie française, etc. 

Le choix des acteurs est assez déroutant : Thierry Lhermite pour incarner de Villepin, dans un rôle où on aurait plutôt attendu un Pierre Arditi, ou Niels Arestrup, en conseiller-ami occulte, vieux matou-matois,  que l'on croit toujours endormi, alors qu'il se révèle d'une formidable efficacité grâce à ses réseaux secrets. Mais, ce casting surprenant et quelque peu à contre-emploi, fonctionne néamoins et bravo à tous pour la performance. J'ai aussi retrouvé avec plaisir, dans le rôle de la "plume", l'acteur Raphaël Personnaz, que j'avais découvert et apprécié dans La stratégie de la poussette.

Mon classement 4/5 : Un film réjouissant et décapant que je vous conseille de courir voir.

A voir dans le même esprit :



mardi 26 novembre 2013

NEVERLAND de Marc Forster (2004)


Neverland (Titre original anglais : Finding Neverland) est un film américain réalisé par Marc Forster, sorti en 2004. Le film s’inspire librement de la vie de l’écrivain écossais J. M. Barrie, et de l’œuvre qui a fait sa renommée, Peter Pan. Le scénario, écrit par David Magee est base sur la pièce The Man Who Was Peter (L’homme qui était Peter Pan) d’Allan Knee.

Synopsis

L’histoire est centrée sur la vie de J. M. Barrie,  de sa relation avec  Sylvia Llewelyn Davies, et de son amitié avec ses enfants, qui lui inspira l’écriture de la pièce Peter Pan, or The Boy Who Never Grew Up (Peter Pan, le garçon qui ne voulut jamais grandir).

Le film commence à Londres au début du XXe siècle. Le dramaturge à succès J. M. Barrie (Johnny Depp), est en manque d'inspiration après l’échec de sa dernière pièce, Little Mary, qui a été huée par le public. Par ailleurs, son mariage, avec la comédienne Mary Ansell, bat de l’aile. C’est au cours d’une de ses promenades avec son chien Porthos à Kensington Gardens, qu’il fait la connaissance des quatre jeunes garçons de Sylvia Llewelyn Davies (Kate Winslett), une jeune veuve sans ressources. Lui qui n’a pas d’enfants, et dont la femme, privilégiant sa carrière théâtrale, n’en veut pas, se trouve une affinité particulière avec les garçons, en particulier par Peter (Freddie Highmore), le benjamin de la fratrie, qui lui inspirera le personnage de Peter Pan. Une complicité immédiate naît entre l’écrivain et la famille Llewelyn Davies, malgré l’opposition de leur grand-mère, Emma Du Maurier (Julie Christie), qui ne trouve  cette relation entre sa fille et l’écrivain, pourtant toute platonique, peu convenable et néfaste pour les enfants.

Une fois écrite, Barrie doit aussi convaincre son producteur Charles Frohman (Dustin Hoffman), de monter la pièce. En effet, ce dernier, après l’échec de la précédente pièce, n’est pas très enthousiaste pour monter un spectacle qui lui paraît plutôt destiné à des enfants qu’à son public habituel. Pour promotionner sa pièce, Barrie a l’idée d’inviter à la première les enfants d’un orphelinat voisin. Les adultes présents, d’abord réservés, sont entraînés par l’enthousiasme des enfants et la pièce obtient un énorme succès.
Sylvia étant trop malade pour assister à la Première, Barrie organise une représentation privée à son domicile. Elle meurt peu après, après avoir chargé par testament J.M. Barrie  et sa mère de veiller sur ses enfants.  

Distribution
·         Johnny Depp  : J. M. Barrie, l'auteur de Peter Pan
·         Kate Winslet  : Sylvia Llewelyn Davies, la mère des enfants
·         Julie Christie  : Mrs. Emma du Maurier, la grand-mère
·         Radha Mitchell : Mary Barrie, la femme de J.M.Barrie
·         Dustin Hoffman  : Charles Frohman (l'ami de J.M. Barrie, directeur du théâtre)
·         FreddieHighmore : Peter Llewelyn Davies

Mon opinion

J’ai adoré ce film inspiré de la vie de J.M. Barrie, car je l’ai trouvé à la fois drôle, émouvant et touchant. Les jeunes acteurs (en particulier Freddie Highmore, qui incarne Peter, impressionnant de naturel) sont épatants. Johnny Depp met beaucoup de fraîcheur et de sincérité à incarner J. M. Barrie et Kate Winslet est parfaite dans le rôle de la mère fragile et désemparée. On retrouve aussi avec plaisir Julie Christie dans le rôle de Mrs. du Maurier, la grand-mère, grande bourgeoise coincée qui finit cependant par se laisser amadouer par la gentillesse  et l'enthousiasme communicatifs de  James M. Barrie.

Mon classement : 5/5

Récompenses

Le film a été nominée pour plusieurs Oscars, en particulier celui de meilleur acteur pour Johnny Depp, dans le rôle de J. M. Barrie et de meilleure musique pour Jan A. P. Kaczmarek.

Si vous avez aimé ce film, vous devriez aimer :


dimanche 24 novembre 2013

MISS POTTER film de Chris Noonan (GB-2006)


Film britannique de Chris Noonan, avec Renee Zellweger et Ewan Mc Gregor sorti en 2006.

Synopsis

Non, Miss Potter n'est pas la soeur de Harry, qui n'en a d'ailleurs pas. Il s'agit en fait du biopic de la grande illustratrice anglaise Beatrix Potter, créatrice entre autres personnages adorés des enfants, de Peter Rabbit qui fut son premier livre publié en 1902.

Beatrix naît en 1866 dans une famille de la bourgeoisie londonienne. Son père, qui avait des talents de peintre, est devenu homme de loi, tout en regrettant toute sa vie de n'avoir pas permis à sa passion de se développer. Beatrix est, comme toutes les jeunes filles anglaises de cette époque, promise au mariage. Comme sa mère et sa grand-mère avant elle, elle deviendra une femme au foyer respectable recevant ses amies pour le thé ou le bridge. 

Or, Beatrix a dessiné, depuis sa plus tendre enfance et lors ses vacances en famille au Lake district, l'un des plus beaux endroits d'Angleterre, les animaux qu'elle voyait autour d'elle et imaginait depuis toute petite des histoires qui faisaient la joie de son petit frère Bertram et du petit personnel.

Arrivée à l'âge adulte, Beatrix (Renee Zellweger) décide de proposer sa première histoire illustrée "The tale of Peter Rabbit" (Le conte de Pierre lapin), à un éditeur londonien. Elle est tout d'abord fraîchement reçue par les frères Warne mais le plus jeune des frères, Norman (Ewan Mc Gregor) est enthousiasmé par son œuvre et l'édite. 

Contre toute attente, son premier livre devient un succès de librairie et l'encourage à continuer dans une carrière "si peu faite pour une femme respectable". Il sera suivi par beaucoup d'autres qui deviendront tous des succès. Beatrix deviendra un auteur connu, réputé et... riche. Son autonomie financière lui permettra de s'affranchir de la tutelle parentale et de leur imposer de se marier avec Norman, un simple éditeur, qui n'est pas "de leur condition".

Malheureusement, Norman sera emporté par la maladie quelques mois avant leur mariage. Beatrix, inconsolable, quitte alors Londres et, avec ses droits d'auteur, rachète une vieille ferme située dans l'endroit qui a inspiré ses tout premiers dessins : le Lake district. Quelques années après, elle épousera William Heelis, un ancien fils de fermier qui l'avait encouragée à dessiner lorsqu'ils étaient enfants. Lui s'est aussi affranchi de sa condition et est devenu notaire. Ensemble, ils rachèteront plusieurs vastes propriétés à la vente pour les préserver et continuer à y entretenir des activités agricoles. On ne le sait pas en France, mais Beatrix Potter fut une militante active pour la protection de la nature et contribua à faire classer d'immenses surfaces de territoires qui devaient devenir par la suite les premiers Parcs naturels au monde. Lorsqu'elle mourut, en août 1945, elle légua ses propriétés au National Trust (l'équivalent de notre Caisse des Monuments Historiques) pour qu'ils soient préservés à jamais.

Mon opinion sur ce film

Ce film est un véritable bijou qui a, de plus, le mérite de nous révéler le destin d'une femme extraordinaire, dont les œuvres pour la jeunesse, moins connues en France que dans les pays anglo-saxons, ont bercé des générations d'enfants et continuent à se vendre dans le monde entier. En le voyant, j'ai pensé à deux autres films que je vous recommande aussi de voir :

  • Neverland  de Marc Forster (avec Johnny Depp) sur la vie de James Barrie, l'auteur de Peter Pan, autre œuvre incontournable de la littérature britannique;
  • Le jardin secret d'Agnieszka Holland

Inutile de préciser que, pour les anglophones, ce film mérite d'être vu en anglais pour profiter au maximum de la saveur des dialogues et de tout l'humour des échanges. 

Mon classement 5/5

OLIVER TWIST de Roman Polanski (2005)


Oliver Twist est une coproduction franco-tchéco-britannico-italienne. Le film a été réalisé par Roman Polanski en 2005. Le chef d'oeuvre de Dickens a été très souvent adapté pour le cinéma ou la télévision, sans compter le théâtre ou les comédies musicales. Rien que pour le cinéma, il s’agit de la 5ème adaptation mais le film que nous a donné, en 2005, Roman Polanski est certainement le plus réussi de tous. Oliver Twist, comme tous les autres romans de Charles Dickens, a été publié sous forme d’un feuilleton mensuel entre 1837 et 1839, ce qui explique ses longueurs et ses rebondissements souvent rocambolesques. 

Synopsis

Oliver, dont la mère est morte de sous-nutrition, est envoyé à l’âge de neuf ans  travailler dans une fabrique d’étoupe qui est un véritable bagne pour enfants. A peine nourri, maltraité, il résiste 6 mois avant de se rebeller. Il est alors « vendu » à un fabricant de cercueils qui le fait dormir dans l'entrepôt où l'on stocke les cercueils. On imagine l'horreur que cela peut représenter, pour un enfant de cet âge, la cohabitation avec la mort.

N'en pouvant plus des brimades et des mauvais traitements qu'il subit quotidiennement, il s’enfuit à Londres. Sans le sou, mendiant sa nourriture, pieds nus, il parvient épuisé dans la capitale de l'Empire britannique où se côtoient les très riches et les très pauvres. Proie facile, il tombe entre les mains d'une bande de jeunes voleurs des rues travaillant pour Fagin, un misérable receleur. Fagin n'est certes pas recommandable mais, au moins, il ne traite pas mal ses enfants et ne les affame pas. Après avoir été accusé d’un vol qu’il n’a pas commis, Oliver est adopté par un homme aisé, M. Brownlow, qui le traite comme son propre fils jusqu'à ce qu'il soit à nouveau enlevé par la bande de voleurs qui estime qu'il leur appartient. Ils l’obligent à être complice d’un cambriolage au cours duquel Oliver est blessé. Tout se termine bien pour lui car il sera finalement adopté par la famille Maylies et M. Brownlow.

On a beau savoir qu'il s'agit-là d'un roman, on sait que Dickens a décrit la réalité d'une société qu'il connaissait bien et dont il passa sa vie à dénoncer les scandaleuses injustices. Devenu célèbre et riche, il s'engagea dans de nombreux combats, contre les violences faites aux femmes, en créant une institution humaniste destinée à accueillir les "filles perdues", contre l'esclavage, etc. Dickens décrit la terrible réalité de la vie d'un enfant pauvre (a fortiori celle d'un orphelin), dans l’Angleterre du XIXe siècle. La bourgeoisie de l’ère victorienne a bâti son insolente richesse sur le développement industriel et colonial sans se préoccuper des dégâts sociaux que cela pouvait engendrer pour les classes populaires. La Grande Bretagne n'a abrogé les « Poor laws », les "lois sur les pauvres", créées sous les Tudor au XVIe siècle, qui étaient d’une cruauté et d'une injustice terribles, classant les pauvres, qu'ils soient adultes ou enfants, comme une sous-humanité qu'il fallait traiter comme des criminels. Ces lois iniques furent en vigueur trois siècles en Angleterre avant d'être remplacées en 1834, par les New Poor Laws (officiellement Poor Law Amendment Act) qui instituait les workhouses, de véritables bagnes où les pauvres étaient censés être nourris contre du travail forcé. Les sinistres workhouses fonctionnèrent en Angleterre jusqu'au mois d'avril 1930 où ils furent officiellement abolis mais en réalité remplacés par des Institutions de l'Assistance Publique qui ne seront définitivement supprimées qu'en 1948 !   

Mon opinion sur ce film

Roman Polanski a réalisé ce film après avoir tourné son admirable Pianiste. Dans une interview, il dit qu’il voulait réaliser un film « plus léger », destiné à ses propres enfants. Ce film est loin d'être léger : nous ne nierons pas qu'il est salutaire de le montrer à des enfants de notre époque le sort d'enfants qui survécurent aux conditions d'exploitation effroyables de l'Angleterre triomphante de l'ère victorienne pour bien leur faire comprendre ce qu'est, par rapport à une société d'abondance, une société telle que celle-là. Il faut cependant y mettre les formes car certaines scènes peuvent être traumatisantes, non seulement pour des enfants, mais même pour des adultes. Certes, à côté des scènes terribles que vit le jeune Oliver, il y a aussi beaucoup de beaux moments, et le livre, comme le film, se terminent heureusement en « happy end » puisque Oliver finit par être adopté par une famille aimante. On ne peut cependant pas ne pas imaginer ce que fut le sort de ces milliers d'enfants sacrifiés pour augmenter la richesse d'une société aussi inégalitaire et inhumaine que la société victorienne. Mais, au-delà de cette époque, le film peut aussi nous amener à réfléchir sur le sort des enfants du tiers Monde qui vivent, au XXIe siècle, ce que vécurent ceux de la Grande Bretagne du XIXème siècle, certains même dans des conditions encore pires que celles d'Oliver. Rappelons aussi que, pas plus que la société victorienne, nous ne pouvons ignorer que leurs conditions misérables sont une des conséquences de la mondialisation dont nous, occidentaux, nous tirons notre abondance. 

Il n'en reste pas moins vrai que ce film est, sinon plus léger, du moins moins dur que Le pianiste, tourné en 2002. Oliver Twist est cependant une réussite sur le plan cinématographique et il démontre la maîtrise du metteur en scène dont nous avons aussi beaucoup aimé The ghost writer.

Parmi les acteurs, saluons particulièrement la prestation du jeune Barney Clark qui joue le rôle d’Oliver, dans lequel il est extrêmement juste et émouvant. Nous souhaitons qu'il puisse avoir une carrière digne de son talent.    

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samedi 23 novembre 2013

LE JARDIN SECRET d'Agnieszka Holland (1993)


Ce film, réalisé par Agnieszka Holland en 1993 est l’adaptation d'un grand classique de la littérature jeunesse anglaise, "The secret garden", de Frances Hodgson Burnett (1911),

Synopsis

L'histoire commence au début du XXe siècle en Inde. Mary Lennox (Kate Maberly dont c'était le 1er film), qui a dix ans, vit en Inde, auprès de ses parents, des aristocrates anglais qui la confient aux mains de serviteurs. Pendant que ses parents donnent une de leurs nombreuses réceptions, un tremblement de terre détruit la maison et Mary est la seule rescapée. Devenue orpheline, elle est envoyée en Angleterre pour être recueillie par son oncle, qui vit dans un domaine isolé.

On la voit arriver par bateau à Liverpool, en compagnie d'autres petits rescapés du tremblement de terre. La scène est particulièrement cruelle : alors que tous les enfants ont été réclamés par leurs familles adoptives, Mary se retrouve seule à attendre dans le grand hangar vide du port de Liverpool. On imagine le traumatisme que peut ressentir une fillette de cet âge, qui vient de perdre ses parents, arrivant après un voyage terriblement éprouvant dans un pays aussi inconnu et inhospitalier. Finalement, une femme revêche, Mrs. Medlock (Maggie Smith), la gouvernante de son oncle, arrive pour la chercher et l'emmener au cours d'un interminable voyage en calèche au Manoir de Misselthwaite, dans le Yorkshire, domicile de Lord Archibald Craven (John Lynch). Pas un seul instant, que ce soit lors de leur première rencontre, ni pendant le voyage en calèche à travers les paysages magnifiques mais désolés de la campagne anglaise, Mrs. Medlock ne témoigne aucune compassion à la fillette, bien au contraire : elle la met même en garde contre l'accueil qu'elle va recevoir au manoir car son oncle qui vit en reclus depuis la mort de son épouse adorée et passe le plus clair de son temps à de mystérieux voyages.
Le manoir est d'une taille impressionnante et il ressemble à une demeure hantée malgré la présence d’une importante domesticité qui tremble devant l’intimidante gouvernante. Dans ce décor plus qu'austère, la petite fille est confinée dans sa chambre, avec interdiction absolue d'en sortir et d'errer dans l'immense manoir. L'ennui lui fait braver l'interdiction : lors d'une de ses explorations, elle découvre qu'un passage secret, masqué derrière une tenture, part de sa chambre. Par ce passage, elle accède à une pièce abandonnée, envahie par les pigeons, les plantes grimpantes et les toiles d'araignées. Le choc est grand quand elle comprend que c'est l'ancienne chambre de sa tante décédée, sœur jumelle de sa mère. Les conditions de son décès, dix ans auparavant, ont été soigneusement tenues secrètes et on peut imaginer les pires des hypothèses. En fouillant parmi les affaires de sa tante, Mary découvre, dans l'un des tiroirs d'une boîte à musique, une grosse clef ancienne.
Mrs. Medlock, l'inflexible gouvernante, a chargé une jeune servante, Martha de s’occuper de Mary. Martha, a une nature gaie et généreuse et elle oppose, à toutes les rebuffades de l’enfant, une bonne humeur à toute épreuve.
 C'est grâce à elle que Mary peut enfin sortir du château et, lors d'une de ses promenades, qu'elle découvre l'existence d'un jardin secret. Lord Craven l'a fait fermer après la mort de sa femme et a interdit à quiconque d’y entrer. Mary, fascinée par cet interdit, est pourtant bien décidée à en trouver l'entrée. Un vieux jardinier un peu fou lui dit de suivre le rouge-gorge qui connaît l'entrée secrète. Mary suit l’oiseau et s'aperçoit que la clé qu'elle a trouvée dans la boîte à musique de la chambre de sa tante n'est autre que la clé de la porte du jardin secret.

Ecartant les mauvaises herbes qui l'ont envahi depuis 10 ans, elle découvre ce qui pour elle s'apparente au Paradis. Quelque temps plus tard, elle fait la connaissance d'un jeune fermier du nom de Dicken (Andrew Knott que j'ai retrouvé récemment dans The History boys) qui passe son temps à soigner les animaux blessés et à les apprivoiser; il lui apprend que, malgré ses apparences, le jardin n'est pas mort et il lui propose son aide pour le faire revivre. En secret, Mary passe désormais toutes ses journées en compagnie de Dicken et de ses animaux et, tous les deux, taillant, semant,  redonnent peu à peu vie au jardin abandonné.

Une nuit, alors qu'elle était en train de rêver de sa mère, Mary est réveillée par des pleurs, venant de quelque part dans le château. Elle se lève et en cherche l'origine. Par l'un des passages secrets qu'elle a découverts, elle parvient à une chambre où un jeune garçon, malade, est couché dans un lit. Cet enfant, qui a exactement son âge, n'est autre que son cousin caché, Colin (Heydon Prowse). Il souffre d'une maladie indéterminée et se croit condamné à mourir. Le premier contact n'est pas facile car Colin, à qui l'on n'a jamais rien refusé à cause de sa maladie, est parfaitement odieux et arrogant avec tout son entourage. Mais Mary, qui a elle-même un caractère bien trempé, ne se laisse pas intimider et elle va, petit à petit, l'apprivoiser comme le Petit Prince l'a fait pour le Renard. Elle se lie d'amitié avec lui et lui démontre qu'il n'est pas réellement malade.
Lorsqu'elle lui apprend l'existence du jardin secret de sa mère et de ce que, avec l'aide de Dicken, elle en a fait, Colin n'a plus qu'une envie, c'est de quitter sa chambre de malade et de s'y rendre. Enfin intéressé par quelque chose pour la première fois de sa jeune existence, il accepte que l'on ouvre les fenêtres de sa chambre pour y faire pénétrer l'air et la lumière puis, bravant Mrs. Medlock qui le soumet régulièrement à d’épouvantables séances de rééducation, il se laisse emmener par Mary et Dicken au jardin secret.

Dans le jardin, à l'abri des regards de tous les domestiques et de son père, constamment en voyage, mais avec la généreuse complicité de Mary et de Dicken, Colin découvre la beauté de la nature et des animaux. Vivant au grand air et au soleil, il reprend des forces et apprend à marcher, à courir et à rire. Il a même décidé que, lorsqu’il rentrerait de l’un de ses nombreux voyages, il ferait une surprise à son père en lui montrant qu'il est enfin guéri et qu'il peut marcher seul.

Mais Lord Craven revient alors que personne ne l’attendait et, se rendant comme il a l’habitude de le faire à chacun de ses retours dans la chambre de son fils, il la trouve vide. Mrs. Medlock, qui a été tenue à l'écart des expériences des enfants et qui ne se doute pas de ce qui se passe depuis des mois, est anéantie. La jeune servante Martha Sowerby (Laura Crossley) qui, elle, est dans le secret des enfants et l'a encouragé, brave sa crainte d’être renvoyée et prend le risque de conduire son maître jusqu’au jardin secret.
Lorsqu’il y arrive, Lord Craven est stupéfait de découvrir que Colin marche. Son fils lui raconte tout ce qui s'est passé en son absence et l'informe que le miracle est dû à Mary. Mais Mary, se croyant  coupable et craignant que son oncle ne la punisse pour avoir bravé tous les interdits, s'est enfuie dans la lande sous le regard de Dicken. Lord Craven vient retrouver sa nièce et lui fait part de son bonheur, lui faisant la promesse solennelle  qu'il ne fermera plus jamais le jardin. Cerise sur le gâteau : Quelle que soit la sympathie que l'on éprouve pour Maggie Smith, une actrice toujours parfaite, on assiste avec joie à la déconfiture de l'horrible gouvernante, Mrs. Medlock. 

Mon opinion sur ce film

Ce film peut être vu par tous, petits et grands. C'est un très beau film, aussi bien pour son contenu que pour ses images, qui ne tombe jamais dans la mièvrerie. Mon seul regret : la musique superlative dont, personnellement, je me serais volontiers passé.

A voir aussi :

DAVID COPPERFIELD de Peter Medak GB-2000)


Plusieurs films ont été adaptés du chef d'oeuvre de Charles Dickens. Ce commentaire porte sur le film réalisé par Peter Medak en 2000. 

Synopsis

Qui ne connaît l'histoire de David Copperfield, l'un des plus célèbres héros de l'écrivain anglais Charles Dickens, avec Oliver Twist

David a six ans lorsque son père meurt. Clara, la mère reste un moment seule à élever son fils, avec l'aide de sa bonne servante Peggotty. Mais, dans la société victorienne que décrit Dickens, il est mal vu qu'une femme veuve ne se remarie pas. Pour son malheur et celui de son fils, Clara cède aux avances d'un intrigant, M. Murdstone, qui s'avère être un homme méchant et violent qui, en outre, emménage chez les Copperfield avec sa sœur, l’acariâtre Jane Murdstone. Les Murdstone traitent durement David, estimant qu’il est temps de l’endurcir. Un jour, alors que M. Murdstone veut lui donner une correction imméritée, David se rebelle et mord la main de son beau -père. Celui-ci, prétextant qu’il est devenu ingérable, décide, malgré les prières de Clara et les pleurs de Peggotty d'envoyer David dans un pensionnat pour garçons, la sinistre Salem House. Avant d'intégrer l'école, Peggotty emmène David passer 15 jours chez son frère, un pêcheur qui vit avec sa famille à Yartmouth, dans un bateau retourné sur la plage aménagé en habitation. Durant son séjour, David découvre la vie de cette famille pauvre mais chaleureuse et devient ami avec les deux orphelins adoptés par Mr. Peggotty, Ham et Little Em’ ly.

Lorsque David arrive à Salem House, il comprend que le directeur, Mr. Creakle, un homme ignorant et vulgaire, a reçu des ordres pour le mater. Heureusement pour lui, il fait la connaissance d’un jeune homme de bonne prestance, James Steerforth (Paul Bettany), qui le prend sous son aile et prend sa défense contre les autres pensionnaires et contre le directeur. David se fait aussi un autre ami en la personne de Tommy Traddles, un garçon malchanceux qui est le souffre-douleur des professeurs. Le jour de son 10ème anniversaire, David est convoqué chez le directeur qui lui annonce froidement que sa mère est morte en couche. 

Son beau-père le retire aussitôt de l'école et l'envoie travailler pour un salaire de misère dans sa propre entreprise de négoce de vin «Murdstone et Grinby ». David y est exploité pour un salaire misérable à nettoyer les bouteilles, mais son existence est quelque peu embellie par la fréquentation de la famille de ses logeurs, les Micawber. M. Micawber est un personnage flamboyant, malheureusement plus doué pour les discours que pour les affaires ; toujours engagé dans des manigances financières, incapable d'honorer ses dettes, il finit par être arrêté et incarcéré avec toute sa famille, la pauvre Mrs Micawber, les jumeaux et le bébé. Lorsqu'il revient chez les Micawber, David trouve l'appartement vide et s'enfuit sans un sou de Londres pour tenter de retrouver sa seule famille, sa tante paternelle, Miss Betsey Trotwood, qui habite Douvres. Sans le sou, il entreprend le voyage à pied (124 km) devant même vendre sa veste et ses chaussures pour survivre pendant le voyage. Lorsqu'il arrive chez sa tante, sale, affamé et à demi-nu, celle-ci, croyant d'abord qu'il s'agit d'un de ces vagabonds si nombreux sous le glorieux règne de la reine Victoria, le chasse mais se ravise aussitôt dès qu'elle comprend qu'il s'agit de son neveu. 

Celle-ci, bien qu'elle n'ait jamais accepté d'aider sa nièce parce qu'elle aurait voulu une fille, est, malgré les apparences, une brave femme. Elle héberge même Mr. Dick, un vieil original qui lui tient compagnie et à qui elle demande sans cesse conseil. Ensemble, ils décident de tenir tête aux horribles Murdstone et Betsy Trotwood adopte David dont elle fait son héritier. Elle l’inscrit aussi à l'école du Dr Strong à Cantorbéry. Pour le logement, elle s’arrange avec son homme de confiance, M. Wickfield, un homme bon qui vit avec sa fille Agnes, une jeune fille qui a presque le même âge que David, et adule son père. Entre temps, la brave Peggotty s'est mariée sur le tard avec .

Parmi les pensionnaires de chez M.Wickfield se trouve aussi Uriah Heep, un jeune homme à l'allure inquiétante, dont David se méfie.  

David obtient son diplôme et, avant d'entrer dans la vie active, il va rendre visite à Peggotty, qui est mariée avec le voiturier Barkis et vit à Yarmouth. Etant entrée dans une auberge, il tombe sur Steerforth, son condisciple de Salem House qui est devenu étudiant à Oxford et il l'invite à l'accompagner quelques jours à Yarmouth. Les Pegotty sont en liesse car les deux orphelins qu'ils avaient recueillis, Ham et Emily ont annoncé leur mariage les accueillent comme un autre de leurs enfants Steerforth est charmé par l'endroit et décide de s'acheter un bateau.   

David de retour à Londres après avoir rendu visite à sa tante à Douvres, entre comme apprenti dans un cabinet juridique important, celui de Spenlow and Jorkins. Il revoit aussi Tommy Traddles, l'ancien souffre-douleur du pensionnat, qui est devenu élève avocat et loge chez les Micawber dont les revers de fortune n'ont pas entamé la bonne humeur.  

David, qui a maintenant 17 ans, est un beau jeune homme et il est tombé amoureux de Dora Spenlow, la fille de son patron, une jeune femme charmante mais totalement immature.

Pendant ce temps, Emily a été séduite par Steerforth qui l'a entraînée à sa suite, abandonnant Ham, son amour de jeunesse. David se sent responsable de ce qu'il considère comme une trahison de la part de son ancien camarade car c'est lui qui a fait "entrer le loup dans la bergerie".

Il apprend aussi que Uriah Heep, l'ancien commis de M. Wickfield, dont il s'était toujours méfié, est parvenu à ses fins en devenant l'associé de ce dernier.        

David a maintenant 21 ans. Il a épousé Dora mais, bien que désormais il gagne correctement sa vie, il a du mal à faire face aux dépenses de sa jeune épouse. En outre, de santé fragile, celle-ci reste affaiblie suite à une fausse-couche et décline rapidement. Finalement, David, après avoir, avec l'aide de son ami Tommy  Traddles et de Mr. Micawber, fait arrêter Uriah Heep, épousera Agnes Wickfield 

Mon opinion sur ce film

David Copperfield adulte est joué par Hugh Dancy que j'avais découvert dans ce terrible film sur le génocide rwandais Shooting dogs, où il jouait le rôle d'un coopérant anglais. Il est magnifique de fraîcheur et de candeur. J'y ai aussi retrouvé avec plaisir Paul Bettany qui jouait le rôle du poète Chaucer dans le détonant  Chevalier avec le regretté  Heath Ledger.

Les autres acteurs sont peut-être par moments un peu trop caricaturaux mais il faut dire qu'ils le sont aussi dans l'oeuvre de Dickens.

De très belles images, en grande partie tournées dans de sompteux paysages naturels irlandais. La lumière elle aussi est superbe ainsi que les costumes.

Film un peu long cependant (3 H) qui aurait pu facilement être réduit d' une bonne demi-heure, ce qui l'aurait rendu plus "digeste" et davantage mis à la portée des jeunes et des adolescents qui risquent d'être rebutés par sa longueur. Mais, outre que le livre de Dickens, dans sa version intégrale, est devenu illisible, malgré ses qualités, pour les lecteurs contemporains, comme le sont devenus tous les classiques, sauf peut-être les livres d'Alexandre Dumas, il s'agit toujours d'un défi d'adapter de tels textes dont il ne faut jamais oublier qu'ils furent, à l'origine, écrits pour être publiés sous forme de feuilletons.

Mon classement : 4/5

mercredi 20 novembre 2013

LE JARDIN DES SECRETS (THE TREASURE SEEKERS) GB-1996


Le titre français "Le jardin des secrets" est une mauvaise traduction du titre original anglais "The treasure seekers", ce qui signifie : "Les chercheurs de secret". Outre que le titre français porte à confusion avec un autre film, Le jardin secret, d'Agnieszka Holland (1993), il donne une idée fausse de l'histoire elle-même, adaptée d'un livre pour la jeunesse "The Story of the Treasure Seekers" d'Edith Nesbit, auteure et poétesse anglaise de la fin du XIXème siècle et du début du XXème très célèbre en Grande-Bretagne.

Synopsis

L'histoire se passe en Angleterre, dans les années 1900, qui virent l'avènement de l'électricité et des premières voitures automobiles. M. Bastable,  un jeune veuf, doit élever seul ses 6 enfants, tout en se consacrant à mettre au point son invention révolutionnaire d'un système de réfrigération. Ruiné, il est la proie des créanciers, en particulier d'un épouvantable usurier du nom de Haig qui lui donne quelques jours pour rembourser l'argent qu'il lui a prêté faute de quoi il fera saisir tous ses biens.
Les enfants, voyant les difficultés financières auxquelles est confronté leur père, se mettent en tête de trouver un trésor dans le jardin de leur maison et se lancent dans une compétition d'inventions insensées et aux conséquences toutes plus catastrophiques les unes que les autres pour tenter de lui venir en aide. L'un des enfants, Noël, qui écrit des poèmes, échappe à la vigilance de ses aînés et s'embarque seul pour Londres afin d'apporter ses poèmes à un éditeur londonien. Pendant ce voyage, il rencontre le docteur Mary Leslie, une femme médecin de grande notoriété, auteur elle-même qui lui donne une introduction auprès l'un des grands éditeurs de Londres. Ce dernier reçoit gentiment Noël mais lui conseille de repasser dans dix ans.
Lorsque Noël tombe malade après avoir pris froid, ses soeurs vont chercher le docteur Leslie qui découvre par là-même l'invention du père des enfants et en comprend tout l'intérêt pour la médecine. Elle parvient à convaincre des notables qui financent son hôpital d'acheter l'invention de M. Banstable in extremis avant que la famille ne se retrouve à la rue.

Mon opinion sur ce film 


Je me suis intéressé à ce film car il figurait dans la filmographie de Keira Knightley, qui est une actrice que j'apprécie particulièrement (Atonement, The Duchess, Never let me go, etc.). En réalité, dans ce film, elle n'apparaît que dans une courte scène et on a du mal à reconnaître la belle jeune femme qu'elle est devenue. Mais le film, entre le Jardin secret et Nanny McPhee, ne m'a pas déplu. Certes, ce n'est pas un grand film, mais on passe un bon moment en présence de cette tripotée de gamins attachants et acteurs sensationnels.


Mon classement 4/5 (se laisse regarder)

Dans le même esprit : 



  

mardi 19 novembre 2013

DR WHO Série britannique de SF (1963-en cours)


Créée en 1963, la série Doctor Who est la plus longue série de science-fiction au monde puisque la série originale compte 679 épisodes de 26 minutes (dont 255 en noir et blanc), 15 épisodes de 45 minutes et un épisode de 90 minutes. Considérées comme un tout, les deux séries comptent près de 800 épisodes. 

- La 1ère série, créée en 1963 par Sydney Newman et Donald Wilson, a duré 26 ans (1963-1989). Son héros, un extra-terrestre d'apparence humaine, le Docteur (il n'a pas d'autre nom), voyage dans l'espace-temps à bord d'un vaisseau spatial, le Tardis (initiales de "Time And Relative Dimension(s) In Space"). Pour passer inaperçu, le Tardis adopte extérieurement la forme d'une cabine téléphonique bleue de la police anglaise. Vingt-six séries se succédèrent jusqu'en 1996, date où la BBC, en raison d'une baisse de l'audience et de l'intérêt du public, décida d'y mettre fin. Dans l'espoir de pouvoir redémarrer la série, la chaîne produisit cependant avec la Fox en 1996 un téléfilm eut peu de succès, ce qui condamna le projet. 

En 2003, la BBC annonça qu'une seconde série serait produite par Russell T Davies et Julie Gardner, avec Davies comme scénariste principal. Christopher Eccleston fut annoncé pour être le nouvel interprète du Docteur. Une seconde série a suivi à partir de 2005 avec 7 nouvelles saisons, et une diffusion élargie à de nombreux pays dont la France.

Synopsis

Le Docteur est un extraterrestre de la race des Seigneurs du Temps (Time Lords) originaire de la planète Gallifrey, qui voyage à bord d'un TARDIS, une machine pouvant voyager dans l'espace et dans le temps. Particulièrement attaché à la Terre, il est régulièrement accompagné dans ses voyages par des compagnons, pour la plupart humains et féminins.

Dans la première série (1963-1989) le Docteur était un Seigneur du Temps parmi d'autres. Dans la seconde série (à partir de 2005), il se présente comme le dernier survivant de sa race, celle-ci ayant été anéantie lors d'une guerre, la "Guerre du Temps", qui s'est déroulée entre les Daleks et les Seigneurs du Temps. Parmi ces derniers, le Docteur est resté seul représenant de son espèce alors que quelques Daleks ont survécu. 

En tant que Seigneur du Temps, le Docteur a le pouvoir de se régénérer lorsqu'il est mortellement blessé, mais cette régénération s'accompagne d'un changement d'apparence physique mais aussi de caractère, même s'il conserve intégralement le souvenir de ses vues passées. Traditionnellement, les différentes incarnations du Docteur sont désignées par leur place dans l'ordre chronologique. Par exemple, le « Sixième Docteur » fait référence à la sixième incarnation du personnage.

Les acteurs ayant incarné le Docteur

Il y a eu, à ce jour, 12 Docteurs, certains Docteurs ayant été incarnés par plusieurs acteurs différents. Le 1er Docteur a été interprété par William Hartnell (1963-1966). Trois ans plus tard, après sa démission pour cause de maladie, il a été remplacé par Patrick Troughton (1966-1969). Celui qui a incarné le Docteur le plus longtemps fut Tom Baker, le 4ème Docteur (1974-1981), qui jouit d'une grande popularité. Parmi les acteurs ayant incarné le Docteur dans les dernières années, le plus populaire est David Tennant, le Dixième Docteur.

- 1er Docteur (1963-1966) : William Hartnell puis Richard Hurndall
- 2ème Docteur (1966-1969) : Patrick Troughton 
- 3ème Docteur (1970-1974) : John Pertwee
- 4ème Docteur (1974-1981) : Tom Baker
- 5ème Docteur (1981-1984) : Peter Davidson
- 6ème Docteur (1984-1986): Colin Baker 
- 7ème Docteur (1987-1989) : Sylvester McCoy
- 8ème Docteur (1996) : Paul McGann  
- 9ème Docteur (2005) : Christopher Eccleston 
- 10ème Docteur (2005-2010) : David Tennant
- 11ème Docteur (2010-2013) : Matt Smith 
- 12ème Docteur : Peter Capaldi (2013-…) 

Réception par le public

La série est restée longtemps confinée au Royaume-Uni et, en dehors de celui-ci, elle n'était connue que de quelques fans. Elle a été diffusée pour la première fois en France sur TF1 en 1989 en commençant par la 4ème saison, le Docteur étant interprété par Tom Baker. La seconde série a été diffusée sur France 4. 

A l’origine, Doctor Who devait être une série éducative s’adressant à toute la famille et elle fut donc diffusée le dimanche matin. Au début, elle alternait des histoires prenant place dans le passé, dans le but avoué d'enseigner l’Histoire sous une forme ludique aux jeunes téléspectateurs; elles alternaient avec des épisodes tournés vers le futur ou l’espace, afin de les familiariser avec la science. Cependant, à partir de 1967, les épisodes de science-fiction finirent par devenir de plus en plus fréquents et supplantèrent définitivement les épisodes historiques. La série continua cependant à utiliser des éléments historiques, mais ils étaient généralement utilisés comme toile de fond pour une histoire de science-fiction. Il n’y eut qu’une exception :  l'épisode "Black Orchid", qui se déroule entièrement en Grande-Bretagne pendant les années 1920. Ces épisodes, qui mêlent histoire et science-fiction sont d'ailleurs souvent les plus travaillés et les plus réussis. 

Depuis ses débuts, la série s'est affranchie de cadres qu'elle s'était fixés à l'origine, n'hésitant pas à intégrer à ses épisodes des situations effrayantes. Ceux qui les ont vues n'oublieront jamais, par exemple, certaines images de la deuxième saison de Jon Pertwee (Troisième Docteur), dans l'épisode "Terror of the Autons" (1971), où des poupées meurtrières massacrent des innocents, comme dans les pires films d'horreur inspirés des histoires de Stephen King. Ce genre d'épisodes qui truffent la série a même fait passer l'expression « behind the sofa » (« derrière le canapé ») dans le langage courant. En 1972, une enquête de la BBC montra que Doctor Who était la série la plus violente alors produite par la BBC. 

Difficultés inhérentes à la série

Il n'est pas facile, pour un télespectateur français, de se laisser entraîner à aimer la série Dr Who. D'abord, nous savons tous que, même si cela change depuis quelques années, le public français est viscéralement hermétique à la science-fiction et au fantastique.. Un autre handicap de la série Dr. Who est son côté trop "typically British" : son univers, comme celui de Misfits ou de Skins, ne parle vraiment qu'à ceux qui connaissent la Grande Bretagne et y ont vécu. Enfin le mode de diffusion chaotique (4ème saison diffusée sur TF1 puis sur France 4) qu'a connu la série chez nous a eu de quoi désarçonner le public, même le plus ouvert. Si l'on veut vraiment "entrer" dans Dr. Who, il faut se procurer les DVD et les regarder sans interruption sur plusieurs saisons car il faut ajouter que les intrigues multiples, les acteurs interchangeables incarnant le Docteur, le passage d'un monde imaginaire à l'autre, d'un univers ou d'une époque à l'autre, ne facilitent pas la compréhension.

La série a donné lieu à un spin-off, Torchwood. 

Mon opinion sur la série

Personnellement, je n'ai connu que les deux derniers et ma préférence va nettement à l'avant-dernier Docteur, David Tennant, un acteur écossais qui incarne un Docteur décontracté, sympathique, jouant constamment de la plaisanterie et de l'humour, ce qui n'empêche par, par moments, une certaine gravité. Je ne peux pas dire que j'ai vraiment "accroché" avec la série Dr. Who, pas plus que je l'avais fait avec Torchwood, qui lui est lié d'une certaine manière, l'Institut Torchwood ayant justement été créé pour lutter contre les risques extraterrestres. La qualité des épisodes, écrits par des scénaristes différents, est aussi trop inégale pour captiver le spectateur. 

Mon classement 3/5 

samedi 16 novembre 2013

GILBERT GRAPE de Lasse Hallström (1993)


Gilbert Grape de Lasse Hallström (1993)

Synopsis

L'action du film se déroule dans une petite ville imaginaire du nom d'Endora, dans l'Iowa. Depuis la mort de leur père (qui s'est pendu dans la cave de la maison familiale), Gilbert (Johnny Depp) assume toutes les responsabilités de la famille et veille sur Arnie (Leonardo DiCaprio), son jeune frère handicapé mental, pendant que ses sœurs Amy (Laura Harrington) et Ellen (Mary Kate Schellhardt) s'occupent de la maison. Leur mère, Bonnie (Darlene Cates), est devenue obèse après les années de dépression qui ont suivi la mort de son mari. Dans l'incapacité de s'occuper d'elle ou de sa famille, elle passe son temps affalée sur un canapé devant la télé, se gavant de nourriture. Elle n'a même plus la force de monter se coucher dans sa chambre à l'étage. 

Outre son emploi dans la petite épicerie où il est vendeur, Gilbert passe tout son temps à surveiller Arnie qui, dès qu'il échappe à la surveillance des adultes, est capable des pires bêtises, l'une de ses préférées étant d'escalader le château d'eau de la ville. La relation entre les deux frères est faite d'attention et de protection (Gilbert interdit à quiconque de s'en prendre à Arnie) mais aussi d'exaspération quand Gilbert n'en peut plus de devoir tout assumer. Gilbert a un autre problème. Chaque fois qu'il va effectuer une livraison d'épicerie chez Betty Carver, mariée et mère de deux enfants, celle-ci lui fait des avances qu'il tente de repousser. Un jour, le mari de celle-ci, un assureur, est retrouvé mort dans des circonstances étranges et toute la ville pense que c'est sa femme qui l'a assassiné.

A quelques jours du 18ème anniversaire d'Arnie, une jeune femme prénommée Becky (Juliette Lewis) et sa grand-mère, victimes d'une panne, se retrouvent coincées à Endora. Gilbert est attiré par Becky mais sa vie habituelle ne lui facilite pas les choses. Un soir, répondant à une invitation de la jeune fille d'aller voir le coucher de soleil, il passe la soirée avec elle. Pour la première fois de sa vie, il a laissé Arnie seul en train de prendre son bain. Rentré tard, Gilbert s'effondre tout habillé sur son lit. A son réveil, le lendemain, il trouve Arnie claquant des dents dans l'eau glacée. La culpabilité éprouvée par Gilbert est aggravée par la colère de sa mère qui considère toujours Arnie, malgré ses 18 ans, comme "son bébé". Après cet incident, Arnie refuse désormais tout contact avec l'eau, ce qui inclut les bains. Conséquence prévisible, la crasse s'accumule sur son visage et ses mains, ce qui ajoute un problème à la liste de ceux que doit affronter son grand frère. 

Gilbert est manifestement attiré par Becky et réciproquement. Vis-à-vis d'Arnie, sa grand-mère et elle font preuve de patience et de gentillesse. Un jour, après que Gilbert, mis hors de lui par une énième frasque d'Arnie,  ait frappé son jeune frère, celui-ci se réfugie auprès de Becky, qui arrive à le convaincre de prendre un bain. En voyant qu'elle a réussi là où lui-même avait échoué, Gilbert se rapproche davantage de Becky mais, la panne ayant été réparée, s'apprête à repartir. Elle accepte toutefois de remettre son départ afin d'assister à l'anniversaire d'Arnie et d'être présentée à sa mère. 


À la fin de la fête d'Arnie, et après avoir rencontré Becky pour la première fois, Bonnie décide de monter les escaliers pour rejoindre sa chambre, ce qu'elle n'avait plus fait depuis des années mais l'effort est trop grand et, peu après, elle meurt d'une crise cardiaque. 

La police déclare à la famille Grape qu'ils auront besoin de l'assistance d'une grue pour sortir Bonnie de la maison. Après le départ des officiers, Gilbert et ses sœurs passent la nuit à veiller leur mère, pleurant sa perte. La fratrie sait que le spectacle de leur mère extirpée de la maison par une grue va attirer une foule de badauds et ils refusent de donner Bonnie en spectacle. Ils vident la maison, y laissant seulement leur mère, toujours sur son lit, et Gilbert met le feu à la maison. 

Un an plus tard, Gilbert et Arnie attendent le passage annuel des caravanes. Gilbert parle d'Amy, qui a réussi à trouver un petit boulot dans une boulangerie, et d'Ellen, apparemment heureuse de changer d'école. Comme au début du film, Arnie court après les véhicules, bras au vent, impatient de revoir Becky. Lorsqu'elle arrive, Gilbert et Arnie sont fous de joie et on les voit partir ensemble dans le véhicule.

Mon opinion sur ce film

Le titre original du film, raccourci en français en Gilbert Grape, est « What’s eating Gilbert Grape » que l'on pourrait traduire par « Qu’est-ce qui mange Gilbert Grape ? ». Il faut bien entendu prendre cette expression au sens figuré, "Qu'est-ce qui dévore Gilbert Grape ?" : son  travail, son temps passé à s’occuper de son frère handicapé, sa famille, sa mère obèse, sa cliente hystérique…  Ce film dénonçait, il y a dix ans déjà, l'obsession des Américains pour la nourriture et la consommation à travers l'obésité de la mère, l'installation d'un nouveau supermarché du nom significatif de Foodland ("la terre de la bouffe") et d'un fast-food, Burger Barn, problème qui est en train de toucher désormais notre pays.  

Ce film est souvent cité parmi les filmographies de Johnny Depp et de Leonardo DiCaprio (dont ce n'était que le 4ème rôle). Pour cette performance exceptionnelle, DiCaprio obtint une récompense importante, un Academy Award, et fut nominé au Golden Globe. 

Il faut aussi dire un mot de Darlene Cates, l'actrice qui interprète le rôle de la mère. Elle est réellement obèse et a pesé jusqu'à 245 kg. Sa propre histoire a inspiré en partie le film car elle a commencé à grossir à l'âge de 12 ans, lorsque ses parents ont divorcé. Il lui a fallu une sacrée dose de courage pour accepter de jouer son propre rôle dans Gilbert Grape. Malgré son handicap, après ce film, elle a encore tourné dans deux séries télé (en 1994 et 1996) et elle a eu un autre rôle au cinéma, en 2001, dans le film Wolf Girl. Mariée, elle a eu une fille et deux fils et elle a quatre petits enfants. Elle vit toujours avec sa famille dans les environs de Dallas. 

Mon classement : 4/5

BAGDAD CAFE de Percy Adlon (1987)


Bagdad Cafe a été réalisé par Percy Adlon en 1987. 

 Synopsis

Le film commence sur la mythique route 66, dans la traversée du désert de Mojave qui précède l'arrivée à Las Vegas. Une voiture s'arrête brusquement sur le bas-côté poussiéreux devant un motel minable, au nom improbable, "Bagdad Cafe".

En descend une femme bien en chair habillée en bourgeoise bavaroise (costume de tweed, vraiment peu adapté à la région et à son climat et chapeau bavarois avec plume idoine). Après une scène de ménage dans la voiture, son mari l'a larguée avec son unique valise au bord de la route. Cette femme, c'est Jasmin, incarnée par la magnifique actrice allemande Marianne Sägebrecht. Complètement désemparée, elle traîne derrière elle sa lourde valise jusqu'au seul lieu habité à plusieurs 100es de kilomètres (pardon, de "miles") à la ronde : Bagdad Cafe. La patronne, Brenda (CCH Pounder), une femme noire peu aimable, règne sur un petit monde d'habitués tous aussi improbables que son établissement (un jeune indien, un peintre raté qui vit dans une caravane en aluminium garée sur le parking, une tatoueuse que l'on prend d'abord pour une pute, etc.).

Elle reçoit comme un chien dans un jeu de quilles cette femme qui représente pour elle un autre monde. Comme Jasmin n'a pas d'argent pour payer sa nourriture ni son hébergement, elle commence à donner la main au comptoir et se fait apprécier de tous les clients (à vrai dire peu nombreux) grâce à son optimisme et à sa gentillesse inébranlables. 

Elle remet même le café à flot grâce à  un nécessaire de prestidigitation qu'elle a retrouvé dans la valise de son mari (oui, parce qu'il faut dire que, dans le feu de la dispute, elle s'est trompée de valise et se retrouve avec les habits de son mari) transporte avec elle. D'abord réticente, Brenda finit par l'accepter puis elles deviennent d'inséparables amies.

Mon opinion sur ce film : 5/5 (Film culte)

Bagdad Cafe est l'un des films les plus marquants de la décennie 80. Il traite avec humour et générosité de la différence, de l'amitié entre deux femmes et deux univers que tout, a priori, sépare, et il est porté par une musique que ceux qui l'ont un jour entendu n'oublieront jamais : "Calling you" par Jevetta Steele.

Outre son thème auquel on ne peut rester insensible, le film a aussi des qualités de mise en scène, des qualités esthétiques, et il recèle des trésors d'humour et d'émotion qui en font un véritable chef-d'oeuvre.

Dans le cas - improbable - où vous ne connaîtriez pas encore Bagdad Cafe, regardez-le au moins en DVD (et si vous l'avez déjà vu lors de sa sortie, regardez-le à nouveau) car, quelle que soit votre  humeur du moment, il vous fera voir la vie en rose et vous découvrirez aussi une actrice sublime, Marianne Sägebrecht.

Ce film a ainsi gagné ses galons pour figurer dans mon double classement  des "films-culte'" et des "Feel-good movies". C'est un film résolument optimiste qui change de la noirceur souvent "ordinaire" de ce que nous montre trop souvent le cinéma dit "social"....

mardi 12 novembre 2013

JUMPER de Doug Liman (2008)


Film américain de Doug Liman d'après le roman homonyme de Stephen Gould avec Hayden Christensen et Jamie Bell (2008).

Synopsis

Un "jumper" (du verbe anglais "to jump" = sauter) a la faculté de "sauter" ou "glisser" instantanément d'un endroit du monde à un autre.

C'est ce qui arrive à David (Hayden Christensen), un adolescent renfermé, lorsqu'il est dans une situation conflictuelle. Ayant appris à contrôler ce pouvoir, il en profite sans état d'âme, en "empruntant" beaucoup d'argent dans le coffre d'une banque, ce qui lui permet de se faire une vie de rêve, bel appart, surf à Hawaï avant d'aller pique-niquer sur la tête du Sphinx au Caire... Jusqu'au jour où il revoit Millie, la fille dont il est amoureux depuis le lycée. Il ne peut résister à l'envie de l'épater en l'emmenant vivre un week-end de rêve à Rome et de visiter illégalement le Colisée. Là, tout se gâte car il s'est fait repérer par les "Paladins", les ennemis jurés des "jumpers" qui ne vivent que pour les chasser et les massacrer. Heureusement pour lui, David reçoit le soutien de Griffin (Jamie Bell), en jumper "trash" qui lui apprend à survivre en ne s'embarrassant pas d'états d'âmes.  

Mon opinion sur ce film

Cela aurait pu faire la trame d'un bon film d'aventure et de science-fiction si le réalisateur avait su résister au déluge d'effets spéciaux qui finissent par saturer le spectateur. Dommage car Max Thieriot (qui incarne David Rice jeune) est touchant, Hayden Christensen (connu pour son rôle d'Anakin Skywalker dans Star Wars), est très bon et Jamie Bell, toujours excellent. 

Mon classement 3/5

Sympa, si l'on ne cherche pas la petite bête... A voir surtout pour les jeunes acteurs, épatants de dynamisme. 

THE SOCIAL NETWORK de David Fincher (2010)


Film américain de David Fincher (2010) avec Jesse Eisenberg, Andrew Garfield et Justin Timberlake.

Synopsis

Le film est un biopic de Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg), alors jeune étudiant américain de l'Université d'Harvard, devenu multimilliardaire avec la création du plus important réseau social du monde, Facebook. 

Le film commence dans un café bruyant et semi-obscur d'Harvard où Mark Zuckerberg se fait lourder par sa copine qui en a marre qu'il la néglige, préférant ses chers programmes informatiques et ses copains à elle-même.

Sur le coup de la colère, il traverse le campus et se venge en créant aussitôt, avec l'aide de son meilleur et seul ami, Eduardo (Andrew Garfield), un site destiné à noter les mérites respectifs des filles de l'Université. Pour ce faire, il pirate les bases de données des différents collèges, ce qui est évidemment répréhensible, et met en ligne les profils des étudiantes avec une appréciation plus ou moins élogieuse sur chacune.

Le site rencontre, auprès des garçons de Harvard, un succès foudroyant, faisant exploser le nombre de connexions au point que le responsable de la sécurité informatique de l'Université, réveillé en pleine nuit, doit débrancher les serveurs. Du jour au lendemain, Mark, garçon timide et peu communicatif auquel auparavant personne ne faisait attention, devient le héros du campus. Ce qu'il a fait l'entraîne cependant devant une commission de discipline qu'il écrase avec toute la morgue de sa supériorité intellectuelle (qui est réelle). 

Ce premier avertissement ne lui suffit pas et lui donne même des ailes pour passer à la vitesse supérieure, embarquant Eduardo (qui, bien que réticent, lui fournit ses premiers financements en plus de ses connaissances informatiques) et, s'appropriant sans le moindre scrupule l'idée des frères Winklevoss, deux étudiants friqués, de créer un réseau social à l'échelle de l'Université, il n'hésite pas à envisager de l'étendre à l'échelle du pays puis, pourquoi pas (Mark Zuckerberg ne s'arrête pas pour si peu) au monde. C'est ainsi qu'est né, fin 2002-début 2003 (eh oui, cela fait à peine 10 ans !), le fameux Facebook.

Devant les premiers succès de son projet, poussé par le machiavélique et totalement amoral Sean Parker, fondateur ruiné de Napster (épatant Justin Timberlake), Mark trahit tous ceux qui l'ont aidé (à commencer par Eduardo et les frères Winkelvoss). Ignorant tous les avertissements, il devient un "super geek", se lançant à corps perdu dans le développement de "son" projet, se retrouvant en quelques mois à la tête d'un réseau de plusieurs millions "d'amis" virtuels mais aussi entraîné dans des procès pour plagiat, vol de données personnelles, non-respect du copyright, etc. Malgré tout, et vu l'enjeu financier de l'affaire, les avocats entrent dans la danse et tout se règle par des compromis, faisant de lui, à 26 ans, l'un des hommes les plus riche du monde.

Mon opinion sur ce film

Ce film est une réussite. Rarement, un biopic (à part, peut-être Aviator) n'a été mené sur un tel rythme. En outre, on ne peut pas dire que le réalisateur ait épargné son "héros". Certes, on est fasciné par son intelligence, son entregent, mais on est aussi écoeuré par le manque de scrupule qu'il met à trahir ses amis. Après avoir vu ce film mi-figue mi-raisin, les détracteurs, souvent mal-informés sur ce qu'est réellement Facebook et s'imaginant des dangers qui n'existent pas, seront encore plus renforcés dans leur paranoïa. Quant à ceux qui l'utilisent, ils y mettront sans doute plus de discernement surtout en "verrouillant" leurs données personnelles, ce qui est l'essentiel.

Quoiqu'il en soit, personne ne pourra plus jamais ignorer l'importance du plus gros réseau social du monde et du tournant qu'il représente désormais dans la communication d'un bout à l'autre de la Terre (sauf peut-être encore, mais pour combien de temps, dans les dictatures qui empêchent sa réception) et les relations qui s'établissent entre individus séparés par des continents entiers.

Si Mark Zuckerberg n'est pas épargné, l'université d'Harvard, l'une des plus prestigieuses du monde, ne l'est pas non plus. Le film nous montre jusqu'à l'indigestion une jeunesse ultra-privilégiée, en permanence à la recherche de sensations fortes (fric, sexe, drogue et alcool) et dénuée de toute valeur morale. On se rend compte, en voyant ce film, combien la jeunesse américaine (mais cela est aussi valable pour le reste des pays "développés") a perdu ses repères (et pas seulement dans les banlieues pauvres). Un film qui laisse une amère impression de dérive où les vraies valeurs, de morale, d'honnêteté et d'amitié, sont sérieusement mises à mal. Les héros du film ne sont en rien sympathiques mais on ne peut s'empêcher de les plaindre car leur victoire se fait au détriment de leur humanité : en effet, si  Mark sort de cette aventure richissime, il se retrouve plus solitaire qu'il ne l'a jamais été malgré ses "500 millions d'amis" virtuels.

Jesse Eisenberg, qui joue le rôle de Mark, a l'âge du personnage qu'il incarne. Il y est excellent. Il faut dire que, si ce film l'a porté au devant de la scène, il a déjà l'expérience d'une 20e de films et de plusieurs pièces de théâtre. Quant à Andrew Garfield (son copain Eduardo, devenu, après que Mark l'ait trahi, son plus acharné ennemi), j'avais déjà remarqué son excellente prestation dans Lions et agneaux de (et avec) Robert Redford (2007) ainsi que dans le difficile Boy A. Je l'ai aussi vu, depuis, dans le terrifiant film Never let me go. On doit aussi saluer la prestation du chanteur Justin Timberlake, très crédible en parfait salaud cynique sans foi ni loi dont le seul but est de trouver un pigeon qui lui permettra de redorer son blason.

Un dernier mot sur la bande originale du film, composée par Trent Reznor et Atticus Ross qui mêle savamment le rock électrisé de The White Stripes, les Beatles, la musique classique (mélancolique Grieg) et surtout, à la fin, une superbe et étonnante reprise du titre Creap du groupe Radiohead (que j'adore) par la chorale féminine des Scala and Kolacny Brothers dans une réinterprétation d'une beauté à couper le souffle.

Ma note : 5/5

Réplique culte : 

"- I don't understand.
  - Which part ?"


lundi 11 novembre 2013

SHERLOCK HOLMES par Guy Ritchie (2009)


Sherlock Holmes est une coproduction anglo-américano-allemande de Guy Ritchie, sortie en 2009. Le film ne doit pas grand chose à l'oeuvre de sir Arthur Conan Doyle, car il s'inspire d'un comic-book, jamais publié, de Lionel Wigram qui a collaboré à quatre épisodes de la saga Harry Potter.

Synopsis

Après être enfin venu à bout du tueur et occulte « magicien » Lord Blackwood, le légendaire détective Sherlock Holmes et son assistant le Dr Watson peuvent clore un autre cas brillamment résolu. Mais quand Blackwood revient mystérieusement d'entre les morts et reprend ses sombres activités, Holmes doit repartir sur ses traces.

Mon opinion sur ce film

Il n’y a pas grand-chose à dire du scénario qui n’a rien à voir avec les aventures de Sherlock Holmes écrites par Conan Doyle. Le comic-book de Lionel Wigram, dont s’est inspiré le synopsis du film, prend pour prétexte toutes les zones d’ombre des héros de Doyle pour faire de Sherlock et de de son ami Watson des personnages entièrement nouveaux que l’on a du mal à reconnaître, même si le scénariste jure ses grands dieux qu'il n'a rien inventé.

Je connais assez bien l'œuvre d'Arthur Conan Doyle pour avoir dévoré beaucoup de ses livres (sinon tous !) lorsque j’étais adolescent : depuis, j'ai appris que Sherlock, s'il fumait la pipe, n'y mettait pas que du tabac car il consommait en effet, comme d'ailleurs beaucoup de gens de son époque, de la cocaïne ou l'opium. Conan Doyle le décrit aussi comme un sportif accompli (ce qui est assez antinomique, quoique...) et il pratiquait divers sports de combat comme la boxe, l'escrime, etc.  (le baritsu m’avait échappé, mais pourquoi pas ?)

En fait, l'apparence physique (grand, élancé, distingué...) de même que sa personnalité nous sont bien connues, en particulier par une description précise que fait du personnage Watson dans "Une étude en rouge". Pourquoi, alors, en avoir fait cet énergumène que nous présente le film ? Le Sherlock Holmes de Guy Ritchie est à l’opposé de l'univers de Conan Doyle : tout ce qui fait la saveur des romans de Doyle, ce sont les atmosphères plus, à vrai dire, que les énigmes. On prend plus plaisir à voir fonctionner le cerveau de ses héros et à écouter leurs échanges verbaux savoureux qu'à les voir résoudre les meurtres. 

Ce film n'est rien d'autre qu'une farce grandguignolesque, où les scènes d’action se succèdent au rythme d’une mitraillette déchaînée,  nous saturant de bruits et  d'effets spéciaux spectaculaires. On s'en prend à préférer des films comme la série des Benjamin Gates où - à défaut d'être crédibles - les scenarii ont au moins le mérite de tenir la route et d'être drôles, ce qui n'est pas le cas de celui-là où les invraisemblances sont tellement nombreuses qu'au bout de 10 minutes de film, j'ai cessé d'en tenir le compte. Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas contre les films d'action ou les films de divertissement, même si ce n'est pas ma priorité au cinéma, dans la mesure où ils se basent sur des scenarii valables et ne nous submergent pas de bruits et d'effets spéciaux uniquement destinés à faire oublier l'indigence de tout le reste. J'ai par exemple longtemps boudé la série des Terminator, jusqu'à ce que je découvre les Chroniques de Sarah Connor. Je n'ai pas détesté Matrix ou même la série des Rambo et je suis un grand fan de Star Wars dont j'attends une suite. Et je déteste franchement les films où il ne se passe rien. Qu'on ne me fasse donc pas un faux procès.

On se demande (mais c’est valable pour d’autres films, de plus en plus nombreux, hélas), comment des producteurs peuvent miser autant d'argent sur un Guy Ritchie qui, depuis son seul film qui l’ait fait remarquer, Arnaques, crimes et botanique en 1998, n’a réalisé que des navets et dont le seul fait d’armes est d’avoir été, pendant huit ans, l'époux de Madonna  (ce qui, en soi, est, on le concède, un exploit) ?

Mais, moi qui suis un fan de JudeLaw, je ne comprends pas ce qu’il est venu faire dans cette galère, d’autant qu’à mon avis, il est utilisé à contre-emploi. Ou je comprends trop bien. Je suppose que cet acteur, par ailleurs excellent (voir Bienvenue à Gattaca, Retour à Cold mountain ou Le talentueux Mr. Ripleypour s'en convaincre, n'en est pas non plus, il faut bien le reconnaître,  à un navet près.) Sans doute faut-il voir dans cet éclectisme un sérieux besoin d'argent... Dommage qu'un acteur de cette qualité se laisse aller à accepter n'importe quel rôle pour des raisons purement  économiques.

Quant à Robert Downey Jr, qui joue le personnage de Sherlock, on se demande bien ce qui est passé par la tête du directeur de casting de le choisir (même si je ne mets pas ses qualités d'acteur en doute) tant il est éloigné de ce qu'on imagine du personnage ! Le seul acteur intéressant est le chien. Il est à tout le moins reposant car il passe son temps à dormir alors que ses maîtres sont tellement excités et hypervitaminés qu'on se demande à quoi ils fonctionnent.


Comme si un tel navet n’avait pas suffi, Guy Ritchie a remis ça, en 2011, avec un second opus de la même veine : « Sherlock Holmes : jeu d'ombres ».  J'avoue ne pas comprendre... Inutile de vous dire qu’on ne m’y a pas pris une deuxième fois et que vous ne lirez pas ici une critique de ce deuxième film. 

Mon classement : 1/5 (sans intérêt)